Guy Lafleur fait son entrée pour la mise en jeu protocolaire marquant le début du 60e tournoi pee-wee de Québec.

Tournoi pee-wee: le début de l’histoire d’amour entre Guy Lafleur et Québec

Quand on pense aux liens entre Guy Lafleur et Québec, on évoque ses années chez les Remparts et les Nordiques. Mais l’histoire d’amour a commencé bien avant pour celui que l’on peut appeler sans se tromper le plus grand des petits pee-wee.

Gretzky, Lemieux, Roy, Park, Bossy, plusieurs géants du hockey sont d’abord passés par le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, qui en est à sa 60e présentation. Mais demandez aux vieux de la vieille quel joueur les a le plus marqués et invariablement, c’est toujours le même nom qui revient : Lafleur.

1962, 1963 et 1964. Trois participations, trois titres de champion de la classe C avec deux clubs différents, deux trophées du joueur le plus spectaculaire du tournoi et une récolte totale de 48 buts. Lafleur avait 10, 11 et 12 ans.

«Dans le vieux Colisée, il y avait 10 000 personnes! Pour nous qui venions de l’extérieur et qui étions habitués à jouer devant 15 ou 20 personnes, c’était un rêve! Pour l’avoir vécu en 1962 [avec Rockland], je disais à mes amis et coéquipiers de Thurso : “Vous allez voir, c’est quelque chose d’extraordinaire! On signe même des autographes!”» a raconté le légendaire ailier droit, samedi, après avoir participé à l’ouverture officielle du tournoi.

Béliveau et Bonhomme

Si Lafleur a marqué beaucoup de monde lors de ses passages aux pee-wee, il y a lui-même rencontré deux personnages marquants de la mythologie hivernale de Québec, soit Jean Béliveau et... le Bonhomme Carnaval.

«Je viens de rencontrer le Bonhomme Carnaval cet après-midi et ça me rappelle qu’en 1962, on avait visité le village du Bonhomme. J’avais pris une photo avec lui et ç’avait paru dans le journal L’Action. Ça m’a toujours marqué!» raconte en riant l’homme de 67 ans.

En 1964, Béliveau avait effectué la mise au jeu protocolaire du match entre Thurso et South Durham. Lafleur avait ensuite inscrit trois buts et trois aides pour mener son équipe à une victoire de 6-1. L’un de ses lancers avait même mis le gardien adverse hors de combat, selon le livre du 60e anniversaire.

«J’avais marqué trois buts et après, Jean Béliveau m’avait mis un chapeau sur la tête. J’ai encore la photo à la maison», précise Lafleur, en replongeant dans ses souvenirs. La veille, le petit magicien de Thurso avait même inscrit sept buts dans une victoire de 10-3 contre son ancienne équipe, Rockland.

Brailler pour rester

Québec l’avait tellement aimé qu’on ne voulait plus le laisser partir. Dès 1964, le vice-président et gérant général du Tournoi, Paul Dumont, avait fait pression auprès du père de Lafleur pour que le jeune phénomène poursuive son hockey mineur à Québec.

«Mon père trouvait que j’étais trop jeune. Je suis le seul garçon chez nous, j’ai quatre sœurs. Moi, de 12 à 14 ans, j’ai braillé pour m’en venir ici et quand je suis arrivé ici, j’ai braillé pour m’en retourner! Mon père a dit : “Tu as braillé pour y aller, tu vas rester!”»

Lafleur est revenu à la fin de l’été 1966, avant même d’avoir 15 ans. Il est resté dans la capitale cinq ans, d’abord avec le CTR (junior B), puis les As Juniors (A) et les Remparts (junior majeur). Jusqu’à son départ pour Montréal et le Canadien en 1971, avec une immense carrière de 1353 points en 1127 matchs réguliers dans la LNH.