Egan Bernal, 22 ans, jure qu’il soutiendra Geraint Thomas, le leader de l’équipe Ineos. Mais plusieurs le voient comme l’un des principaux prétendants au titre du Tour de France.

Tour de France: Egan Bernal prêt à épater la galerie

PARIS — Egan Bernal n’a que 22 ans. C’est deux ans de moins qu’Eddy Merckx lorsque le légendaire Belge a remporté son premier Tour de France il y a un demi-siècle.

Doté d’excellentes habiletés, Bernal est devenu l’un des cyclistes les plus excitants et l’un des principaux prétendants au titre au Tour de France, qui se met en branle en fin de semaine, en Belgique.

Même Merckx, qui a vu une myriade de coureurs essayer d’imiter son exploit au fil des ans, a été impressionné. En mars, le quintuple vainqueur a parlé de Bernal comme d’un futur champion du Tour à la suite de la victoire du Colombien à la prestigieuse classique Paris-Nice à un âge plus précoce que lui-même.

L’éclosion de Bernal sur la plus grande scène du cyclisme n’était toutefois pas censée survenir si vite.

Après avoir participé à son premier Tour l’été dernier et fait un travail impressionnant pour appuyer ses coéquipiers Geraint Thomas et Chris Froome, Bernal était prêt à assumer un rôle de leader lors d’une course de trois semaines au Giro d’Italie au printemps. Mais un accident à l’entraînement l’a laissé avec une fracture à la clavicule qui l’a exclu de la course et mis sur la touche pendant 76 jours.

Bernal est revenu à la compétition en force, remportant le Tour de Suisse à la fin juin.

Chute de Froome

Malgré toutes ses prouesses, il était disposé à rester discret cet été et à soutenir Froome. Mais le coureur britannique a été victime d’une terrible chute au critérium du Dauphiné, qui a mis fin à ses espoirs de remporter un cinquième titre record au Tour et à sa saison.

En l’absence de Froome, le leadership d’Ineos — l’ancienne équipe Sky — revenait logiquement à Thomas, le champion en titre du Tour. Mais sa préparation pour le Tour est loin d’être parfaite. Il n’a pas gagné une course cette saison et, pire encore, il a abandonné au Tour de Suisse ce mois-ci après une chute avant que la course n’atteigne les montagnes, ce qui signifie qu’il n’a pas testé ses jambes à haute altitude en conditions de course.

Bernal ne cesse de dire qu’il soutiendra Thomas, mais comme on l’a constaté l’année dernière, lorsque Froome a accepté de travailler en fonction de Thomas, la hiérarchie au sein du groupe Ineos est définie par les performances en compétition.

«Je ne choisis pas de dire que je suis le favori, a déclaré Bernal après sa victoire en Suisse. En tout cas, j’irai avec G [Thomas], il sera notre chef de file. Je vais essayer de l’aider. S’il est meilleur que moi, c’est sûr que je l’aiderai. Je n’ai aucun problème à l’aider. Je n’ai que 22 ans, alors je pense que j’ai beaucoup de tours devant moi.»

Bernal étant présenté comme la future vedette du cyclisme, il est logique que le Tour commence à Bruxelles pour marquer le 50e anniversaire de la première des cinq victoires de Merckx au Tour.

L’itinéraire comporte cinq arrivées au sommet, dont trois étapes dont l’arrivée est à plus de 2000 mètres et seulement 54 kilomètres de contre-la-montre. Cela convient parfaitement aux qualités de Bernal. Grimpeur-né, il est devenu plus polyvalent, capable de limiter les dégâts au minimum lors des étapes chronométrées.

Après des années de domination de l’équipe Sky, le scénario de la course est susceptible de changer. Ineos reste la formation la plus solide, avec des coureurs expérimentés tels que Wout Poels, Gianni Moscon et Michal Kwiatkowski. Mais l’absence de Froome, associée au retrait du vice-champion de l’année dernière, Tom Dumoulin, change la donne et crée une longue liste de prétendants.

Il sera aussi intéressant de surveiller le Québécois Hugo Houle, de l’équipe Astana, qui connaît une excellente saison et en sera à sa première expérience sur ce tour mythique.