Devant 12 957 spectateurs acquis à sa cause, le Rouge et Or (3-1) s'est arrogé difficilement l'exclusivité du deuxième rang au classement du football universitaire québécois, en plus de prolonger à 28 sa série de victoires contre Concordia (2-2), qui n'a pas vaincu Laval depuis 2003.

Tiède victoire du R et O dans la chaleur

Dans la chaleur accablante du stade de l'Université Laval, le Rouge et Or a soutiré une tiède victoire de 12-8 aux Stingers de Concordia, dimanche après-midi. Victoire à saveur de défaite pour Glen Constatin.
«J'espère qu'on pourra apprendre la leçon sans avoir à payer le prix. On n'a pas payé le prix aujourd'hui, on a été capable de gagner. Mais tu dois être conscient et te regarder dans le miroir. Si tu te prépares comme on l'a fait cette semaine, c'est garanti que ces performances-là arrivent.
«Va falloir se reprendre en main et arrêter de se trouver des excuses», a commenté l'entraîneur-chef du Rouge et Or, après avoir vu l'adversaire louper une passe dans la zone des buts sur le tout dernier jeu du match. Ouf.
Devant 12 957 spectateurs acquis à sa cause, le Rouge et Or (3-1) s'est tout de même arrogé l'exclusivité du deuxième rang au classement du football universitaire québécois, en plus de prolonger à 28 sa série de victoires contre Concordia (2-2), qui n'a pas vaincu Laval depuis 2003.
Mais cela a été tout sauf facile. D'aucuns s'attendaient à voir les locaux sortir en lions, conséquence de leur revers précédent face aux Carabins, à Montréal. Mais il n'en fut rien.
Les visiteurs ont dominé la première demie : temps de possession 20 min 30 contre 9:30, 42 jeux offensifs contre 24, 13 premiers jeux contre 6.
L'attaque du Rouge et Or n'allait nulle part et doit son seul touché du match, premier pour Simon Gingras-Gagnon en trois saisons à l'UL, à l'interception de Kevin McGee. Le maraudeur lavallois a ramené le ballon sur 71 verges pour le majeur, aussitôt annulé par pénalité. Mais trois passes plus tard et Gingras-Gagnon célébrait avec ses coéquipiers.
Le Rouge et Or a conclu l'après-midi en déficit de 439-293 au chapitre des verges nettes gagnées, 24-15 pour les premiers essais et 71-53 pour les jeux réalisés par leur unité offensive.
«C'est rare que je dis ça, mais ça va prendre une meilleure production de notre offensive, a admis Constantin. Même si ce n'est pas des points ou même des verges, mais juste des premiers essais pour écouler un peu de temps pour qu'on récupère. Et c'était encore plus vrai une journée comme celle-ci avec la chaleur», a indiqué le patron, constatant de plus que sa ligne offensive a été dominée.
Points perdus
De l'autre côté, le seul sourire de Mickey Donovan allait à la mère de Constantin. Autrement, l'entraîneur-chef des Stingers n'en avait que faire d'une victoire morale.
Surtout après un placement raté de 13 verges, qui n'a même pas valu un simple puisque le ballon a frappé le poteau, et une interception à 12 verges des buts sur la première action de son quart remplaçant. Juste là, six points perdus.
Donovan ruminait de plus certaines décisions des officiels. Comme un possible plaqué à la tête non pénalisé sur l'avant-dernier jeu du match et le fait que Concordia croyait disposer d'encore un peu de temps après l'ultime passe ratée.
«Plusieurs vont dire : "Concordia a donné un très bel effort et tout, non?" Mais pour moi, il faut gagner. On aurait dû gagner», pestait-il, après être passé si près.
«Je coache pour gagner des matchs et ils arbitrent pour garder la compétition la plus juste possible sur le terrain. S'ils sont à ce niveau, c'est qu'ils sont bons. On a que nous-mêmes à blâmer, on n'a pas marqué nos points quand il le fallait», a résumé Donovan qui, au troisième quart, a dû remplacer son quart-arrière partant Trenton Miller pour cause de commotion cérébrale.
Son remplaçant, Adam Vance, un Américain comme Miller, a été intercepté deux fois par Adam Auclair. Les trois interceptions de McGee et d'Auclair auront finalement fait pencher la balance dans le camp des locaux.
Une attaque ébranlée
Dimanche, l'attaque au sol du Rouge et Or en a arraché avec seulement 105 verges de gains nets contre 210, le double, pour les Stingers.
«La moindre petite affaire en ce moment semble ébranler le groupe.»
Le constat est clair. Justin Ethier ne savait plus à quel saint se vouer, dimanche, en observant du haut de la galerie l'horrible performance de son attaque. «Aucun rythme», «décalés» (out of sync), «vraiment rien, rien, rien ne fonctionnait aujourd'hui», a-t-il d'emblée admis aux journalistes, une fois redescendu sur le terrain. «Il y avait toujours quelqu'un qui faisait une erreur majeure.»
Tant et tellement que le coordonnateur offensif du Rouge et Or songe à réduire l'épaisseur de son cahier de jeux, s'il le faut.
Des surprises de la part des Stingers? «Tout ce que Concordia fait, c'est la même chose qu'ils ont faite cette année. C'est la même chose qu'ils faisaient l'année passée, c'est la même chose qu'ils faisaient il y a deux ans, c'est la même chose qu'ils faisaient il y a quatre ans. C'est la même chose qu'ils faisaient quand les Donovan étaient à McGill! Donc, on le sait, ce qu'ils font. Nous, les coachs, on le savait. Mais clairement, une couple de nos joueurs sur certaines situations ne le savaient pas.»
