Pello Bilbao, de l’équipe Astana, s’est accroché au sprint, mais a concédé la victoire de la 12e étape au Britannique Simon Yates (à gauche), jeudi.

Tour de France: la première étape des Pyrénées est l’affaire de Yates

BAGNÈRES-DE-BIGORRE — Les favoris derrière, le vainqueur de la Vuelta devant : le Britannique Simon Yates, hors jeu pour le classement général, s’est adjugé la 12e étape du Tour de France sans conséquence pour le maillot jaune de Julian Alaphilippe, jeudi à Bagnères-de-Bigorre, à l’entame des Pyrénées.

S’il est l’un des grands noms du peloton, Simon Yates joue un rôle secondaire depuis le départ de Bruxelles. C’est à ce titre qu’il a obtenu la mansuétude des coureurs du classement général qui se sont préservés à la veille de l’unique contre-la-montre individuel à Pau (27,2 km).

«J’attendais des attaques, mais finalement, ça n’est pas arrivé, et ce n’est pas plus mal», s’est réjoui Alaphilippe qui sera habillé de jaune 100 ans, jour pour jour, après la création du mythique maillot.

Peyresourde et la Hourquette d’Ancizan, les deux premiers cols des Pyrénées, classés en première catégorie, ont servi de simple galop d’essai. Le mieux classé des membres de l’échappée-fleuve d’une quarantaine de coureurs (Van Avermaet) était pointé à près d’un quart d’heure!

Pour gagner sur le Tour, une «première» pour lui à sa quatrième participation, Yates a dû régler au sprint deux solides coureurs, l’Espagnol Pello Bilbao, deux fois vainqueur d’étape sur le dernier Giro, et l’Autrichien Gregor Mühlberger, qui avait inquiété Alaphilippe sur le Dauphiné (photo d’arrivée).

La fierté de Simon Yates

«Je n’étais pas super confiant dans ce sprint. J’ai décidé d’y aller dans le dernier virage. Je suis très fier de ce que j’ai fait, j’ai gagné une étape dans les grands tours», a savouré le Britannique venu sur le Tour avant tout pour aider son frère jumeau Adam, quatrième du Tour 2016.

«Mais, aujourd’hui, je pouvais jouer ma carte personnelle, c’est sans doute la seule opportunité que je pouvais avoir dans ce Tour», a déclaré le vainqueur, qui s’est souvent relevé dans la fin des étapes de la première partie du Tour au point d’occuper au départ de Toulouse la... 97e place, à plus d’une heure du maillot jaune.

À Bagnères-de-Bigorre, après 209,5 kilomètres, les premiers poursuivants sont arrivés avec un retard approchant 1 min 30 s. Le peloton, encore très compact pour une étape de montagne lancée tambour battant (50,6 km dans la première heure), a franchi la ligne à plus de neuf minutes et demie du vainqueur.

Au pied de Peyresourde, son retard s’élevait déjà à cinq minutes. Il a continué à grandir sur les pentes sinueuses de la Hourquette d’Ancizan, où Yates a provoqué la sélection dans le groupe de tête sans pouvoir décrocher Mühlberger.

Au sommet du col, les deux hommes ont basculé avec quelques secondes d’avance sur Bilbao qui est revenu dans les premiers virages de la longue descente. Le trio s’est disputé la victoire 30 kilomètres plus loin. Au profit de Simon Yates, qui a suivi l’instruction de son directeur sportif lui enjoignant de sortir en tête du dernier virage, à moins de 200 mètres de la ligne.

Un anniversaire à honorer

Le Britannique, 26 ans, a imité l’Italien Elia Viviani et l’Australien Caleb Ewan, deux autres nouveaux membres du club des vainqueurs d’étape sur les trois grands tours, soit une vingtaine de coureurs en activité. «C’est une journée de plus, a apprécié Alaphilippe. Je vais prendre le départ d’un contre-la-montre du Tour de France en jaune, c’est quelque chose que je n’imaginais pas.

