Triathlon du 15e Pentathlon des neiges: la course à neige remplacera la raquette [VIDÉO]

Les activités du 15e Pentathlon des neiges, qui a lieu sur les plaines d’Abraham jusqu’au 3 mars, seront un peu différentes cette année. La prestigieuse épreuve du triathlon d’hiver, la seule à faire partie du circuit de la Coupe du monde de l’International Triathlon Union (ITU), verra l’épreuve de course en raquettes être remplacée par 1,4 km de course sur neige en plus des 5,6 km de patinage de vitesse et des 3 km de ski de fond.

«Quand nous avons inventé le triathlon d’hiver en 2014, nous y avons inclus la course en raquettes. Cependant, il faut l’avouer, les raquettes sont un sport essentiellement canadien, voire presque exclusivement québécois. Parmi les 140 fédérations nationales qui forment l’ITU, il y a des gens qui ne connaissaient pas les raquettes et qui ne savaient même pas où en acheter!» a fait remarquer le directeur général du Groupe Pentathlon, François Calletta, jeudi lors de la conférence de presse de lancement du Pentathlon. C’est pour favoriser la pratique du triathlon d’hiver à l’échelle mondiale que cette modification a été apportée.

«L’Autriche a tenu une épreuve qui a attiré 650 participants cette année et devrait faire partie du circuit de la Coupe du monde l’an prochain. Et maintenant, la Scandinavie s’intéresse aussi à ce sport», indique M. Calletta.

«Bien sûr qu’il y a des Québécois qui sont déçus qu’on abandonne les raquettes dans le triathlon, mais cette épreuve demeure toujours présente dans le pentathlon avec le vélo, la course, le patinage de vitesse et le ski de fond. Par contre, un pays comme l’Autriche n’aurait jamais tenu un triathlon si ça avait été une épreuve de raquettes au lieu de la course sur neige», poursuit François Calletta, ajoutant que l’ITU avait adopté un changement de règlements pour qu’une épreuve soit remplacée par l’autre. Bâtir un réseau d’épreuves de la Coupe du monde de triathlon d’hiver demeure d’ailleurs un objectif pour le fondateur du Pentathlon des neiges et du triathlon d’hiver. 

«C’est ce qu’on doit faire avant de pouvoir rêver aux Jeux olympiques», reprend M. Calletta en référence au fait que le Comité international olympique n’avait pas retenu le triathlon d’hiver comme épreuve à ajouter aux Jeux de Sotchi en 2014. «Écoutez, le triathlon est né dans les années 70 et 80 et il n’a pas été inclus dans les Jeux olympiques avant 2000... Je ne crois pas que je verrai le triathlon d’hiver aux Jeux olympiques d’hiver de mon vivant.»

François Calletta a cependant très hâte au prochain congrès de l’ITU, qui aura lieu en Suisse en septembre. «La clé, c’est la Scandinavie! Si la Suède ou la Norvège décide d’embarquer, ce sport va exploser!» indique-t-il. M. Calletta s’attend aussi à une hausse d’intérêt de la part de pays comme l’Italie et la France, qui étaient davantage habitués à l’ancienne formule du triathlon des neiges qui alliait le vélo d’hiver, plutôt que le patinage de vitesse, à la course et au ski.

Pour le Français Stéphane Ricard, triple champion du monde de course en raquettes, l’abandon de cette épreuve à son premier triathlon est une surprise. «Je m’attendais à courir en raquettes. D’ailleurs, je trouve ça plus cohérent de courir dans la neige en raquettes qu’en baskets!» a-t-il lancé en point de presse. «Mais je ferai de la raquette au pentathlon puisque je suis à la fois inscrit au triathlon et au pentathlon», indique l’homme de 35 ans originaire de Gap, dans les Hautes-Alpes.

En fait, c’est davantage le patinage de vitesse que la course sur neige qui préoccupait le sportif à l’entraînement en attendant le pentathlon de samedi et le triathlon de dimanche. «Je l’avoue, je ne suis pas très fort sur patins! Je vais essayer de me perfectionner un peu!» indique celui dont qui s’était mis à la course en raquettes pour «casser la routine» avec un sport qui se rapproche tout de même de la course à pied. Champion du monde une première fois en Italie en 2014, il a récidivé en Espagne en 2016 et en Suède l’an dernier.

Martin Veenhuizen et Stéphane Ricard