La baisse de régime à l’attaque du Canadien coïncide avec l’absence de Jonathan Drouin (photo) et de Paul Byron, qui rateront respectivement huit et quatre semaines après être passés sous le bistouri.

Un air de déjà vu pour le CH

BROSSARD — Les années se suivent et se ressemblent pour le Canadien.

À pareille date l’an dernier, la formation montréalaise avait 26 points au compteur après 22 matchs, comparativement à 27 cette saison après le même nombre de rencontres. Le Tricolore traversait aussi sa première séquence difficile de la campagne.

Le Canadien avait connu une séquence de cinq défaites entre les 19 et 27 novembre (0-3-2). Cette fois, la troupe de Claude Julien a perdu trois matchs d’affilée depuis le 16 novembre (0-1-2).

La différence, c’est que l’an dernier Carey Price connaissait un début de saison difficile. Il avait retrouvé ses repères en décembre, aidant le Canadien à rester dans la course jusqu’à l’avant-dernière rencontre de la campagne.

Cette fois, le travail du gardien le mieux payé au monde n’inquiète pas vraiment. La production offensive a été ciblée par Julien comme point à améliorer dans les prochains jours. De plus, l’unité d’infériorité numérique occupait le 29e rang du circuit avec une efficacité de 72,5 % avant les matchs de jeudi.

Le Tricolore se retrouvait même au 31e et dernier rang de la LNH en infériorité numérique avant d’écouler avec succès trois punitions dans un revers en prolongation de 2-1 face aux Sénateurs d’Ottawa, mercredi.

«C’est parfois un travail un peu désagréable, mais c’est un élément important dans les succès d’une équipe, a insisté le défenseur Ben Chiarot. Vous ne pouvez pas être au 31e rang du circuit en désavantage numérique et espérer être une bonne équipe.

«Il faut jouer avec l’énergie du désespoir, que ce soit en bloquant un tir ou en encaissant un coup pour dégager le disque jusqu’à l’autre bout de la patinoire», a-t-il ajouté. 

Il est aussi important de bien appuyer Price. «Il faut lui permettre de voir la rondelle. S’il la voit, il va l’arrêter, a dit Chiarot. Il faut également limiter les occasions autour du filet. Un gardien ne peut pas tout faire seul, y compris Carey.»

Les situations que le Canadien essaie de prévenir en territoire défensif sont celles qu’il cherche à reproduire pour obtenir du succès en zone offensive.

Lors des deux derniers matchs, le Tricolore a généré plusieurs occasions de marquer, mais a été limité à trois buts. «Il faut foncer un peu plus au filet et compliquer le travail du gardien adverse, a noté l’attaquant Nick Cousins. Si nous faisons ça, les buts vont venir.»

Cette petite baisse de régime à l’attaque coïncide avec l’absence de Jonathan Drouin et de Paul Byron, qui rateront respectivement huit et quatre semaines après être passés sous le bistouri. Si Byron ne connaissait pas un début de campagne particulièrement éclatant, Drouin parvenait à dicter le jeu quand il était sur la patinoire. L’attaquant québécois avait récolté 15 points en 19 parties.

En l’absence de Drouin, Nick Suzuki a été promu au sein du top-6 offensif. Il se retrouve au centre de Max Domi et de Joel Armia, et ils ont obtenu leur part de chances de marquer face aux Sénateurs.

«Ça prend toujours quelques matchs et quelques entraînements pour apprendre les tendances d’un nouveau compagnon de trio, a admis Armia, qui jouait avec Domi depuis un certain temps déjà. J’ai hâte de voir ce que ça va donner lors du prochain match.

«[Suzuki] est très agile et très bon en échec-avant. J’ai du plaisir à jouer avec lui», a ajouté le Finlandais âgé de 26 ans, qui a mis fin à une disette de neuf matchs sans but en touchant la cible face aux Blue Jackets de Columbus, mardi.

Hudon de retour

Les joueurs du Canadien profitaient d’un congé d’entraînement sur glace jeudi. Seuls les réservistes Mike Reilly, Christian Folin et Keith Kinkaid ont foulé la patinoire du Complexe sportif Bell.

Le match de mercredi face aux Sénateurs était le premier d’une séquence de cinq d’affilée à domicile pour le Tricolore. Les Rangers de New York seront les prochains visiteurs, samedi.

