Matteo Dal-Cin, de l'équipe Rally, a semé son dernier rival à un peu moins de cinq kilomètres de la fin pour terminer en solo.

Tour de Beauce: Dal-Cin dompte le monstre

L'ascension du mont Mégantic est un monstre qui avale les cyclistes, les mâche et les recrache sans vergogne. Mais Matteo Dal-Cin a dompté la bête, jeudi, remportant la deuxième étape du 32e Tour de Beauce.
«Je ne sais pas si c'est la plus grande victoire de ma carrière, mais c'est la plus excitante! J'ai eu des journées difficiles ici, Mégantic a été dur avec moi dans le passé. C'est un beau revirement que de gagner cette étape», a commenté le coureur d'Ottawa, après avoir mis fin à 169 km de dur labeur à partir de Lac-Mégantic.
Avant de lever les bras en guise de victoire et de mettre pied à terre à l'ombre de l'observatoire astronomique, Dal-Cin a pris le temps de taper dans la main de ses parents qui, arrivés en voiture de la capitale fédérale le matin même, l'attendaient à 200 mètres de l'arrivée. Les 3,9 derniers kilomètres de l'épreuve grimpent à 11,7 % d'inclinaison moyenne.
La passion du vélo lui coule dans le sang. Son père, Carlo, a fait de la piste et son grand-père, Eugenio Dal-Cin, a été organisateur de courses à Ottawa. Sa mère, Lynn, est aussi une cycliste aguerrie.
Malgré ses 6'5'' et 170 livres, loin du petit gabarit exigé d'un grimpeur, le membre de l'équipe Rally a fait oublier ses 15 minutes de retard au sommet en 2015 et 20 minutes en 2014. Au jour 2 de son quatrième Tour de Beauce, l'athlète de 26 ans a semé son dernier rival, Robin Carpenter, à un peu moins de cinq kilomètres de la fin pour terminer en solo.
Jouer à l'oreille
Jeudi matin, le grand Dal-Cin n'était pas le plan A de son directeur sportif Eric Wohlberg, lui-même champion du Tour de Beauce de 1995. Mais Rally a vu deux de ses hommes abandonner en cours de route, dont Emerson    Oronte, bon grimpeur et alors bien placé au classement général.
Vainqueur à Mégantic l'an dernier, son coéquipier Sepp Kuss devenait l'option de rechange. Sauf que Dal-Cin s'est retrouvé dans une échappée à six lancée à 55 km de l'arrivée, puis finalement à deux avec Carpenter. L'Ontarien la sentait bien. Tous les voyants étaient au vert.
«Avec le retrait d'Emerson, on l'a joué à l'oreille, sans trop de plan précis. On improvisait et j'ai réalisé que j'avais une chance pour l'étape», a expliqué le vainqueur, estimant que le beau temps et son retard de plus de 26 minutes encaissé avec la plupart des favoris la veille l'ont bien servi.
Kuss, habitué aux côtes abruptes de son Colorado natal, a pris le troisième rang de l'épreuve. Trois équipes ont chacune placé deux coureurs parmi les sept premiers de l'étape, soit Dal-Cin (1er) et Kuss (3e) de Rally, Carpenter (2e) et Taylor Eisenhart (4e) pour Holowesko et Keegan Swirbul (5e) et Jordan Cheyne (7e).
Jean perd le jaune
Swirbul, 21 ans seulement, lui aussi du Colorado, s'est ainsi emparé du maillot jaune de meneur au classement général. Vainqueur de la première étape, mercredi, le Trifluvien Émile Jean a terminé à 6 min 32 du gagnant et a chuté au 17e rang cumulatif, avec 4 min 40 de retard.
«Ça s'est passé comme je le pensais, je m'attendais à perdre le jaune», a reconnu Jean, pendant sa collation d'après-course. «C'est plaisant de porter le maillot jaune une journée et de te promener avec dans le peloton, mais Mégantic, c'est raide pour un gars de mon gabarit», a résumé le costaud de 23 ans.
Swirbul se réjouissait doublement de son succès, après une saison 2016 gâchée par une blessure au genou. Avec le contre-la-montre de vendredi matin, il entrevoit toutefois un meilleur avenir immédiat pour son coéquipier Cheyne, pour l'instant troisième au général, à 10 secondes de la tête.