Le Français Arnaud Démare a remporté la 18e étape du Tour de France au sprint devant son compatriote Christophe Laporte qui a pris la deuxième place non sans protester contre un petit écart du vainqueur du jour.

Tour de France: Démare gagne la 18e étape, Thomas toujours en jaune

PAU — Un sprint entre deux tranches de montagne : Arnaud Démare a gagné la 18e étape du Tour de France, jeudi, à Pau, pour la troisième victoire française depuis le départ.

La course, sans changement pour le classement général mené par le Gallois Geraint Thomas, s'est conclue par un doublé français à trois jours de l'arrivée à Paris.

Derrière Démare, Christophe Laporte a pris la deuxième place non sans protester contre un petit écart du vainqueur du jour. «Je suis gêné dans le sprint. Il [Démare] ne garde pas sa ligne», a réagi le Varois, déçu du dénouement.

Le résultat a été confirmé par le jury des commissaires, qui a officialisé le troisième succès d'un coureur français après les deux de Julian Alaphilippe. Démare avait gagné la quatrième étape l’an dernier. 

En grande difficulté dans les étapes de montagne, le Picard est parvenu à rentrer dans les délais chaque fois, tant dans les Alpes que les Pyrénées.

«Je sais que physiquement je suis bien. Je suis fort dans la tête», a souligné l'ancien champion du monde des espoirs (2011), devenu le sprinteur français numéro un.

Battu à Valence, où il s'était classé troisième du sprint à la sortie des Alpes, Démare a, cette fois, touché au but. Le Norvégien Alexander Kristoff, troisième de l’étape, a été nettement dominé et le champion du monde, le Slovaque Peter Sagan, a pris la huitième place, au lendemain de sa chute dans la descente du col d'Azet.

«Avec toutes ces écorchures, ces blessures, j'ai ressenti beaucoup de douleurs. Mais je suis content d'avoir eu assez de chance après cette chute incroyable de pouvoir continuer la course», a commenté Sagan, en route vers un sixième maillot vert à Paris.

Travail d’équipe

À Pau, Démare a conclu le gros travail de son équipe, Groupama-FDJ, qui a muselé l'échappée du jour, lancée par cinq coureurs dès le départ de Trie-sur-Baïse donné alors que le thermomètre affichait 32 degrés. 

«J'avais senti que ‘‘Nono’’ [le surnom de Démare] avait la rage, la hargne», a estimé Marc Madiot, responsable de l'équipe Groupama-FDJ, très satisfait de son groupe. «Toute l'équipe était dans le match, tous ont fait le job. Il y avait le sens du collectif et du sacrifice.»

Démare, 26 ans, compte 50 victoires à son palmarès. Avec, pour point d'orgue, la «Classicissima» Milan-San Remo en 2016.

En cours d'étape, Nairo Quintana a chuté, en même temps que le Britannique Adam Yates. Touché au dos et au coude gauche, le vainqueur de l'étape du Portet, mercredi, a repris place ensuite dans le peloton et a pu se faire soigner par la voiture des médecins du Tour.

«D'une façon ou d'une autre, il me semble que je suis mal», a soupiré le Colombien, qui souffre de dermabrassions au coude, au genou et à l'épaule gauche.

Vendredi, la 19e étape franchit les derniers cols pyrénéens entre Lourdes et Laruns sur un parcours de 200,5 kilomètres. 

Au classement général, Thomas maintient son avance de 1:59 secondes sur le Néerlandais Tom Dumoulin tandis que Chris Froome, coéquipier du meneur chez Sky, accuse un recul de 2:31.

Si près de la fin, Dumoulin estime que ses chances de gagner le Tour sont «très minces». «Mais si je vois une opportunité, je vais la prendre», annonce-t-il.  Avec AP

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NOUVEL ÉCART D'UN SPECTATEUR

Geraint Thomas, porteur du maillot jaune, s’est plaint jeudi d’un incident provoqué la veille par un spectateur près de l’arrivée de la 17e étape du Tour de France au col du Portet.

Le geste en question s’est produit alors que Thomas sprintait lors d’une montée. «J’ai senti un coup», a déclaré le Gallois à plusieurs journalistes au départ de la 18e étape, à Trie-sur-Baïse. «J’allais assez vite et ça m’a perturbé dans ma trajectoire. C’était comme un choc. Sur le moment, je n’ai pas compris ce qui se passait. Heureusement, ça n’a pas eu de suite.

«On est là pour faire notre course. Tout le peloton veut être en sécurité. Là, c’est un peu trop», a estimé Thomas en qualifiant le spectateur d’«imbécile».

Pour sa part, le directeur sportif de l’équipe Sky, Nicolas Portal, a insisté sur les conséquences possibles. «S’il avait chuté, s’il s’était cassé la clavicule, la course était finie. Il faut que les spectateurs essayent de réfléchir à ce qu’ils sont en train de faire. [...] Cela fait trois semaines que l’on est confronté à ce type de choses.»  AFP

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LE TDF EN BREF

Une langue à défendre

Le passage du Tour de France dans le Pays Basque samedi pour le contre-la-montre individuel entre Saint-Pée-sur-Nivelle et Espelette (31 km) sera l’occasion pour la Fédération des écoles en langue basque de mettre l’accent sur la défense de la langue régionale. «Faisons savoir ainsi au monde que le Pays basque a sa propre langue, l’euskara. Faisons savoir à la France, que nous voulons apprendre et vivre en basque au Pays basque», indique Seaska, qui appelle les habitants à mettre des banderoles le long du parcours. Les organisateurs ont prévu une double signalétique pour les panneaux officiels, ainsi que la présence d’un annonceur public en langue basque qui prendra place près de celui qui s’exprime en français.  AFP

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Vitesse n’égale pas victoire

Au Tour de France, on peut avoir la vitesse de pointe maximale et pourtant ne pas remporter la victoire d’étape lors d’un sprint massif. C’est ce qui est arrivé au Français Christophe Laporte, jeudi. À Pau, le sprinteur français a atteint 70,4 km/h en pointe, mais a dû s’incliner face à son compatriote Arnaud Démare, qui n’a atteint «que» 67,5 km/h. Sur les 500 derniers mètres, en revanche, Démare a sprinté en moyenne à 63,5 km/h, le plus rapide devant Laporte et le Norvégien Alexander Kristoff (68,0 km/h en pointe).  AFP

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Greipel s’excuse

Auteur d’un tweet où il émettait des doutes sur les performances d’Arnaud Démare pour rentrer dans les délais de la 17e étape, l’Allemand André Greipel a présenté, toujours via Twitter, ses excuses au Français jeudi matin. «Je présente mes excuses à Arnaud Démare et Groupama-FDJ, parce que je n’avais pas le droit de faire ce tweet, basé sur le temps GPS, qui peut être incorrect. De plus, je n’avais pas le bon temps qu’il a perdu sur la dernière ascension. Je suis désolé. Leçon retenue : ne pas tweeter à propos de quelque chose auquel on ne participe pas», a réagi le «Gorille de Rostock», qui a abandonné le Tour avant la 12e étape la fameuse montée de l’Alpe d’Huez.  AFP