Le Britannique Christopher Froome, en jaune, a t-il volontairement poussé l'Italien Fabio Aru lors de l'étape de dimanche (en vert, à droite)?

Tour de France : Froome a-t-il volontairement poussé Fabio Aru?

Chris Froome a décrit les suggestions à l'effet qu'il avait volontairement bousculé son adversaire Fabio Aru pendant une étape du Tour de France comme étant «loufoques».
Froome, qui dispose d'une avance de 18 secondes sur Aru après neuf étapes, a déclaré pendant la première journée de repos, lundi, qu'il avait commis une seule erreur.
De nombreux observateurs croient que le Britannique a volontairement bousculé Aru pour venger la décision du champion italien de lancer une attaque au moment où Froome éprouvait un problème mécanique dans l'ascension du mont du Chat.
«C'était évident que je devais changer de vélo et il semble que Fabio Aru ait décidé d'accélérer à ce moment, a expliqué Froome dans un communiqué émis par l'équipe Sky. Je crois qu'il existe une loi non écrite dans le peloton qui stipule que si le meneur de la course éprouve un ennui quelconque qui l'empêche de poursuivre, alors le groupe doit éviter d'en tirer profit.»
Froome a éventuellement rattrapé Aru, mais il a dit que le contact avec le cycliste d'Astana était accidentel. «Après avoir rattrapé le groupe, nous sommes entrés dans une épingle et j'ai perdu mon équilibre et dérivé vers la droite, a-t-il évoqué. Aru s'est retrouvé là au même moment et il a glissé lui aussi. C'était un accident et je crois que Fabio était le premier à le reconnaître. Je me suis excusé immédiatement, sur la chaussée. Toute suggestion à l'effet que c'était un geste délibéré est complètement loufoque.»
L'étape de dimanche vers Chambéry a été ponctuée de nombreuses chutes. Parmi ceux qui n'ont pu rallier l'arrivée se trouve le coéquipier de Froome, Geraint Thomas, qui a dû déclarer forfait en raison d'une fracture du pelvis et de la clavicule, en plus d'une commotion cérébrale. «C'est un coup très dur à encaisser pour l'équipe», a reconnu Froome.
Deux atouts
Avec Aru, deuxième, et Jakob Fulgslang (cinquième) en embuscade, Astana se réjouit pour sa part d'avoir une paire d'atouts à jouer pour tenter de battre Froome. «Astana et moi, nous nous battrons jusqu'à la fin, c'est sûr», a assuré le Sarde.
«Froome est très fort, il l'a déjà démontré ces dernières années et sur ce Tour. Mais il y a encore deux semaines et tant de choses peuvent arriver, il y a encore beaucoup d'étapes difficiles. Jusqu'à la fin, un grand Tour est toujours ouvert», veut croire le champion d'Italie.
«Nous sommes arrivés au premier jour de repos de la meilleure des manières. Nous n'avons pas pris plus de risques que nous ne devions», s'est encore félicité l'Italien.
Mais maintenant, s'il veut aller chercher Froome, Aru va devoir en prendre. Et c'est là qu'Astana peut abattre la paire d'atouts que le Sarde forme avec le Danois, récent vainqueur du Dauphiné, alors que Froome a, lui, perdu son plus fidèle lieutenant, dimanche.
«Nous espérons pouvoir nous en servir comme d'un avantage, c'est l'idée depuis le début et c'est aussi ce que nous avons vu dans le Dauphiné. Froome ne peut pas courir après tout le monde. Mon retard fait qu'il ne se concentrera pas sur moi encore», souligne Fulgslang, dont le retard sur le maillot jaune est de 1 min 37 sec.
«Mais nous devons la jouer intelligemment. Nous sommes ici pour tenter de gagner le Tour et nous avons de bonnes chances de défier Froome», a-t-il affirmé.  Avec AP