Julien Gagnon, Marc-Édouard Vlasic et Patrick Roy étaient bien heureux de souhaiter la bienvenue au gardien Kevyn Brassard dans la grande famille des Remparts.

Tanguay a revu le même Patrick Roy aux assises de la LHJMQ

La glace est brisée! Patrick Roy a apprécié chaque minute des assises et du repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, ces derniers jours, à Shawinigan. «Oui, ça me manquait. C’est pour cela que je suis revenu, d’ailleurs», admettait l’entraîneur-chef et directeur général des Remparts de Québec avant de rentrer dans la Capitale, samedi.

Le plaisir des négociations, la fébrilité du repêchage, Roy était dans son élément malgré une absence de cinq ans.

«Comme retour, c’était tranquille. Ce n’est pas une journée facile pour l’organisation lorsqu’on n’a pas de choix dans les deux premières rondes. Pendant la première, j’ai essayé d’avoir un premier choix, mais c’était compliqué et nous n’avions pas la profondeur pour s’investir dans une transaction», indiquait-il.

Roy a donc fait le plein de choix pour 2019 en soulignant l’ouverture de son dépisteur-chef d’avoir accepté de sacrifier un choix de quatrième ronde, samedi. Il se retrouve avec 12 choix dans les sept premières rondes en 2019, du jamais vu chez les Remparts.

«L’an prochain, nous avons des choix dans les rondes 1-2-4-4-5-5-5-6-6-6-7-7…Je suis quasiment essoufflé d’en parler! Ça me donnera un peu plus de marge de manoeuvre», soulignait le nouvel architecte des Remparts.

Si Roy a eu beaucoup de plaisir à s’intégrer à nouveau au milieu de la LHJMQ, il en allait tout autant pour son ami, Jacques Tanguay. Le président des Remparts a revu le même homme, passionné.

«C’est comme s’il n’avait jamais arrêté. Dès le lendemain de son embauche, son tableau pour les cinq prochaines années était fait, il connaissait déjà tous les joueurs. Notre plus grande motivation est de gagner la Coupe Memorial. Si on l’a fait une fois [en 2006], pourquoi ne pourrait-on pas le faire deux fois?On ne le fera pas l’an prochain, mais il s’agit d’une saison importante, on rebâtit», confiait Tanguay à la table des Remparts sur le parquet du repêchage au Centre Gervais Auto.

L’exemple de Kurashev

Tanguay cite en exemple la démarche de Roy auprès du Suisse Philipp Kurashev, qui reviendra pour une troisième saison à Québec même s’il avait planifié ne jouer que deux ans avec les Remparts.

«À la fin de la saison, Philipp nous avait dit qu’il ne reviendrait pas. Patrick ne lui a pas envoyé un courriel pour lui demander de revenir, il a discuté avec lui, ses agents, dont Igor [Larionov]. Dans ce dossier, j’ai revu le compétiteur qu’il était, celui qui n’abandonne jamais, qui redouble d’efforts jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut», confiait Tanguay.

Celui qui a fait renaître les Remparts, en 1997-1998, en compagnie de Roy et de Michel Cadrin, a eu l’impression que la famille rentrait à la maison. «Marc-Édouard Vlasic a passé la fin de semaine avec nous et la journée du repêchage à notre table, alors qu’il aurait bien pu faire autre chose. Partout, j’ai entendu de belles choses sur le retour de Patrick.»

Personne n’a tordu un bras au défenseur des Sharks de San Jose pour être présent à Shawinigan. Au banquet du commissaire, jeudi, il était à la table des Remparts, en compagnie de Roy et de Guy Lafleur. À leur façon, chacun a marqué l’histoire des Diables rouges.

«Quelle belle fin de semaine dans la @villeshawinigan. Ce fût un grand plaisir de faire partie du repêchage de la @LHJMQ. Merci aux @Cataractes_Shaw pour votre accueil et merci à ma famille de hockey, les @quebec_remparts», écrivait-il sur son compte Twitter, un message en ligne droite avec les liens tricotés serrés entre Roy et les anciens des Remparts.

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UN RETOUR QUI FAIT L'UNANIMITÉ

Croisés ce week-end en marge des assises de la LHJMQ, Martin Mondou (Cataractes de Shawinigan) et Mario Pouliot (Titan d’Acadie-
Bathurst) se réjouissaient de revoir Patrick Roy dans la LHJMQ. Une bonne nouvelle pour les Remparts, les partisans des Remparts et la Ligue dans son ensemble, selon eux.

Déjà, la sortie de Roy pour inviter le circuit Courteau à cesser d’être modeste et de crier haut et fort ses bons coups était de la musique aux oreilles de Mondou. «Patrick revient avec toute la passion qu’on lui connaît, pour les bonnes raisons. Je l’appuie à 100 % dans ce qu’il a dit», notait le directeur général des Cataractes.

Celui-ci rigole lorsqu’on lui rappelle qu’il a déjà eu ses moments de friction avec Roy dans le passé, souvent par médias interposés. «Ça va juste coûter plus cher d’amende pour les Cataractes et les Remparts... Blague à part, on s’est déjà obstiné, lui et moi, ça fait partie du jeu. Ce n’est pas quelque chose qui l’empêchait de dormir, ni moi, d’ailleurs. Les Remparts joueront à notre classique hivernale, en février, ce sera un plus que Patrick soit là.»

Récent vainqueur de la Coupe Memorial, Pouliot vantait les qualités d’entraîneur-chef de Roy, et aussi celles d’Éric Veilleux, récemment nommé à Halifax, qui sera l’hôte du tournoi de la Coupe Memorial en mai 2019.

