Après une excellente saison 2015 qui l'avait vu capter 32 passes pour 626 verges, Tyrone Pierre a dû se contenter de 21 attrapés et 267 verges, l'automne dernier.

Tyrone Pierre: la victoire avant les chiffres

Tyrone Pierre a beau être un bel espoir en vue du prochain repêchage de la Ligue canadienne de football, ne lui parlez pas d'impressionner les dépisteurs avec ses statistiques cette saison.
Si le receveur de passes du Rouge et Or a appris une chose de la saison dernière, c'est qu'aucune performance individuelle n'égale l'ivresse d'un championnat. «Je ne me mets pas de pression du tout. Je suis concentré sur l'équipe, aider les jeunes joueurs et gagner un autre championnat. C'est le but ultime et le reste va venir après», lance d'emblée le joueur de 22 ans lorsqu'on lui mentionne qu'il pourrait se faire repêcher chez les professionnels à la fin de l'année. 
Après une excellente saison 2015 qui l'avait vu gober 32 ballons pour 626 verges, dont onze attrapés et 311 verges en un seul match record, l'explosif athlète d'Ottawa a dû se contenter de 21 attrapés et 267 verges, l'automne dernier. Lui qui est reconnu comme un frappeur de circuit, capable de détaler sur une longue distance dès qu'on lui donne un peu d'espace, il a rarement réussi à s'échapper.
Qu'à cela ne tienne, Pierre voit quand même sa dernière saison comme un grand succès. Après tout, elle s'est terminée avec la bague de la Coupe Vanier qu'il convoitait depuis le jour où il a choisi de joindre les rangs du Rouge et Or. «On se sent beaucoup mieux une fois que l'on a gagné», laisse tomber l'athlète de 6'3" et de 207 livres. 
Au milieu de son quatrième camp d'entraînement à l'Université Laval, l'Ontarien assure ne pas se tracasser avec ses statistiques en montagnes russes. Dans une attaque diversifiée comme celle du R et O, un receveur ne peut s'attendre à ce que le ballon vienne toujours vers lui, pointe Pierre.
«Ça ne dépend pas toujours de moi. Ici, à Laval, ce n'est pas à propos des statistiques. On se concentre plus sur bien exécuter et, au final, gagner. Les statistiques viendront, mais je ne m'en fais pas avec ça.» Gagner, le verbe revient à toutes les questions lui étant posées. 
Faubert-Lussier comme modèle
En dehors du terrain, par contre, Pierre sait qu'il doit désormais assumer un plus large rôle. Il dit s'inspirer de son ancien coéquipier Félix Faubert-Lussier, maintenant avec les Tiger-Cats d'Hamilton.
«J'ai appris beaucoup de Félix quand je suis arrivé à Laval. Il m'a tellement enseigné et j'essaye de transmettre cela aux jeunes joueurs pour les aider à se développer. Mon rôle, c'est d'être un bon leader.»
Côté talent, Pierre croit que l'offensive du R et O a tout ce qu'il faut pour dominer. Forts des succès obtenus à leur première saison, les jeunes Marc-Antoine Pivin et Jonathan Breton-Robert sont destinés à de belles choses. Des vétérans comme Alexandre Savard, Étienne Moisan et Marc-Olivier Dubois, tous doté d'imposants gabarits, auront une chance de devenir partie intégrante de l'offensive. À cela s'ajoutent une bonne cohorte de recrues et les rapides Antony Dufour et Benoît Gagnon-Brousseau. 
«J'ai rarement fait partie d'une offensive aussi talentueuse», remarque Pierre. «Beaucoup de jeunes joueurs habiles, un quart-arrière qui a l'air incroyable, présentement, et une solide ligne offensive. Avoir gagné l'an dernier va nous aider cette saison. Je suis excité de voir ce qui s'en vient.»
Épaulettes et sarrau pour Chênevert
Émile Chênevert
Ces jours-ci, Émile Chênevert a la tête uniquement au football et la compétition pour un poste de demi de coin partant dans la défensive du Rouge et Or. Un luxe pour celui qui commencera d'ici quelques semaines sa deuxième année en médecine à l'Université Laval.
Son cas est unique chez le Rouge et Or cette saison, mais pas dans l'histoire du programme. Difficile de ne pas se rappeler Samuel Grégoire-Champagne, qui avait réussi, au milieu des années 2000 à exceller sur le terrain du PEPS comme dans les salles de classe du pavillon Vandry. D'autres, par contre, choisissent de délaisser le football à leur entrée en médecine, ne croyant pas compatibles les longues heures passées sur le terrain de football et sur les bancs d'école durant l'automne.
«La première session en médecine est assez chargée, alors je pense que mon premier automne avec l'équipe était un bon test. J'ai travaillé fort et ça a bien été», a expliqué Chênevert, mercredi, à propos de la conciliation football-études, précisant qu'il y va «une année à la fois».
À l'entendre parler, son train de vie n'est pas très compliqué durant la saison. «Je suis pas mal temps plein dans tout ce que je fais. Soit j'étudie, soit je joue au foot. Je n'ai pas trop le temps de niaiser.»
Impliqué depuis le début du camp d'entraînement dans une lutte à trois avec Carl Achy et Zack Fitzgerald pour succéder à Alex Hovington, le demi de coin de 6' et de 189 livres se réjouit de revenir à sa position naturelle. «L'année passée, je m'alignais demi défensif, mais au collégial, j'ai toujours été demi de coin. Je pense que je suis plus à l'aise là», estime le produit des Élans de Garneau et du Blizzard du Séminaire Saint-François.