Depuis cinq jours les manifestations se multiplient aux États-Unis pour dénoncer la violence policière envers les noirs. 
Depuis cinq jours les manifestations se multiplient aux États-Unis pour dénoncer la violence policière envers les noirs. 

Tensions raciales: il faut «passer à l'action» dit Roger Goodell 

NEW YORK — Le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a déclaré «qu'il y a un besoin urgent de passer à l'action» à la suite de la mort de George Floyd à Minneapolis et des manifestations qui ont suivi à travers les États-Unis.

De New York à Los Angeles, et dans de nombreuses villes entre les deux, des milliers de personnes ont manifesté contre la mort de Floyd et les nombreux crimes des policiers à l'endroit d'hommes de race noire. Floyd était un homme noir menotté qui est décédé lundi à Minneapolis quand un policier blanc lui a enfoncé un genou dans le cou et l'a maintenu au sol pendant plus de longues minutes même une fois qu'il ne bougeait plus et qu'il signalait qu'il n'arrivait plus à respirer.

L'agent Derek Chauvin, 44 ans, a été accusé de meurtre.

La mort de Floyd a provoqué de vives réactions à travers les États-Unis et plusieurs membres du monde du sport - incluant des athlètes, des entraîneurs et des dirigeants - ont exprimé leur opinion au cours des derniers jours.

«Comme le démontre ces événements tragiques, nous avons encore beaucoup de chemin à faire comme pays et comme ligue, a dit Goodell dans un communiqué, samedi. Ces tragédies façonnent l'engagement de la NFL et ses efforts. Il y a un besoin urgent de passer à l'action. Nous sommes conscients de la puissance de notre plateforme dans les communautés et de sa place dans la société américaine.

«Nous acceptons cette responsabilité et nous sommes engagés à continuer le travail important de faire face aux enjeux systémiques en collaboration avec les joueurs, les équipes et nos partenaires.»

Goodell a ajouté que les manifestations «reflètent la douleur, la colère et la frustration de tellement d'entre nous». Il a aussi offert ses condoléances à la famille de Floyd, ainsi qu'à celles de Breonna Taylor, à Louisville, et d'Ahmaud Arbery, en Georgie. Taylor, 26 ans, a été abattue par des détectives qui ont cogné à sa porte le 13 mars. Arbery, qui était le cousin du demi de sûreté des Lions de Detroit Tracy Walker, était un homme noir de 25 ans qui a été abattu par deux hommes blancs alors qu'il courait dans son quartier.

Le directeur de l'Association des joueurs de la NFL, DeMaurice Smith, a envoyé une lettre à tous les joueurs de la ligue samedi, abordant les événements.

«Le pays souffre, il y a de l'incertitude et un danger, a écrit Smith. Il est aussi évident que la douleur, partagée par tellement de personnes, fait plus mal à certains pour des raisons historiques. Il est aussi mal d'ignorer cette douleur que de l'utiliser pour fair mal aux autres.»

L'entraîneur-chef des Pistons de Detroit, Dwane Casey, a aussi publié une déclaration.

«Il y a 54 ans, j'étais un garçon de 8 ans qui habitait en campagne au Kentucky quand les écoles ont cessé d'être ségrégées, a dit Casey. Je me suis rendu dans une école de blancs où je n'étais pas voulu ou le bienvenu. À l'époque, il n'y avait pas de téléphones cellulaires pour filmer comment j'étais traité, pas de stations de télévision en diffusion continue, pas de réseaux sociaux pour démontrer comment les choses se passent vraiment ou pour m'appuyer ou condamner les gestes. Mais je me souviens exactement comment je me sentais à 8 ans. Je me sentais impuissant. J'avais l'impression de ne pas être vu ou entendu ou compris. Quand je vois les événements dans les jours qui ont suivi le meurtre de George Floyd à Minneapolis, une ville où j'ai été entraîneur et que j'ai déjà appelé mon chez-moi, je vois que beaucoup de personnes continuent de ressentir les mêmes choses - impuissants, frustrés, invisibles, en colère. Je comprends l'outrage parce qu'on dirait que la liste continue de s'allonger: Ahmaud Arbery, Breonna Taylor, George Floyd. Les injustices continuent de s'accumuler et rien ne semble changer.

«Cinquante-quatre ans plus tard, mon fils est âgé de 8 ans et je regarde le monde dans lequel il grandit et je me demande si les choses ont vraiment changé. À quelle fréquence est-il jugé au premier regard? Grandit-il dans un monde où il est vu, entendu et compris? Se sent-il impuissant? Sera-t-il traité comme George Floyd ou Ahmaud Arbery? Qu'avons-nous vraiment fait en 54 ans pour rendre le monde de ce garçon de 8 ans meilleur que celui dans lequel j'ai vécu? Nous devons être meilleurs et mieux agir.»

En Allemagne, l'international américain Weston McKennie, du FC Schalke 04, portait un brassard en référence au décès de Floyd. Le milieu de terrain avait écrit «Justice pour George» sur un ruban blanc collé autour de son bras gauche.