«Nous voulons nous racheter dès samedi. Les points sont aussi importants à ce temps-ci de la saison qu’à la fin», a conclu le défenseur Victor Mete.

Par ailleurs, en fin de journée, le Canadien a annoncé le rappel de l’attaquant Charles Hudon, qu’il avait cédé au Rocket de Laval après le match de mercredi.

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CHIAROT ET METE SE PLAISENT DANS LEUR JEU DE CHAISE MUSICALE

BROSSARD — Ben Chiarot est le premier à admettre qu’il a eu besoin d’une période d’adaptation à son arrivée chez le Canadien de Montréal cet automne, mais la qualité de son jeu depuis quelques semaines permet à l’entraîneur-chef Claude Julien de compter sur différentes combinaisons en défensive.

Après avoir été surtout employé avec Jeff Petry pendant le premier mois de la campagne, Chiarot a fait la paire avec Shea Weber lors de cinq des huit dernières rencontres. Le duo Chiarot-Weber a surtout des missions défensives en affrontant les meilleurs éléments d’équipes comptant sur un trio particulièrement menaçant.

Chiarot a aussi peut-être profité du fait de jouer avec Weber pour appuyer un peu plus l’offensive. Il a récolté un but et trois aides lors de ses cinq rencontres aux côtés de Weber, et il totalise maintenant trois buts et cinq aides en 22 matchs cette saison.

«Je ne pense pas que mon style change énormément selon l’identité de mon partenaire, a mentionné Chiarot, qui a signé un contrat de trois saisons d’une valeur totale de 10,5 millions $US avec le Canadien pendant l’été. Le fait de changer de partenaire ne me dérange pas vraiment parce que nous l’avons fait suffisamment souvent pour que je sois à l’aise avec les deux.

«Shea et moi, nous préférons habituellement tenter le jeu simple, tandis que Jeff aime patiner avec la rondelle et tenter de longues passes. Je dois peut-être m’assurer un peu plus d’être en bonne position défensive quand je joue avec Jeff, parce que nous ne voulons pas l’empêcher de faire de bons jeux.»

De son côté, Victor Mete ne se plaint pas de se retrouver de temps en temps aux côtés de Petry.

«Nous sommes tous les deux très actifs en zone offensive, a dit Mete, qui a connu une soirée de deux buts aux côtés de Petry le 5 novembre face aux Bruins de Boston. Nous aimons appuyer l’attaque, provoquer des occasions.»

Pendant ce temps, Brett Kulak est le partenaire de Cale Fleury sur la troisième paire depuis six matchs. Fleury, qui a disputé les 14 dernières rencontres du Tricolore, a fait parler de lui mercredi soir face aux Sénateurs d’Ottawa, y allant d’une retentissante mise en échec à l’endroit de l’attaquant Vladislav Namestnikov en première période. Namestnikov n’est pas revenu dans le match, blessé au bas du corps.

Fleury au premier rang

Avant les rencontres de jeudi, Fleury occupait le premier rang de la LNH parmi les recrues avec 51 mises en échec. Ce total lui valait aussi le 34e rang à ce chapitre parmi tous les joueurs du circuit Bettman.

«Je pense qu’il prend les joueurs adverses par surprise parce qu’il a encore l’air tout jeune, a noté Chiarot. Mais quand il décide de cogner, les adversaires revolent assez loin.

«Il est déjà très fort et il n’est âgé que de 21 ans. Avec l’âge, il sera encore plus fort et il sera encore plus dangereux sur la glace.»

Même si le Canadien se retrouvait au 21e rang de la LNH en vertu de ses 68 buts accordés cette saison, le Tricolore occupait le 11e rang après avoir concédé seulement 40 buts à cinq contre cinq.

Outre son inefficacité en infériorité numérique, la brigade défensive du Canadien se tire donc plutôt bien d’affaire. Et Julien tente d’en tirer le maximum en déployant ses défenseurs de différentes manières.

«Plus vous avez d’options, mieux c’est pour les entraîneurs. Nous pouvons présenter différents visages contre différentes équipes. Ça fonctionne jusqu’ici et c’est correct comme ça», a résumé Chiarot. La Presse canadienne