«Il s’agit de deux gars qui ont une identité, de l’aura, ils dégagent quelque chose. Mais surtout, ce sont deux très bons entraîneurs, ils vont rehausser encore plus le niveau d’excellence que l’on retrouve déjà dans notre ligue. Je peux te confirmer que la première fois que tu affrontes Patrick Roy, c’est quelque chose, mais après, tu t’habitues.»

Pouliot avait aussi une pensée pour ceux qui tournaient la page sur la LHJMQ, pour diverses raisons. «Perdre Philippe Boucher, c’est plate. Quelle bonne personne, il n’était pas dans le hockey pour sa gloire personnelle, je suis convaincu qu’on va le revoir. Les promotions de Dominique Ducharme et Joël Bouchard dans la LNH et la LAH donnent encore plus de crédibilité à notre ligue, ça prouve qu’on peut faire ses classes dans le junior et aspirer à monter les échelons», ajoutait celui qui remerciait son dg Sylvain Couturier de lui avoir donné sa deuxième chance dans la LHJMQ.

Après avoir été remercié à Baie-Comeau, où il se disait quand même fier du travail accompli, Pouliot a refait ses classes comme adjoint à Rouyn-Noranda avant de mettre le cap vers Bathurst. Il a rejoint le groupe sélect des coachs ayant remporté la Coupe Memorial et qui inclut notamment Roy, Veilleux et Ducharme. 

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VERMETTE ET ROY DÉJÀ COMPLICES

Christian Vernette et Patrick Roy ont développé une belle complicité depuis le retour de l’ex-gardien de but à la barre des Remparts.

Après avoir misé sur deux gardiens de but parmi leurs quatre choix initiaux, les Remparts de Québec ont sélectionné deux Américains à la fin du repêchage de la LHJMQ, samedi à Shawinigan, et ce, même si une séance réservée aux espoirs des États-Unis est prévue, lundi matin.

Reste à voir si les attaquants de 15 ans Alexander Teleguine (Thayer Academy) et Matthew Berniers (Milton Academy) enfileront un jour l’uniforme des Remparts.

«Nous avons déjà parlé à Teleguine. Je dis cela en toute prudence, et en tout respect, mais son père est prêt à écouter ce qu’on a à lui proposer. Il a toujours dit qu’il viendrait au camp d’entraînement», expliquait Christian Vermette, directeur général adjoint et dépisteur-chef des Remparts. Les joueurs attirés par les collèges peuvent passer 48 heures au camp d’un club junior sans perdre ce droit.

Repêché en 10e ronde, Teleguine a amassé 15 points en 29 matchs. Le centre de 5’8” et 165 livres s’est engagé envers les Huskies de Northeastern, qu’il pourrait rejoindre en 2021-2022. À Thayer Academy, il est dirigé par l’ancien de la LNH, Tony Almonte.

Dans le cas de Berniers (13e ronde), la situation est différente puisqu’il s’alignera avec la sélection des moins de 17 ans du programme de développement des États-Unis (USDP), le même club où se retrouvera Thomas Bordeleau, que les Remparts s’apprêtaient à choisir, samedi, avant que l’Armada ne le fasse avant eux.

«Selon nous, Berniers était le meilleur joueur né en 2002 sur le territoire américain dévolu à la LHJMQ», notait Vermette à propos du joueur de 5’11” et 165 livres, auteur de 11 buts et 27 points en 23 matchs à Milton Academy, la même école ayant développé le premier joyau américain de l’histoire des Remparts, Josh Hennessy.

Bonne chimie

Vermette apprécie ses premiers pas sous la direction de Patrick Roy. Les deux hommes se connaissaient peu avant le retour de celui-ci à la barre de l’équipe à la suite du départ de Philippe Boucher.

«Philippe était venu me chercher à Saint-Jean, on a bien travaillé ensemble. Sa démission m’a pris par surprise, mais à partir du moment où il n’était plus là, on avait notre travail à faire, qu’un dg soit nommé ou non avant le repêchage. On ne se connaissait pas, avant, Patrick et moi, je lui avais peut-être serré la main deux fois dans ma vie. Ça s’est bien passé à nos premières réunions, c’était en plein ce que j’avais entendu à son sujet, il connaissait déjà les joueurs, savait ce qu’il voulait, etc. Je pense que la chimie est bonne entre nous.»

Il était aussi satisfait du repêchage de samedi, où la pièce maîtresse pourrait être le défenseur offensif de 16 ans, Nicholas Savoie, natif de Dieppe (Nouveau-Brunswick), qui possède une entente verbale avec Providence College pour la saison 2021-2022. Patrick Roy discutera à nouveau avec lui, ses parents et son agent. Il aimerait être accompagné par Marc-Édouard Vlasic, défenseur de la LNH ayant bénéficié de son séjour avec les Remparts, dont le parcours junior pourrait servir d’exemple.

Les Remparts ont aussi ajouté de la profondeur devant le filet avec la sélection de Kevyn Brassard en troisième ronde, ce qui se voulait leur premier droit de parole. Ils ont aussi opté pour le gardien Thomas Boucher (Corsaires de Pointe-Levy) en sixième ronde.

À l’instar des Remparts, l’Océanic et le Drakkar ne parlaient pas en première ronde, samedi. Rimouski a choisi le défenseur Isaac Belliveau en deuxième ronde (25e), tandis que Baie-Comeau a préféré son coéquipier des Cantonniers de Magog, Jérémy Lapointe (centre), au rang précédent (24e).