«J’ai reconnu le parcours, il est exigeant, il me correspond plutôt bien», a ajouté le Français, qui partira avec un avantage de 1 min 12 s sur le tenant du titre, le Gallois Geraint Thomas. «Il faut avoir les jambes, mais je peux limiter la casse et essayer de garder le maillot. C’est vallonné, technique, et j’aurai la motivation supplémentaire du maillot jaune. Je ne vais pas m’occuper des autres, je vais me faire le plus mal possible.»

Rendez-vous avec l’histoire

L’objectif? Garder le maillot jaune en ce jour anniversaire que le Tour honorera en début de soirée, en présence du président de la République. À Pau, Alaphilippe a rendez-vous avec l’histoire de la Grande Boucle.

Seule certitude, le contre-la-montre sera privé du champion du monde de la discipline. L’Australien Rohan Dennis s’est éclipsé du Tour à la stupéfaction générale, à commencer semble-t-il par son équipe Bahrain. «Nous sommes aussi surpris que vous, nous sommes même déçus», a déclaré aux journalistes son directeur sportif Gorazd Stangelj à propos du récent deuxième du Tour de Suisse. «En fait, nous nous attendions à une grande performance de sa part demain sur le chrono. [...] Il nous a dit qu’il ne voulait pas parler et est monté dans la voiture.» Un mystère à éclaircir.

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ASTANA ÉCHAPPE LA VICTOIRE DANS LE DERNIER KILOMÈTRE 

Le coéquipier de Hugo Houle chez Astana, Pello Bilbao, est passé bien près de signer la première victoire d’étape de son équipe au Tour de France 2019, jeudi, à la 12e sortie des coureurs.

L’Espagnol a été le deuxième à compléter les 209,5 kilomètres séparant Toulouse de Bagnères-de-Bigorre, dans un sprint final l’opposant à Gregor Mühlberger (BORA – hansgrohe) et le Britannique Simon Yates (Mitchelton-Scott). Bilbao a d’abord pris les devants, puis il a été rattrapé par Mühlberger, qui a à son tour été devancé par Yates, grand vainqueur de la course. De son côté, Hugo Houle a pris le 53e rang de cette étape montagneuse. «Le peloton a roulé fort toute la journée, mais n’a pas accéléré dans les montées et l’échappée est donc restée à l’écart, aux avant-postes. Bilbao a réussi à faire une différence étant donné que c’est un excellent grimpeur», a expliqué Houle.

Même si l’équipe n’a pas triomphé à son arrivée à Bagnères-de-Bigorre, il s’agit tout de même du meilleur résultat obtenu par Astana à ce Tour depuis la neuvième place du Danois Jakob Fuglsang à la sixième étape. «Il [Pello Bilbao] lui en manquait peu au sprint final pour réussir à contourner Yates et je pense qu’il peut en tirer du positif. Ça laisse un petit goût amer d’être deuxième au Tour de France, mais ça reste une très belle performance et il peut être fier de lui», a jugé le Québécois.

La performance de Houle lui a permis de passer du 110e au 73e échelon du classement général provisoire, tandis que Jakob Fuglsang est toujours le membre d’Astana le mieux classé, au 15e rang.

L’écart de 1 minute et 12 secondes entre le meneur français Julian Alaphilippe (Deceuninck – Quick Step) et le Britannique Geraint Thomas (Ineos) est demeuré intact. Les deux athlètes ont respectivement pris le 31e et le 27e échelon lors de cette 12e étape.

Vendredi, les cyclistes participeront à une course contre-la-montre à Pau, où Hugo Houle prévoit se reposer en vue des prochaines journées. «Ça ne sert à rien pour moi de pousser la machine. Je vais plutôt prendre ça tranquille et en profiter pour reprendre de l’énergie pour les grosses étapes de montagne qui arrivent.» Sportcom