Jakub Vrana, un des jeunes joueurs à s’être développé sous la férule de Troy Mann dans le club-école de Hershey, a inscrit le premier but de la victoire décisive des Capitals, jeudi soir.

Troy Mann congédié... puis remercié

WASHINGTON — Le lendemain de l’élimination des Penguins de Pittsburgh par les Capitals de Washington, Troy Mann a reçu un message texte de la part de Barry Trotz.

«Merci, ‘‘Manner’’, d’avoir bien préparé ces recrues», disait le message. «Ils ont bien joué et notre victoire d’hier est un peu la tienne.»

Mann est effectivement fier que plus d’une demi-douzaine de joueurs qu’il a dirigés chez les Bears de Hershey de la Ligue américaine jouent un rôle dans les succès des Capitals ce printemps.

Celui-ci a supervisé le développement de Jakub Vrana, de Chandler Stephenson et de Christian Djoos comme entraîneur-chef, tandis qu’il était adjoint lorsque les Braden Holtby, John Carlson, Dmitry Orlov, Andre Burakovsky, Jay Beagle et Tom Wilson sont passés par Hershey pour parfaire leur jeu. Ajoutons que deux joueurs des Golden Knights de Vegas, Nate Schmidt et Cody Eakin, ont également joué pour Mann en Pennsylvanie. 

Malheureusement pour l’homme de hockey de 48 ans, il a été «récompensé» pour ces succès il y a un mois... en étant relevé de ses fonctions. 

«J’ai appelé Troy Mann pour le remercier de nous avoir fourni plusieurs bons joueurs», dit Trotz. «Certains de ces gars n’avaient jamais joué dans les séries de la LNH, mais leur expérience éliminatoire acquise à Hershey les a bien préparés.»

L’an dernier, Mann a d’ailleurs dû se montrer dur avec Vrana, le retranchant avant un match des séries, car l’ailier de 22 ans ne faisait pas ce qui lui était demandé. L’apport de Mann a également aidé Stephenson à jouer avec plus de constance. 

«Lorsque j’étais à Hershey, je parlais beaucoup avec ces jeunes joueurs, pour bien leur expliquer ce qu’ils devraient faire pour connaître du succès dans la LNH», raconte Mann. 

Victime des attentes

Trotz n’est d’ailleurs pas le seul à reconnaître l’apport positif qu’a eu l’ancien patron des Bears; ses anciens joueurs n’hésitent pas à lui donner du crédit. 

«Il nous donnait notre chance», déclare Stephenson, qui avait récolté 7 points en 22 rencontres avant le match de lundi. «C’est la mentalité à Hershey, une organisation qui, tout en visant la victoire, donne toujours un rôle important aux jeunes. Il voulait qu’on soit prêts pour jouer au niveau le plus élevé. Non seulement je le respectais, mais je l’aimais vraiment comme personne. Il m’a bien aidé.»

Toutefois, les attentes toujours hautes à Hershey n’ont pu permettre à Mann de conserver son poste, lui qui a raté les séries ce printemps. 

Une décision que l’homme de hockey a bien du mal à accepter, lui qui a passé huit des neuf dernières saisons dans le système des Capitals, et qui avait même acheté une maison dans la capitale mondiale du chocolat. 

«Je crois avoir fait le boulot, personne ne peut prétendre le contraire», lance Mann. «Mais je suis reconnaissant envers les Capitals pour m’avoir donné une chance. J’espère maintenant que d’autres organisations de la LNH auront reconnu mon travail et voudront m’engager.»

Si on se fie au fait que Mann a rencontré les Sénateurs, l’Avalanche et les Coyotes, qui recherchent un entraîneur-chef pour leur club-école de la LAH, il semblerait que ce soit le cas.