Le boxeur Kevin Bizier

Un bon combat ou la fin pour Kevin Bizier

«Si je ne suis pas capable de bien performer contre un gars comme lui, je vais penser à ma fin de carrière.» Kevin Bizier (24-2, 16 K.-O.) ne se raconte pas d'histoires. Son combat contre Fredrick Lawson (24-0, 20 K.-O.), samedi soir, à Miami, aura un impact énorme sur la suite de sa vie de boxeur, a-t-il admis lundi soir au Soleil.
«Après avoir perdu deux fois contre Jo Jo Dan, Kevin se trouve dans une position où il doit gagner ce combat pour poursuivre sa carrière», avait d'abord déclaré son entraîneur Marc Ramsay au site Premier Boxing Champions, organisation promotrice de ce modeste gala présenté au casino amérindien Miccosukee, dans la pointe sud floridienne.
Bizier convient qu'un troisième revers réduirait ses espoirs. «Mais ça dépend du combat. Si je performe et perds pareil, ce ne sera pas si pire que ça», estime celui qui vise néanmoins à mettre Lawson hors de combat avant la fin et s'inspire pour ce faire d'Oscar De La Hoya.
À 31 ans, le poids mi-moyen (147 lb) de 5' 8 1/2'' de Saint-Émile sera désavantagé en âge, en grandeur et en puissance. Lawson, 26 ans, mesure 6 pieds. Né au Ghana, il est établi à Chicago depuis deux ans. Il a fait ses trois derniers combats aux États-Unis, dont le plus récent, en mars, victoire par décision partagée aux dépens de Breidis Prescott.
«C'est le seul gros boxeur que Lawson a affronté», selon Bizier. Prescott a fait sa renommée en terrassant Amir Khan en 54 secondes, en 2008. Lawson «a l'air puissant physiquement sans être le knockeur terrible. Il boxe de loin, jab beaucoup, veut rester à distance. Il n'accroche pas», tout le contraire de Dan. «Je vais entrer dans sa bulle pour lui faire mal.»
Une première sur la route
Bizier se battra à l'extérieur du Québec pour la première fois chez les professionnels. Une situation qui lui est favorable, croit-il. «J'aurai moins de stress. Je me concentrerai plus sur ma boxe sans vouloir donner le spectacle et m'emporter», comme à Québec. «Je vais boxer comme je suis capable sans essayer de trop en mettre.»
Une rencontre avec les médias montréalais l'attend mardi matin au gymnase de son promoteur, Groupe Yvon Michel. Avion jeudi, pesée vendredi, combat samedi, retour à Québec dimanche. Prévu à 21h, le duel sera diffusé sur les ondes télé du NBC Sports Network. Bizier empocherait sa plus grosse bourse en carrière.
Bizier et Lawson sont classés cinquième et sixième aspirants au titre mondial IBF détenu par Kell Brook. Le vainqueur devrait franchir l'avant-dernier échelon avant un combat de championnat du monde.
Pour la première fois en deux ans, soit le premier affrontement contre Dan, sa préparation s'est déroulée loin du club familial de Limoilou. Bizier a retrouvé Ramsay à Montréal, en plus d'un nouveau préparateur physique en Marc-André Wilson. L'entraîneur de Québec Samuel Décarie-Drolet reste dans le coup et sera dans le coin samedi.
«Marc est vraiment structuré dans ses entraînements. Je voulais sa structure et son expérience dans le coin. C'est le genre de gars qui va me réveiller pendant un combat qui va moins bien. Il sait comment monter un gars à 100% pour le combat», résume Bizier à propos de celui qui dirige aussi les David Lemieux, Jean Pascal et Artur Beterbiev, entre autres.