La 13e étape s’est conclue par un sprint massif en faveur de Peter Sagan, qui a signé sa troisième victoire d’étape lors du présent Tour, en plus de conforter un maillot vert qui lui est acquis pour la sixième fois.

Tour de France: Sagan signe sa troisième victoire d’étape

VALENCE — À la sortie des Alpes, le Tour a renoué avec le calme et Peter Sagan avec ses habitudes : le champion du monde a enlevé la 13e étape, vendredi à Valence, dans un sprint privé de la plupart de ses pointures.

La tension, qui avait culminé la veille dans la montée de l’Alpe d’Huez, est redescendue. 

«C’est une extrême minorité, des gens qui viennent là pour se donner en spectacle et mettre une institution comme le Tour en danger», a enragé Romain Bardet, en parlant des incidents de la veille, où le champion défendant Chris Froome avait été pris à partie par un spectateur.

«La course ne mérite pas d’être faussée», a poursuivi le Français qui, comme le directeur du Tour Christian Prudhomme, a demandé du franc-jeu : «On peut décider de soutenir ou pas certains adversaires, mais on doit respecter tous les athlètes.»

Auraient-ils été entendus? Sur le podium, le maillot jaune, le Gallois Geraint Thomas, a été plus applaudi que sifflé après cette étape de transition menant dans la vallée du Rhône et conclue par un sprint massif en faveur de Sagan, qui a signé sa troisième victoire d’étape lors du présent Tour (il avait remporté les 2e et 4e étapes).

Même si aucune hostilité n’a été dirigée contre un cycliste en particulier, l’étape de vendredi a été marquée par un spectateur situé en bordure de piste qui a lancé une bombe fumigène en plein cœur du peloton alors qu’il défilait devant lui, à 16 km de l’arrivée.

La bombe, qui dégageait une fumée jaune, n’a pas semblé nuire aux cyclistes.

«C’était une étape en or, a convenu le vainqueur du jour. Tout le monde était de retour aux affaires après la montagne et c’était en même temps une étape de récupération. Je pensais être un peu en retard à 600 mètres de la ligne, mais j’ai pris la roue de Kristoff et c’était la bonne».

Sagan a évidemment conforté un maillot vert qui lui est acquis pour la sixième fois.

«Un phénomène»

«Il est incroyable, c’est un phénomène, il a presque trois fois plus de points que les autres», a commenté au micro de France Télévisions le Britannique Chris Froome en forçant quelque peu les chiffres (398 points pour Sagan, 170 pour le Norvégien Alexander Kristoff).

Le quadruple vainqueur du Tour, deuxième du classement général à 1:39 de Thomas, a évoqué surtout la prochaine arrivée à Mende.

«On peut avoir quelques petits écarts entre les favoris», a-t-il estimé en se souvenant du final du Tour 2015 et de la victoire du Britannique Steve Cummings. «Ça ferait plaisir de m’imposer, mais ce n’est pas facile».

Samedi, la 14e étape, longue de 188 kilomètres à partir de Saint-Paul-Trois-Châteaux, franchit les Cévennes pour rejoindre Mende. L’arrivée est jugée sur le plateau de l’aérodrome, 1500 mètres après la fin de la montée de la Croix-Neuve (3 km à 10,2 % de pente), également appelée montée Laurent Jalabert.

«La dernière fois, je n’étais pas trop mal à Mende», s’est rappelé Thomas. «Je me souviens que c’était une côte très difficile de trois kilomètres, un effort de dix minutes. Je le ferai à fond».

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LE TOUR DE FRANCE EN BREF

Chavanel a beaucoup roulé

Le Français Sylvain Chavanel, le coureur du Tour de France le plus âgé avec 39 ans et qui participe à sa 18e édition, a passé vendredi le cap des 60 000 kilomètres parcourus sur la Grande Boucle. D’après les calculs du site Internet tour.fr, Chavanel a franchi cette borne symbolique au kilomètre 27,8, juste avant la traversée de Vizille dans l’Isère. Le Poitevin a disputé sa 361e étape du Tour et atteindra le chiffre de 369 s’il va jusqu’aux Champs-Élysées dans neuf jours. Pour le record absolu de Joop Zoetemelk, Chavanel devra rempiler une année pour dépasser les 62 855 kilomètres du Néerlandais (seize Tours, aucun abandon, et des kilométrages plus élevés à l’époque, entre 1970 et 1986). Mais il a déjà annoncé que ce Tour 2018 était son dernier.  AFP

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Le cœur argentin

L’Argentin Maximiliano Ariel Richeze a pris l’habitude de lancer les sprints du Colombien Fernando Gaviria, de l’équipe Quick Step, vainqueur de deux étapes sur le Tour, mais contraint à l’abandon lors de la 12e étape. Et les appels pour naturaliser Richeze se sont multipliés côté colombien ces derniers jours depuis le début du Tour. «Je remercie le peuple colombien, mais je suis Argentin. Et mon cœur est avec l’Argentine», a expliqué Richeze au départ du Bourg-d’Oisans vendredi matin.  AFP

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Le Tour, un «rêve d’enfant»

En visite sur les routes du Tour de France, le premier ministre français Édouard Philippe a reconnu au micro de France 2 que la Grande Boucle, c’était «un peu un rêve d’enfant. Quand j’étais petit, je regardais le Tour comme je crois à peu près tous les Français, ça m’a fait rêver». En pleine polémique Alexandre Benalla, ce chargé de mission du président Emmanuel Macron filmé frappant un manifestant et qui été placé en garde à vue, vendredi, le premier ministre a tenu à honorer sa visite «pour saluer l’ensemble des Français qui admirent ce spectacle».  AFP