Hayden Bluth lors de sa manifestation de jeudi dernier, a l’extérieur du stade des Nationals, à Washington  
Hayden Bluth lors de sa manifestation de jeudi dernier, a l’extérieur du stade des Nationals, à Washington  

Un Américain se donne pour mission d’assister à un match de baseball majeur

WASHINGTON - Hayden Bluth n’est que l’un des 41 313 - au moins - partisans de la région de Washington qui n’ont pas été admis au Nationals Park, lundi. Mais il est le seul à s’y être présenté.

Bluth, un partisan des Mets de New York de la banlieue d’Arlington, en Virginie, est au coeur de cette manifestation d’une personne à l’extérieur du domicile des champions de la Série mondiale, qui affrontaient de nouveau les Blue Jays de Toronto, mardi soir, après leur revers de 4-1 subi la veille. Les Torontois ont de nouveau eu le dessus, 5-1. 

Lors de chacun des quatre derniers matchs, Bluth s’est livré à une longue veillée en solitaire, criant «Vendez-moi des billets», en plus de porter une pancarte avec la même phrase écrite à la main. Pendant ce temps, les matchs sont joués dans ce stade en plein air devant plus de 41 000 sièges abandonnés. Les sons du match, y compris les sons de foules préenregistrés, sont audibles de la rue.

«Nous sommes à l’extérieur présentement et je veux bien mettre mon masque», a déclaré Bluth, son couvre-visage dans ses poches, compte tenu de l’absence de gens autour par temps torride de 35 degrés Celsius.

«Je suis prêt à mettre mon masque et m’asseoir au deuxième ou troisième balcon, à distance sécuritaire des autres partisans. Je ne vois pas pourquoi c’est moins sécuritaire de se rendre au stade qu’au restaurant de l’autre côté de la rue.»

En octobre dernier, les Nationals étaient au centre de l’univers baseball, remportant la Série mondiale en sept matchs. Neuf mois plus tard, les tableaux demandent toujours aux gens de «faire du bruit», même s’il n’y a personne dans l’enceinte et que les fausses balles et circuits ricochent bruyamment sur les sièges inoccupés.

Bluth écoute les matchs sur son téléphone, mais la diffusion est différée d’au moins 30 secondes, si bien qu’il voit parfois une partie de l’action sur l’écran géant, partiellement visible de la rue, bien avant d’entendre le jeu dans ses écouteurs-boutons.

Si l’homme est au courant des statistiques et du nombre de décès aux États-Unis, il souhaite seulement exprimer son point de vue.

«Je ne veux pas avoir l’air insensible de quelque façon que ce soit, mais le monde continuera de tourner et nous devons vivre de façon sécuritaire», a-t-il souligné, en donnant pour exemple le cas d’Eric Sugarman, le responsable du contrôle des infections chez les Vikings du Minnesota.

Sugarman a confirmé lundi que plusieurs membres de sa famille et lui-même ont contracté la COVID-19. Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a depuis annulé tout le calendrier préparatoire de la ligue.

«Tandis que je respecte ici la quarantaine, il est clair que le virus ne fait aucune discrimination, a déclaré Sugarman par communiqué. On doit continuer de le prendre au sérieux. J’encourage les gens à prendre les précautions nécessaires et de respecter les règles mises de l’avant par les autorités locales et nationales.»

Pour Bluth, il s’agit d’un signe clair que nous devons cessez d’éviter la menace.

«Si ceux qui tentent de nous protéger ne peuvent se protéger eux-mêmes, il est temps d’admettre que le virus n’est qu’un virus et que nous devons en tenir compte, mais vivre notre vie de la meilleure façon possible.»

Lundi, l’ouverture locale des Marlins de Miami a été reportée en raison d’une éclosion de cas au sein de l’équipe. Le match entre les Yankees de New York et les Phillies de Philadelphie a aussi été reporté: les Yankees devaient utiliser le vestiaire que venaient de quitter les Marlins au Citizens Bank Park.

Pour le gérant des Blue Jays de Toronto, Charlie Montoyo, plusieurs défis demeurent à être relevés. Particulièrement le mois prochain, alors que les Jays doivent accueillir les Marlins au Sahlen Field de Buffalo. Les Torontois ont aussi deux autres séries à jouer contre les Rays de Tampa Bay, une en Floride, l’autre à Buffalo, en plus de devoir rendre visite aux Marlins en septembre.

Selon lui, ce qui est arrivé aux Marlins «pourrait arriver à n’importe quelle équipe».

«Du moment où nous avons quitté le Canada, il y avait des inquiétudes. On doit suivre les protocoles, a dit Montoyo. Ce ne sera pas facile.»