La Française de 32 ans Pauline Parmentier a passé son premier test avec succès, lundi, éliminant en deux sets la Russe Veronika Kudermetova.

Tout le monde aime «Paupau»

Sans Istanbul, Pauline Parmentier n’aurait jamais vu Québec. Et voilà que la souriante Française de 32 ans passe en deuxième ronde de la Coupe Banque Nationale de tennis et ajoute toujours plus de membres à son fan-club.

J’avoue. Le titre de ce papier a été piqué au journal Ouest-France. Mais il colle trop bien à la détentrice du 69e rang mondial, qui a vaincu lundi, 7-5 et 6-3, la Russe de 21 ans Veronika Kudermetova (121e), dans l’amphithéâtre du PEPS de l’Université Laval.

«En France, on dit que les gens du Nord sont cools. J’ai toujours été comme ça. Et j’ai deux grands frères. Alors si à un moment donné je commence à m’emballer, ils m’ont toujours remise sur les rails», a confié au Soleil la native de Cucq, au pays des Ch’tis, sans jamais perdre son attitude sympa malgré la laryngite qui la tenaille.

Celle que son entourage surnomme affectueusement «Paupau» joue pour la première fois à Québec parce qu’elle a cette fois pu faire le pont avec New York et les Internationaux des États-Unis en s’arrêtant au tournoi de Chicago. Mais c’est son triomphe au tournoi d’Istanbul, en Turquie, fin avril, qui a véritablement fait la différence. Son premier titre sur le circuit de la WTA en 10 ans!

«Ça n’a pas rallongé ma carrière de 10 autres années, mais peut-être de 10 mois!» rigole la vétérane d’une quinzaine de saisons professionnelles. Carrière où elle a cumulé plus de 3 millions $US en bourses et atteint le 40e rang mondial, en 2008.

«J’avais eu un début de saison vraiment pas terrible et j’avais quasiment switché dans ma tête. Je me disais que si ça continuait, j’arrêterais après Roland[-Garros]. Forcément, quand on a 32 ans et qu’on ne gagne pas de match, on se dit peut-être que c’est la dernière saison. Je me suis dit : “C’est peut-être fini”. C’est dur à accepter.

«Mais ce n’était pas encore mon heure d’arrêter, poursuit-elle. Voilà comme quoi parfois, quand on s’y attend le moins, il se passe de belles choses! Je venais d’avoir un bon week-end en Coupe Fed et je sentais que mon jeu était en place, mais c’est compliqué d’aller au bout d’un tournoi. Je ne m’attendais pas à gagner. C’était fabuleux!»

Dans la métropole turque, Parmentier a entre autres dû battre la deuxième mondiale et favorite du tournoi Caroline Wozniacki, qui s’est retirée après deux manches de 4-6 et 6-3. «Il fallait quand même l’accrocher, parce que si elle avait pu me mettre 6-2 et 6-2, elle l’aurait fait!» précise celle qui a poursuivi sur cette lancée le mois suivant avec deux victoires sur des compatriotes aux Internationaux de France.

Le poids des voyages

Si elle dit ne pas «sentir» ses 32 ans, malgré quelques soucis à l’épaule, la fatigue des voyages l’accable davantage. Pour la première fois, elle a d’ailleurs pris des vacances, fin juillet. Ce qui l’a amenée à se qualifier pour le tableau principal à New Haven, au Connecticut, puis à livrer une chaude lutte à la 14e mondiale, Madison Keys, en pleine séance nocturne, à Flusing Meadows.

«Il me reste peut-être une ou deux saisons à faire. Je le fais pour des moments comme à Roland, où il y a tous les amis, toute la famille, ou encore la Coupe Fed. Ces gros rendez-vous que j’ai envie de bien préparer et bien réussir. Après, j’ai aussi envie de bien jouer les autres tournois, mais c’est un peu différent», admet l’auteure de 17 sélections en équipe de France, sa plus récente lors de la demi-finale perdue aux mains des Américaines, juste avant Istanbul. 

Dans cette Coupe BN «super» disputée dans une ville «super» où «les gens sont trop top», Parmentier sera opposée mercredi à l’Américaine Christina McHale (100e). Rappelons que le tournoi de Québec a été accueillant dans le passé pour les Françaises avec trois championnes originaires de l’Hexagone, soit Océane Dodin (2016), Marion Bartoli (2006) et Nathalie Tauziat (1993).

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EN BREF

Premier match, première surprise

Dans un tableau où 19 des 32 joueuses se classent entre le 50e et le 150e rang mondial, il n’est pas exagéré de dire que presque tout le monde peut battre tout le monde. La preuve en a été faite dès le match d’ouverture lundi matin, 11h, sur le court principal. La quatrième favorite du tournoi, Monica Niculescu (81e), a été évincée en deux sets (7-5, 6-3) d’entrée de jeu par Heather Watson (107e). La Roumaine de bientôt 31 ans a peu joué cet été et n’a pas gagné au tableau principal d’un tournoi depuis le 3 mai (2-8 avec les matchs de qualifications). Caractérielle Britannique de 26 ans, Watson a été quart de finaliste à Québec en 2010 et en 2011. Elle vient de Guernesey, une île de la Manche pourtant beaucoup plus près de la France que de l’Angleterre. 

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Première en cinq ans pour Marino

Éliminée en double dès lundi, Rebecca Marino disputera mardi son premier match au tableau principal en simple d’un tournoi WTA en plus de cinq ans. La Torontoise de 27 ans est revenue au jeu en janvier après un long hiatus loin du tennis causé par une dépression. Celle qui a atteint le 38e échelon mondial en 2011 aura du pain sur la planche face à la septième favorite, 62e raquette féminine au monde et demi-finaliste ici l’an dernier, l’Allemande Tatjana Maria, tandis que Marino a jusqu’ici regrimpée au 264e rang. À leur seul affrontement, la Canadienne avait eu le dessus, en 2011 à Indian Wells. «Mais c’était il y a longtemps. Je dois me rafraîchir la mémoire!» lance Marino. Avec sa coéquipière Carson Branstine, une Américaine devenue Canadienne, elles se sont inclinées 5-7, 6-2 et 10-4 face aux deuxièmes favorites du volet en duo la Croate Darija Jurak et la Suisse Xenia Knoll.

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