Jean St-Gelais, président du conseil et chef de la direction de La Capitale, a remis jeudi les bourses de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec à 21 récipiendaires, dont la patineuse de vitesse Kim Boutin et le plongeur Nathan Zsombor-Murray.

Un après-Olympiques difficile pour Kim Boutin

D’un point de vue financier, les trois médailles olympiques de Kim Boutin ne sont pas la panacée qu’on peut imaginer. Les commanditaires ne se bousculent pas pour l’aider financièrement, même si elle a beaucoup fait parler d’elle en Corée.

«On continue à chercher des commanditaires. Les gens ne viennent pas me voir pour me dire : “OK, on veut te commanditer”», a affirmé la patineuse de vitesse sur courte piste, jeudi, en marge de la remise annuelle des bourses de La Capitale et de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec (FAEQ), dont elle est l’une des 21 récipiendaires.

Lire aussi: Mikaël Kingsbury et Kim Boutin nommés athlètes par excellence

Comment positionner la « marque Kim Boutin »

Boutin, comprend-on, doit aussi faire des efforts un peu contre nature dans sa quête de soutien. Des tâches qui jurent avec son naturel réservé. «Vivre des événements, rencontrer des gens, c’est quand même exigeant. C’est de trouver les bons mots pour s’exprimer. De trouver ses repères, de foncer dans tout ça», explique-t-elle. «Financièrement, j’ai encore besoin de la Fondation!»

Chaque cas de médaillé est unique, remarque la directrice des communications de la FAEQ, Annie Pelletier, elle-même gagnante du bronze en plongeon aux Jeux olympiques de 1996. «Pour une fille comme Kim, le défi sera d’essayer de rentabiliser un peu ses médailles, tout en continuant de s’entraîner et d’étudier pour bien préparer son après-carrière sportive», explique celle dont la vie a été transformée par cette troisième place à Atlanta.

«Kim a une superbe personnalité. Elle est d’une grande humilité. Je pense que les entreprises peuvent avoir confiance en elle pour qu’elle soit leur porte-parole comme moi je l’ai été.»

Boutin se remet tranquillement de la «claque au visage» reçue à son retour de PyeongChang. Cet équilibre si important pour elle a été chamboulé par ses succès.

Un «petit creux»

«Ce n’est pas évident», a répété la patineuse de vitesse sur courte piste. «Je suis encore en train d’essayer de comprendre comment je suis, parce que je ne suis pas super stable. Ça reste que je suis fragile. J’essaie de savoir ce qui est bon pour moi», a candidement affirmé Boutin, parlant elle-même d’un «petit creux».

Le blues post-olympique n’est donc pas réservé aux athlètes déçus de leurs performances. Boutin, au contraire, a surpris tout le monde en décrochant trois médailles individuelles — deux de bronze, une d’argent — aux JO de PyeongChang. Tout cela malgré des menaces de mort reçues après sa première réussite, certains Sud-Coréens lui reprochant la disqualification de l’une des leurs. Une performance étincelante qui lui a valu d’être la porte-drapeau canadienne à la cérémonie de clôture.

Mais le retour s’est transformé en tourbillon, entre autres avec les nombreuses demandes d’entrevues. Puis vient le jour où le train-train quotidien reprend le dessus, sans se transformer en paisible voyage.

«On vit pendant un mois une adrénaline à n’en plus finir. C’est pour ça qu’on s’est entraînée pendant pratiquement toute notre vie. C’est beaucoup. Et là on retombe, on recommence à s’entraîner, la vie normale... On a un gros crash d’émotions et de motivation. Mais ça remonte», assure la Sherbrookoise.

Elle dit rencontrer quotidiennement «des gens pour m’aider». Jeudi, devant les jeunes athlètes récipiendaires des bourses, elle a d’ailleurs insisté sur l’importance de profiter des ressources disponibles.

«Ç’a été vraiment la clé pour moi : m’entourer et ne pas être gênée de demander de l’aide. C’est dur d’être un être humain. Tous les gens ont des problèmes, tous les gens sont confrontés à des situations difficiles. Si on s’entraide, on devient plus fort», souligne la sympathique athlète de 23 ans, qui avait pris une longue pause de son sport en 2015 pour se redéfinir comme athlète et comme personne.