L'attaque au sol du Rouge et Or en a arraché avec seulement 105 verges de gains nets contre 210, le double, pour les Stingers. Les porteurs de l'UL, Vincent Alarie-Tardif, auteur de 39 verges en 9 portées, et Christopher Amoah, 25 en 7, ont été surpassés par leurs rivaux Jean-Guy Rimpel, 102 en 19, et Glody Musangu, 56 en 11. «Leur front a définitivement remporté la bataille haut la main sur notre front offensif», n'a pu que constater Ethier.
Qui a eu espoir de renouveau au début de la deuxième demie avec une série à l'attaque de neuf jeux en 3 min 45 pour 76 verges et un placement de 11 verges. Mais avec un premier essai et les buts de la ligne de cinq verges, le coordonnateur offensif s'attendait à plus.
Au lieu de quoi un jeu au sol destiné à Alarie-Tardif, qui n'a même pas regardé le quart-arrière Hugo Richard, s'est transformé en sac et perte de quatre verges. Laval est dernier au Québec avec déjà 11 sacs encaissés.
«C'est encore quelque chose où on a l'air d'une gang de fous! jette Ethier. Un gars fait une erreur, et ce n'est pas Hugo, sur une situation qu'on travaille depuis le premier jour du camp. Ce n'est pas acceptable! On a l'air d'une offensive qui manque de rythme, mais c'est un individu sur chaque jeu, pas toujours le même, qui fait foirer l'affaire.»
Auteur de 20 passes complétées en 27 tentatives (74 %) pour 215 verges et un touché, Richard admet qu'«on aurait pu facilement marquer [sur ce jeu] et ç'aurait fait du bien à l'équipe. Mais il y a eu des erreurs comme ça tout au long du match. On ne s'est pas présentés», a tranché le pivot de quatrième année.
De nature positive, Ethier rappelle qu'à pareille date l'an passé, «on revenait d'un match à Mount Allison où l'attaque avait été épouvantable. Et en 2013, après quatre matchs, c'était un désastre.» Laval a gagné la Coupe Vanier les deux années. «Je ne suis pas content, mais je ne suis pas paniqué ni découragé. On va travailler», conclut Ethier.
Même si elle n'a accordé que huit points, la défensive aussi devra apporter quelques réglages. Avec 391,5 verges allouées en moyenne par rencontre, le Rouge et Or se classe troisième au Québec derrière Montréal et Concordia.
McGee au coeur du débat
Dans un match où la défensive a permis au Rouge et Or de se sauver avec la victoire, Kevin McGee a été à l'avant-scène plus d'une fois. 
Le maraudeur s'est d'abord mis en évidence au premier quart avec une interception officiellement ramenée sur 56 verges, les 15 autres verges et son majeur étant annulés par une pénalité discutable, à son avis. Ce jeu a quand même mené au seul touché de la journée. 
Puis en toute fin de rencontre, sur l'avant-dernier jeu, son violent plaqué sur le receveur James Tyrrell n'a pas été pénalisé même si certains y ont vu un plaquage à la tête.
«C'est une victoire d'équipe, mais on est conscient que notre attaque devra en faire plus si on veut aspirer au championnat», a reconnu McGee. «Ça n'a pas la saveur d'une défaite, mais pas loin. Ce n'est pas une victoire qui nous rend heureux. Personne n'a le sourire dans la face en ce moment. Mais on a tenu le coup jusqu'à la fin et c'est ce qui est important», a conclu celui qui a refusé de se prononcer sur la légalité de sa mise en échec aux dépens de Tyrrell, ajoutant toutefois que le receveur des Stingers avait échappé le ballon en frappant le sol. Ce que les arbitres n'ont pas vu.
La patience de Gingras-Gagnon récompensée
Simon Gingras-Gagnon (83)
Jour de premières, dimanche, pour Simon Gingras-Gagnon. Après presque trois ans d'attente, le numéro 83 a enfin touché au ballon. Et de façon spectaculaire : le centre-arrière en était à son premier départ avec le Rouge et Or, il a capté sa première passe pour l'équipe et aussi inscrit son premier touché, le seul du match. Un jeu de cinq verges. La dernière fois que l'athlète de Québec avait réussi un majeur dans les rangs universitaires, il portait l'uniforme des Redmen de McGill, en 2014. «J'étais plus excité que nerveux, je savais où je m'en allais», a-t-il commenté, à propos de la préparation du jeu en question. Vous ne serez pas surpris d'apprendre qu'il a été le dernier joueur à quitter le terrain, de très longues minutes après le sifflet final.
Miller retiré par sécurité
Le retrait du pivot partant de Concordia, Trenton Miller, après un dur plaqué de Gabriel Ouellet, au troisième quart, constitue un moment décisif. Dans la dernière minute et 44 secondes, son remplaçant, Adam Vance, a mené les Stingers dans une série de 92 verges pour frapper à la porte de la victoire, mais le Californien avait au préalable été intercepté à deux reprises, dont la première à 12 verges des buts. Pourtant, après avoir été examiné par le personnel médical de l'équipe pour détecter une commotion cérébrale, Miller a été retourné sur le terrain, puis retiré à nouveau au terme d'une seule série offensive. «Peut-être qu'il aurait pu continuer à jouer», a reconnu l'entraîneur Mickey Donovan. «Mais je ne mettrai jamais la vie de l'un de mes jeunes en jeu pour gagner un match. Même si j'aime vraiment gagner! Trenton avait le feu vert médical, mais je ne suis pas sûr qu'il était revenu à 100 %, alors ç'a été notre décision d'ensuite le garder sur le banc», a tranché le patron des Stingers.