L’arrivée d’une nouvelle escouade de quarts-arrière en Johnny Manziel (photo) et en Antonio Pipkin, la mise en place d’une attaque plus diversifiée et une cohésion renouvelée donnent bon espoir aux joueurs des Alouettes pour l’avenir.

Un bel avenir pour les Alouettes

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas chez les Alouettes de Montréal, dont plusieurs joueurs abordaient avec optimisme la suite des choses après une fin de saison encourageante, tout un contraste avec les bilans des dernières années.

L’arrivée d’un groupe de jeunes quarts prometteurs, avec à leur tête Johnny Manziel et Antonio Pipkin, la mise en place d’une attaque plus diversifiée, ainsi que la cohésion dont a fait preuve l’unité défensive laisse croire à plusieurs que l’équipe est promise à de meilleurs jours.

C’est d’ailleurs le message qu’a livré la haute direction du club aux joueurs avant de les voir quitter le Stade olympique une dernière fois, dimanche.

«Ils nous ont dit qu’on devait être fiers du progrès qui a été fait dans la deuxième moitié de la saison, a indiqué le centre Kristian Matte. On aurait souhaité beaucoup mieux pour la fin de campagne, mais on est à trouver une base sur laquelle bâtir. On a de bons morceaux, mais il en manque encore.»

«Nous ne terminons pas cette saison où nous voulions être, mais nous avons terminé notre dernier match de la bonne façon, a pour sa part expliqué le demi à l’attaque William Stanback. C’est ce que nous souhaitions. C’est ce qu’on veut transporter la saison prochaine : nous battre les uns pour les autres, avoir une plus grande chimie.»

Chimie qui d’ailleurs est souvent revenue dans les commentaires des joueurs.

«On a fait face à beaucoup d’adversité, mais je pense qu’on a fait preuve de détermination, a souligné le secondeur Henoc Muamba, joueur par excellence des Alouettes en 2018. On doit être fiers de ce qu’on a pu accomplir comme équipe. Il y a de bons joueurs dans ce vestiaire et je crois qu’on s’en va dans la bonne direction.»

C’est aussi en raison de ce que l’équipe a pu accomplir en deuxième moitié de saison que plusieurs croient qu’elle est de retour sur la bonne voie.

«Les résultats démontrent que plus nous jouions ensemble, meilleurs nous étions, a dit Stanback. C’est ce que ça prend : d’être sur la même longueur d’onde, comprendre les tendances de tout le monde, etc. C’est en étant ensemble que ça se bâtit, sur le terrain, comme à l’extérieur. Le plus important est d’apprendre à nous connaître. Qu’on sente que les gars à notre gauche et à notre droite sont nos frères.»

«Ça prend du temps. On ne pouvait pas nous demander qu’on gagne un championnat sans établir ce qu’on a établi cette année, a ajouté Muamba. Avant de devenir champions, il faut jeter les bases comme on l’a fait cette année. Je parle de la chimie, de l’attitude qu’on a eue pendant la saison. On a appris beaucoup à propos de nous dans cette saison. C’est nécessaire et important avant de gagner.»

Des quarts encourageants

Rien n’est possible dans la Ligue canadienne de football sans un quart partant de qualité. Pour la première fois depuis le départ d’Anthony Calvillo à l’issue de la saison 2013, les Alouettes semblent enfin avoir trouvé de jeunes quarts prometteurs afin de le remplacer.

«C’est le meilleur groupe de quarts depuis le départ d’Anthony, absolument, a affirmé Matte. Nos quarts ont tous des talents différents.

«Jeff Mathews, il peut rester dans la pochette et décocher des bombes. Pipkin c’est un gars qui peut bouger, mais qui a aussi un bras très puissant. Johnny, c’est un gars qui fait de la magie! Il esquive les plaqués, trouve des receveurs. (Matthew) Shiltz, on ne l’a pas vu beaucoup, car il s’est blessé, mais il est jeune et il a un beau potentiel.

«Ce sont des choses qui vont se bâtir avec un camp d’entraînement, jouer ensemble pendant une année complète. (Manziel) a joué huit matchs, mais ce n’est pas un camp d’entraînement, où tous les jours, tu prends 300 répétitions. On a un groupe très intéressant, car on peut aller dans différentes directions. J’ai hâte de voir comment ils vont procéder pour l’an prochain.»

Manziel et Pipkin ont déjà hâte de refouler le terrain. Les deux hommes estiment d’ailleurs qu’ils seront encore meilleurs à leur deuxième campagne.

«Je suis déjà excité en vue de l’an prochain, a déclaré Manziel, qui dit avoir découvert en Montréal une magnifique ville, où sa conjointe et lui adorent résider. Je me suis ennuyé de cette camaraderie pendant quelques années, d’être dans un vestiaire et de pouvoir fouler le terrain.

«Je ne savais pas trop à quoi m’attendre quand je suis arrivé ici, mais le talent et la qualité des joueurs dans la Ligue a excédé ce à quoi je m’attendais, tout comme la qualité des gars dans ce vestiaire. Ça a été une bonne expérience d’apprentissage, même si ça ne s’est pas passé exactement comme je l’aurais voulu au niveau des victoires et du rendement.»

Quand on lui a demandé s’il allait être meilleur en 2019, sa réponse a été sans équivoque.

«Je serai bien meilleur!»

Quant à Pipkin, il se dit d’attaque pour livrer bataille à Manziel pour le poste de quart partant.

«Je serai heureux d’avoir l’occasion de me battre pour ce poste et tenter de poursuivre ce que nous avons amorcé cette saison. Je serai prêt», a dit celui qui est heureux de compter sur la confiance de l’organisation.

«C’est toujours bon d’avoir la confiance de l’équipe. Quand vous jouez, c’est bon de savoir que les gars autour de vous ne sont pas inquiets de votre performance.»

Reste maintenant à voir ce que la haute direction a pensé de cette dernière campagne. Nous devrons toutefois patienter pour la sonder, puisqu’elle ne se livrera à l’exercice de fin de saison que jeudi.

+

INCERTITUDE POUR BRODEUR-JOURDAIN, BOWMAN ET COX

Le dernier match de la saison des Alouettes de Montréal, une victoire de 30-38 aux dépens des Tiger-Cats de Hamilton, samedi, pourrait bien avoir été le dernier de plusieurs vétérans au sein du club, notamment Luc Brodeur-Jourdain, John Bowman et Chip Cox.

Le dernier match de la saison des Alouettes de Montréal, une victoire de 30-38 aux dépens des Tiger-Cats de Hamilton, samedi, pourrait bien avoir été le dernier de plusieurs vétérans au sein du club, notamment Luc Brodeur-Jourdain, John Bowman et Chip Cox.

Si Cox a répété qu’il comptait jouer en 2019 — à Montréal ou ailleurs —, les deux autres n’avaient pas encore statué sur leur avenir.

«Je ne sais pas si c’était mon dernier match avec les Alouettes comme joueur. Je vais entamer la saison morte comme je l’ai fait pratiquement pendant les 20 dernières années de ma vie : en me préparant pour la prochaine saison. Si on a besoin de moi, je vais être là. Si on n’a pas besoin de moi, je ne serai pas là», a résumé Brodeur-Jourdain, qui a été utilisé sporadiquement par l’entraîneur-chef Mike Sherman, cette saison.

Quant à Bowman, la lueur de ses propos laisse croire qu’il est peut-être davantage prêt à tourner le page que Brodeur-Jourdain.