Pour réhabiliter Jack Johsnon, le président Donald Trump était entouré de Linda Haywood, l’arrière-petite-nièce du boxeur déchu, de l’actuel champion des lourds WBC Deontay Wilder, de l’acteur Sylvester Stallone, qui a incarné le célèbre boxeur «Rocky», et de l’ancien champion Lennox Lewis.

Trump réhabilite l'ancien champion poids lourd Jack Johnson

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a réhabilité jeudi à titre posthume le boxeur Jack Johnson, premier Noir sacré champion du monde des lourds en 1908 avant d’être condamné à la prison pour des motifs racistes.

John Arthur «Jack» Johnson, surnommé «le géant de Galveston», ville du Texas où il est né le 31 mars 1878, était «un véritable grand combattant», a déclaré Trump lors d’une cérémonie dans le bureau ovale. Sa réhabilitation «était très importante pour Sylvester Stallone, un ami de longue date», a ajouté le président.

Jack Johnson est un des plus grands boxeurs américains avec un palmarès de 78 victoires, dont 45 par K.-O., pour 8 défaites et 12 nuls. Mais il est entré dans l’histoire en devenant le premier Noir à décrocher la ceinture de champion du monde dans la catégorie reine après sa victoire au 14e round contre le Canadien Tommy Burns, le 26 décembre 1908 à Sydney, en Australie.

Il a défendu neuf fois son titre, dont un combat notable remporté en 1910 contre James J. Jeffries, un ancien champion blanc sorti de sa retraite. Il a toutefois été victime du racisme dans un pays marqué par les lois sur la ségrégation.

En 1913, Johnson, qui entretient des relations avec une Blanche, est condamné, en vertu d’une loi contre le trafic d’êtres humains et la prostitution (Mann Act), victime de «ce que beaucoup ont considéré être une injustice motivée par le racisme» alors que le pays vivait «une période d’énormes tensions raciales», a noté Trump.

Johnson part en Europe et en Amérique latine pour échapper à la sentence et continue à défendre un titre qu’il perd au 26e round contre Jess Willard, en 1915 à La Havane. Il décide de se rendre aux autorités américaines en 1920 et passe un an derrière les barreaux. Il est mort en 1946, à l’âge de 68 ans, dans un accident de voiture.

Obama avait refusé

En 2009, le sénateur John McCain et le représentant Peter King, deux républicains, avaient présenté un projet de loi devant le Congrès, en espérant que Barack Obama fasse de cette réhabilitation «un moment historique». Mais le premier président noir des États-Unis avait laissé passer l’occasion.

«Cela a déçu beaucoup de monde», a lancé Trump, qui a été plusieurs fois accusé de racisme pour des remarques controversées sur les immigrés ou sa réticence à condamner des actes xénophobes.

Sur Twitter, McCain a salué la décision du président qui «redresse enfin un tort historique, restaure la réputation d’un grand athlète et clôt un chapitre honteux de notre histoire».

Aux yeux du réalisateur Ken Burns, auteur d’un documentaire sur le boxeur en 2005, la réhabilitation de Jack Johnson «nous rappelle un passé raciste et que même aujourd’hui on utilise des commentaires racistes et un langage codé pour mettre en danger les Afro-américains et faire avancer un programme anti-américain».