Propriétaire d’une boucherie, le Mexicain Carlos Jerez (à droite) a tout pour plaire à son adversaire de samedi, Vincent Thibault, qui ne cache pas son intérêt pour la bouffe. Ironiquement, vendredi, le gros mangeur a fait le poids, mais pas son adversaire...

Thibault le mangeur contre Jerez le boucher

Dans d’autres circonstances, Vincent Thibault et Carlos Jerez pourraient être amis. Ils jaseraient bouffe. L’Argentin est propriétaire d’une boucherie et le Québécois adore manger. Mais samedi, dans le ring, ce sera autre chose.

Élevé à Charlesbourg, Thibault jouit d’un bruyant fan-club qui se fera entendre samedi soir dans le Centre Vidéotron. Mais Thibault et ses partisans devront au minimum le respect à Jerez. Ne serait-ce que pour sa longue feuille de route.

Âgé de 39 ans, le résident de Cordoba affiche 70 combats professionnels. Et pas les moindres. Il a affronté quatre anciens ou futurs champions du monde : son compatriote Raul Balbi (2005), le Mexicain Saul «Canelo» Alvarez (2008), l’Australien Anthony Mundine (2010) et l’Ukrainien Vyacheslav Senchenko (2013).

Plus d’autres gros noms comme l’Italien Leonard Bundu et Lucas Matthysse, aussi Argentin. Juste en 2002, Jerez avait livré 10 combats. Plus récemment, en 2016, il a dû abandonner contre l’espoir australien Zac Dunn, alors invaincu en 21 combats et maintenant classé 13e de la WBO.

Ses affrontements contre Matthysse et Alvarez, la même année, sont ceux dont il est le plus fier. Deux défaites par décision au bout de 10 rounds. C’était il y a 10 ans. Canelo, qu’il considère comme le meilleur au monde, n’avait alors que 17 ans et était en pleine ascension. Le dernier combat du Mexicain roux avant de mettre les gants une première fois aux États-Unis.

Bientôt 18 ans que Jerez roule sa bosse sur la planète boxe. Le Canada est le huitième pays où il se produit, peut-être le dernier.

«J’approche de mon dernier combat, à cause de l’âge», a-t-il confié au Soleil vendredi, après la pesée, par le biais d’une gentille traductrice. Il a un enfant de huit ans et doit s’occuper de son magasin de viande et de sa compagnie de taxi. «Je ne laisserai pas ma marque dans la boxe parce que je ne m’y suis jamais dévoué à 100 %. J’avais toujours mes autres boulots à m’occuper», explique-t-il, sans regret.

En juin 2013, Jerez devait affronter Kevin Bizier à Montréal, mais la gloire de Saint-Émile s’était tordu une cheville à deux semaines du combat et leur duel avait été annulé. Coïncidence, il affronte cinq ans plus tard un élève de la famille Bizier, Thibault, qui a grandi en admirant Kevin et été formé par le père, Rémi.

Gare aux sushis

Parlant de bouffe, Jerez n’a pas fait le poids, vendredi. Trop lourd de trois livres, 168 au lieu des 165 au contrat. Les Argentins avaient demandé au clan Thibault jeudi de hausser la barre à 166 livres, ce qui a été refusé. Le combat aura quand même lieu.

«C’était important pour nous de faire 165, car mon objectif est de descendre progressivement à 160 livres. Et ça me fait 20 % de sa bourse dans mes poches», a commenté Thibault. Qui se fait une fierté de respecter le poids, surtout qu’il «aime bien une deuxième assiette. Pis une troisième et quatrième, je suis capable».

À son troisième combat, en février, à Shawinigan, Thibault s’était claqué une assiette de 30 sushis à cinq heures de monter dans le ring. À ne pas refaire. Cette fois, un ami, Alex Fecteau, a passé la journée de vendredi à ses trousses pour l’obliger à respecter le protocole de réhydratation prescrit par une nutritionniste.

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