Originaire de Québec, le garde Thiery Taillon, qui dispute une quatrième saison avec les Stingers, a appris à laisser son admiration pour le Rouge et Or de côté.

Thiery Taillon, le chaud partisan devenu ennemi

Natif de Québec, Thiery Taillon a grandi dans l’entourage du Rouge et Or, dont il était un chaud partisan. Garde sur la ligne offensive des Stingers depuis quatre ans, ses idoles d’autrefois, qu’il affrontera pour une deuxième fois cette année samedi à Concordia, sont cependant devenus des ennemis sur le terrain.

«C’est toujours spécial, car j’ai grandi en les voyant gagner plusieurs Coupes Vanier et des championnats presque sans fin. C’était un peu un rêve d’enfant de jouer pour eux, mais avec le temps, on s’habitue à être dans l’équipe adverse», racontait-il en entrevue téléphonique après l’entraînement des Stingers mercredi.

«J’avoue que les premières fois, c’était plus un stress d’affronter Laval. C’est que non seulement j’avais été partisan du Rouge et Or, mais plusieurs de mes coachs au secondaire et au collégial étaient des anciens de Laval», explique le produit des Élans de Garneau dont le frère Louis, ailier défensif, a joué deux saisons à Concordia avant de terminer sa carrière à Laval.

«Moi, c’est l’ancien coach Pat Donovan qui m’avait convaincu d’aller à Concordia. Il m’avait appelé, j’avais visité et j’avais vraiment trippé», poursuit Taillon. «C’était une ambiance de famille et je voyais que les Donovan [Pat et son frère Mickey] avaient réussi à remonter le programme à Concordia. C’était un beau défi pour moi de faire partie de cette reconstruction.»

Les résidents de la capitale ne sont pas légion chez les Stingers. L’équipe a accueilli cette année Jacob Salvail, une recrue qui provient du Notre-Dame du Campus Notre-Dame-de-Foy. Taillon voit d’ailleurs beaucoup plus de visages qui lui étaient familiers au collégial de l’autre côté du terrain quand il affronte le Rouge et Or. 

«Félix Bamrounsavath, Jacob Veilleux, Antoine Bernier, Philippe Ouellet, Nicolas Viens... ce sont tous mes anciens coéquipiers à Garneau! Ça fait spécial, car je n’avais jamais joué contre ces gars-là avant le football universitaire et, maintenant, je suis censé les haïr!» lance en riant le colosse de 6’2” et de 320 livres.

«Il avoue ne pas revoir ses ex-coéquipiers durant la saison morte, qu’il passe à Montréal pour rester près des Stingers. «Après les matchs contre le Rouge et Or, on se dit quelques mots, on prend des nouvelles... parfois même sur le terrain, on se lance quelques pointes!»

Manque de constance

Avec deux victoires et deux défaites, les Stingers sont présentement en troisième place de la conférence du Québec. Après un revers de 74-3 contre les Carabins de l’Université de Montréal, Taillon avoue cependant que son équipe a de la difficulté à être constante.

«Notre défi, c’est de jouer un match complet. Contre Montréal, en revenant de la demie, on ne s’est pas présenté sur le terrain. Ça a été la même chose contre Sherbrooke et McGill, même si on a gagné», poursuit le joueur de quatrième année, qui se sent une responsabilité auprès de ses coéquipiers.

«La responsabilité retombe toujours sur les épaules des vétérans, il faut savoir se lever pour regrouper l’équipe», poursuit-il, sachant fort bien que le prochain affrontement contre Laval ne sera pas du gâteau. «Les Carabins et le Rouge et Or, c’est certain que c’est une succession de semaines difficiles, mais peu importe l’équipe, ça se joue sur le terrain et un upset peut toujours se présenter.»

D’ailleurs, Taillon ne détesterait pas du tout pouvoir tirer la pipe à ses anciens camarades après les avoir battus. «Ça, j’aimerais vraiment ça! Gagner, c’est toujours l’objectif, mais j’avoue qu’il y a toujours ce petit plus quand c’est contre Laval.»

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Après avoir évolué pendant deux saisons au poste de garde, Samuel Lefebvre a la chance cette saison de revenir à son position naturelle de centre.

SAMUEL LEFEBVRE ENFIN AU CENTRE

Recruté par le Rouge et Or comme centre, Samuel Lefebvre avait évolué comme garde à ses deux premières saisons en raison d’une blessure à une main. Cette année, sa blessure guérie et avec le départ du vétéran Louis-Gabriel Beaudet, l’ancien des Faucons de Lévis-Lauzon est revenu à sa position fétiche.

«Ça va très bien cette année. Je voulais prendre davantage un rôle de leader à ma troisième saison, mais j’avoue que les autres joueurs ont également le don de me rendre la vie plus facile», expliquait jeudi celui qui remet le ballon au quart Hugo Richard.

«Nous avons une bonne ligne offensive et Hugo continue de me surprendre chaque semaine», a ajouté Lefebvre au sujet son coéquipier, qui a complété 28 de ses 30 passes contre les Redmen de McGil, dimanche. «Nous avons aussi beaucoup de porteurs de ballon de talent. Chris [Amoah] a profité beaucoup de son expérience cet été avec les Eskimos d’Edmonton et Vincent Breton-Robert, il fait des choses impressionnantes sur le terrain.»

Lefebvre a très bien réalisé la transition entre le poste de garde et celui de centre, cette année. «Athlétiquement, je ne fais pas 6’5”, mais je connais la game et j’ai beaucoup de fierté dans mon travail», a expliqué le joueur de 6’2”, qui avait également passé une seule année comme centre avec les Faucons, sa première, pour ensuite devenir plaqueur à ses deux dernières saisons.

À l’approche du second duel de la saison contre Concordia, samedi, Lefebvre estimait que le R et O devra prendre exemple sur les Carabins de l’Université de Montréal, qui ont réussi à courir contre la défensive des Stingers. «Les partants de Concordia ont fini par se fatiguer... Il ne faut pas trop se poser de question et aller dans la même direction. Mais les Stingers ont des gars qui ont de bonnes charpentes, alors il faudra s’y préparer. Ce ne sera pas a walk in the park.