Brady Tkachuk

Tkachuk veut faire honneur à la réputation de sa famille dans la grande ligue

BUFFALO, N.Y. — Avec un nom de famille comme le sien, la vie de Brady Tkachuk a sans surprise tourné autour du hockey.

Que ce soit les bris de fenêtre dans le sous-sol ou les bosses sur la porte de garage, en jouant avec son père Keith et son frère aîné Matthew, ou sa présence aux entraînements des Blues, le joueur de 18 ans a beaucoup de souvenirs de sa jeunesse à St. Louis.

«Nous allions sur la patinoire pour nous entraîner et des joueurs comme David Perron, David Backes et T.J. Oshie venaient nous rejoindre, a mentionné Brady Tkachuk, samedi, lors des tests physiques de la LNH. Ces joueurs passaient leur temps à patiner avec Matthew et moi et à nous passer la rondelle. Ce sont de bons souvenirs.»

Keith Tkachuk était considéré comme un des meilleurs joueurs américains de l’histoire de la LNH lorsque sa carrière a pris fin en 2010. À 20 ans, Matthew vient déjà de compléter sa deuxième saison dans le circuit Bettman, avec les Flames de Calgary.

Au rythme auquel Brady se développe, il est fort possible qu’il vive d’autres moments mémorables dans un avenir rapproché.

À six pieds trois pouces et 196 livres, Tkachuk est classé au deuxième rang des patineurs nord-américains répertoriés par la Centrale de recrutement de la LNH. Ça lui permettrait de se hisser parmi le top-5 lors du prochain repêchage de la LNH, qui se déroulera le 22 juin à Dallas.

Comme son père, Tkachuk possède une belle combinaison de jeu physique et d’une capacité à bien distribuer la rondelle. Il a inscrit huit buts et 31 points en 40 parties à sa première année à l’Université de Boston.

Il a aussi fait preuve de leadership alors qu’il était le capitaine de l’équipe des États-Unis ayant remporté la médaille de bronze lors du dernier Championnat mondial de hockey junior.

«C’est un joueur complet qui peut avoir un impact dans toutes les situations, avec ou sans la rondelle, a mentionné Dan Marr, le directeur de la Centrale de recrutement de la LNH. Il sait ce qu’il doit faire et il n’a pas peur de se salir le nez. Il a également du talent et de la finesse pour jouer un style qui peut aider à faire gagner des matchs.»

Le Championnat mondial de hockey junior a permis à Tkachuk de faire écarquiller les yeux parce qu’il a fini au cinquième rang des meilleurs pointeurs du tournoi avec neuf points. Cet élan s’est poursuivi dans la deuxième moitié de sa saison universitaire, au cours de laquelle il a obtenu quatre buts et 17 points dans les 21 dernières parties des Terriers, qui ont gagné le tournoi de la section Hockey East pour seulement une huitième fois.

Tkachuk estime qu’il s’est amélioré en apprenant à jouer contre des adversaires plus âgés que lui.

«J’étais habitué à gagner les batailles dans la USHL parce que les joueurs avaient mon âge, mais c’était différent contre des joueurs de 23 ans, a-t-il souligné. Plutôt que de simplement utiliser mon corps, je devais utiliser ma tête aussi. Je devais être plus rusé qu’eux.»

Ce qui ressort de Tkachuk, c’est sa personnalité extravertie.

Il n’avait d’ailleurs pas peur de blaguer lors des entrevues d’avant repêchage en disant qu’il était plus beau que d’autres joueurs. Et il y a cette photo de lui qui l’accompagne lors des tests physiques, sur laquelle on le voit faire un petit sourire en coin.

«J’adore ce rictus, a indiqué Tkachuk. Je l’ai déjà fait auparavant et plusieurs personnes trouvent ça drôle. Ce n’est que le reflet de ma personnalité.»

Motivation paternelle

Tkachuk ne semble pas importuné à l’idée d’être à la hauteur de son nom de famille. C’est tout le contraire pour lui, car il s’en sert comme motivation pour égaler ce que son père a accompli, en devenant le cinquième meilleur pointeur américain de l’histoire (1065), et suivre les traces de son frère, qui a déjà récolté 37 buts et 97 points en 144 matchs avec les Flames.

Cette compétition familiale pourrait s’amorcer lors de la première ronde du repêchage. Brady a l’occasion d’être sélectionné à un meilleur rang que son père (19e en 1990) et son frère (6e en 2016).

Toute la famille accepterait cette situation, selon Keith.

«J’adorerais ça, a-t-il affirmé. Matthew aimerait ça parce qu’il ne veut pas rester assis dans les estrades trop longtemps.»

Brady a rigolé en disant que le fait d’être repêché par les Oilers d’Edmonton pourrait causer un problème parce que ça voudrait dire que les deux frères seraient au coeur d’une intense rivalité albertaine entre les Oilers et les Flames.

«Nous en avons parlé dans la famille. Ce serait très bien, mais ce serait très stressant pour ma mère», a-t-il conclu.