Hugo Houle de Sainte-Perpétue roule pour une deuxième saison avec l’équipe Astana, au sein du ProTour.

Tour de France: Houle en lice, Duchesne dans le brouillard [VIDÉO]

Les deux meilleurs cyclistes sur route québécois prennent des directions opposées. Pendant que Hugo Houle se prépare pour une première participation au très prestigieux Tour de France, Antoine Duchesne se prépare à passer sur la table d’opération.

«Quand on me demande mon métier, je réponds : “cycliste professionnel”. “Tu as fait le Tour de France?” “Non.” “Alors t’es pas bon.” “O.K. d’abord.” Il faut régler la question! Le travail acharné finit toujours par payer et j’espère enfin en récolter le fruit en juillet», a expliqué Houle, mercredi midi, en marge du lancement de la saison de la Fédération québécoise des sports cyclistes tenu à Québec.

L’athlète de 28 ans de Sainte-Perpétue deviendrait le 6 juillet prochain, à Bruxelles, le quatrième Québécois à prendre le départ de la Grande Boucle après Duchesne (2016), David Veilleux (2013) et Pierre Gachon (1937), qui lui est né en France.

Houle roule pour une deuxième saison avec l’équipe Astana, au sein du ProTour. Arrivé à bord l’an dernier grâce à deux commanditaires québécois, Premier Tech et les vélos Argon 18, Houle a surpassé le peu d’attentes placées alors en lui. Au point où le directeur Alexander Vinokourov l’a considéré pour le Tour de France 2018 même s’il n’était pas dans les plans.


« Quand on me demande mon métier, je réponds : “cycliste professionnel”. “Tu as fait le Tour de France?” “Non.” “Alors t’es pas bon.” “O.K. d’abord.” »
Hugo Houle

Cette année est différente. Dès janvier, son programme de courses et d’entraînement était façonné en fonction d’une participation au Tour de France. Il a depuis connu beaucoup de succès en soutien aux leaders Fuglsang, Lutsenko, Sanchez et compagnie. Son meilleur début de saison en carrière, atteste-t-il.

«Je ne suis peut-être pas le meilleur cycliste chez Astana, mais je suis probablement le meilleur coéquipier. Je ne fais pas de bruit, mais je livre la marchandise quand il faut. Ils savent que je peux répondre quand la pression est là», fait valoir Houle.

«On n’en entend pas parler, mais c’est mon travail. Et chez Astana, c’est considéré et respecté. Je me sens heureux là-bas. Nos leaders, la direction, tout le monde est d’accord pour que je sois présent au Tour de France. À moi de rester en santé et de garder le cap», résume celui qui repart du Québec le 9 mai pour le Tour de la Californie, suivi d’un camp d’entraînement en Espagne pour le Tour de France et ensuite le Tour de Suisse.

Artère iliaque

Comme Houle à sa septième saison dans les grandes ligues du cyclisme mondial, Duchesne navigue davantage dans le brouillard, ces temps-ci. Le cycliste de 27 ans de Saguenay souffre d’un problème de circulation sanguine à la jambe gauche, ce qui l’empêche de briller au maximum de ses capacités lors de longs efforts.

Les médecins soupçonnent un problème d’artère iliaque, principale voie de passage du sang au niveau de la hanche. Un mal qui afflige des athlètes d’endurance, comme le fondeur Alex Harvey, qui a dû être opéré des deux côtés.

«Lors d’une grosse demande sanguine, la jambe engourdit et c’est comme si je me retrouvais avec un bloc de glace. J’ai passé une IRM pour écarter l’option sciatique ou nerveuse et je passe un angioscanner dans deux semaines à Lyon pour vraiment avoir l’heure juste», détaille le porte-couleurs de l’équipe Groupama-FDJ.

«J’essaie de rester optimiste, mais tout pointe vers ça, poursuit Duchesne. Au moins, si c’est ça, je sais qu’il y a une solution et ensuite de la récupération à 100%, alors ce n’est pas la fin du monde. Et si ce n’est pas ça, ça devrait partir avec le temps et je vais continuer comme prévu avec une reprise dans trois semaines pour une préparation pour le Tour de France [juillet] ou la Vuelta d’Espagne [fin août]», indique celui qui a aussi trouvé sa niche comme équipier fiable des Pinot et Démare.

Intervention chirurgicale ou pas, Duchesne croit être remis sur pied en août et devrait être des Grands Prix de Québec et de Montréal, en septembre.

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LE GRAND SAUT DE BOILARD

À 18 ans, la cycliste de Québec Simone Boilard a fait le grand saut cette année, passant à la fois aux rangs seniors et chez les professionnels, avec l’équipe américaine Twenty20. Médaillée de bronze aux Championnats du monde juniors en 2018, Boilard estime avoir tout à apprendre, du fonctionnement de la caravane au travail d’équipière qui lui est parfois assigné. Seule Québécoise, plus jeune et seule francophone du groupe, elle a quand même tiré son épingle du jeu avec la sixième place au classement général de la récente Classique des Redlands, en Californie, en plus d’y être la meilleure jeune. Elle est toutefois au repos en ce moment pour soigner une légère blessure au dos et prévoit son retour officiel en course à la fin mai. 

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GAGNÉ EN QUÊTE D'ARGENT

Champion panaméricain et Canadien le mieux classé de sa discipline, Raphaël Gagné se retrouve pourtant sans équipe pour le soutenir et en précarité financière en vue de la présente saison de cross-country en vélo de montagne. «L’heure est grave!» a admis Gagné, en marge de la conférence de presse de la FQSC. La formation OMX, avec qui il devait écouler la deuxième de trois années de contrat le menant jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo, l’an prochain, a fermé boutique fin février par manque de fonds. L’athlète de Québec de 31 ans, qui a fini 40e aux JO de 2016, doit donc maintenant piger dans son pécule personnel pour participer aux courses importantes et cumuler les points nécessaires pour le qualifier pour Tokyo 2020. Sans même renouveler son matériel, la saison lui coûtera au bas mot entre 20 000 et 30 000 $. Depuis janvier, il est néanmoins passé du 101e rang mondial au 34e échelon, bien qu’il doive dorénavant s’occuper de tout : inscription, mécanique, etc.