Quand T.J. Watt (à gauche) mettra le pied sur le terrain dimanche, il deviendra le premier secondeur extérieur recrue à commencer un match d'ouverture pour les Steelers depuis 1988.

Trois frères Watt, un seul T.J.

T.J. Watt apprend rapidement. Lui qui a grandi avec deux frères plus vieux, il n'avait pas vraiment le choix : s'adapter rapidement ou être laissé derrière.
Dès l'enfance, le secondeur des Steelers de Pittsburgh a développé des habitudes qui ont pesé lourd sur son parcours. Sa mère Connie a tout d'abord inculqué le sens de l'organisation à ses fils. Puis il a hérité de la manie de son frère Derek, qui remplissait d'informations des cahiers de notes lorsqu'ils évoluaient ensemble à l'Université du Wisconsin.
Cette habitude a aidé T.J. dans sa transition entre ailier rapproché de réserve dans les rangs universitaires et secondeur partant dans la NFL en l'espace de trois ans. «Derek disait : "J'écris tout". Les entraîneurs s'exclamaient toujours : "Ton frère prend tellement de notes! "Alors, je prends des notes tous les jours.»
Avant de commencer sa première saison avec les Steelers, Watt a fait une liste de buts à accomplir. Certains d'entre eux étaient simples, mais un ne l'était pas : être sur le terrain lorsque Pittsburgh allait ouvrir sa saison le 10 septembre à Cleveland. C'est fait.
Quand Watt vêtu de son numéro 90 mettra le pied sur le terrain dimanche, contre les Browns, il deviendra le premier secondeur extérieur recrue à commencer un match d'ouverture pour les Steelers depuis Aaron Jones en 1988. Son coéquipier James Harrison, nommé cinq fois au Pro Bowl, n'a pas réussi cet exploit. Ni Joey Potter, maintenant l'entraîneur de position de Watt. Ni Lamar Woodley et Jason Gildon.
Silencieux et à l'écoute
Watt a décroché l'emploi au moment où Pittsburgh l'a repêché avec le 30e choix au total. Le «jour zéro» comme l'entraîneur Mike Tomlin l'appelle. Ce dernier n'a jamais donné cette information à Watt, qui l'aurait probablement ignoré de toute manière.
«Je viens ici tous les jours et je donne tout ce que j'ai», dit le joueur de 22 ans. «Je fais tout ce qu'ils me demandent de faire.» Une chose qui ne lui sera pas demandée? Devenir une version réduite de son frère aîné J.J. (28 ans). Différentes positions. Différentes attentes. Et de loin différentes personnalités.
Nommé trois fois joueur défensif de l'année dans la NFL avec Houston, J.J. est un joueur de 6'5" débordant d'énergie. Presque aussi rapide avec sa bouche qu'avec ses pieds, il est au milieu d'une carrière qui pourrait le mener au Temple de la Renommée.
Ce n'est pas le cas de T.J. Oui, il est assez rapide. On ne récolte pas des sacs sur des remises consécutives à son premier match professionnel si on est lent. Les ressemblances s'arrêtent là. Le plus jeune des trois frères Watt dans la NFL (Derek, 24 ans, est centre-arrière pour les Chargers de Los Angeles) est aussi le plus silencieux.
«Il veut seulement que son jeu parle de lui-même», raconte le vétéran secondeur Arthur Moats. «Même dans la salle de réunion, il était silencieux. Il l'est toujours. On peut dire qu'il écoute toujours, qu'il apprend toujours.»
C'est le chemin que Watt devait prendre. Il est passé d'ailier rapproché à secondeur au milieu de sa carrière universitaire, un changement qui l'a forcé à repenser la façon dont il aborde le football. C'est là que la prise de notes défendue par Derek est devenue plus qu'une habitude. C'est devenu une planche de salut. «Je crois que si tu écris quelque chose, c'est plus susceptible de rester gravé dans ta mémoire», explique Watt.
Sa propre identité
À en juger par les performances de Watt lors de ses premiers mois comme secondeur, sa mémoire tend à être photographique. Porter et l'entraîneur des secondeurs intérieurs Jerry Olsavsky garde le compte des erreurs lors des entraînements et des matchs, de positionnements ratés aux plaqués manqués. Le nombre de fois que Watt a été pris en défaut pour un faux pas lors du camp était tout simplement bas pour une recrue.
«Avant les remises, il n'est pas agité», affirme Moats. «Il est prêt à jouer un match.»
La preuve fut immédiatement visible aux yeux du bloqueur de gauche des Steelers, Alejandro Villanueva, qui a passé la majeure partie de l'été à essayer de freiner Watt et son répertoire de feintes, qui ne cesse de grandir. «Il sait exactement où il doit se trouver. Il sait exactement ce qu'il est censé faire et quand la remise est effectuée, il ne pense à rien qui puisse l'empêcher de compléter le jeu. Quand tu as cette approche en tant que joueur défensif, tu deviens plus dangereux.»
Contre les Browns, Watt se verra aligné contre le bloqueur de gauche Joe Thomas, très souvent nommé au Pro Bowl. Il a hâte d'affronter ce défi, mais ne vous attendez pas à le voir texter son frère J.J. pour avoir des trucs. Ce dernier sera occupé à préparer les Texans à leur propre match d'ouverture pendant qu'il continue d'amasser des dizaines de millions de dollars aux profits des sinistrés de l'ouragan Harvey.
De plus, T.J. désire forger sa propre identité. «Je suis un professionnel maintenant. À la fin de la journée, je ne peux pas toujours compter sur mon frère et je ne l'ai jamais vraiment fait.»