Marc-André Bergeron et Maxime Potvin amorceront leur long parcours olympique jusqu’aux Jeux de Tokyo en fin de semaine à Québec quand ils participeront aux sélections canadiennes pour les Jeux panaméricains chez les seniors et les championnats canadiens pour les juniors et les cadets.

Taekwondo: Québec, premier pas vers Tokyo 2020

Pour Marc-André Bergeron et Maxime Potvin, le long parcours olympique jusqu’aux Jeux de Tokyo, en 2020, s’amorce chez eux, à Québec, ce jeudi.

Le Centre des congrès accueille jusqu’à samedi les sélections canadiennes pour les Jeux panaméricains chez les seniors et les championnats canadiens pour les juniors et les cadets.

Potvin et Bergeron savent dans quoi ils s’embarquent. Les deux taekwondoïstes de la région de Québec ont tout juste échoué dans leur quête à un maigre point d’une participation aux JO de Rio, en 2016. Cette fois, ils sont bien déterminés à réussir.

«Ç’a été ma première source de motivation», affirme Bergeron, 27 ans, qui s’entraîne au club de Sainte-Foy sous les ordres d’Alain Bernier. Ce même entraîneur qui avait mené trois de ses athlètes aux JO de 2012, soit François Coulombe-Fortier, Sébastien Michaud et Karine Sergerie.

C’est justement Coulombe-Fortier qui est responsable de l’organisation de la compétition de cette fin de semaine, à Québec. Lui qu’un jeune Bergeron avait accompagné à Londres en 2012, comme partenaire d’entraînement.

Il se souvient avoir croisé les sœurs Serena et Venus Williams à la cafétéria du village des athlètes, la première passant en coup de vent pendant que l’aînée signait gentiment des autographes. Et pour une fois, Bergeron, un gaillard de 6’ 6”, ne dépassait pas tout le monde d’une tête, surtout en présence des joueurs de basket.

«Être là comme partenaire d’entraînement, c’était déjà super. Mais j’imagine être là comme athlète à part entière, ça doit être incroyable!» s’exclame celui qui n’a donc jamais abandonné son rêve et se voit même aux JO de 2024.

Même si financièrement, les temps sont souvent durs. Surtout cette année, alors que ses résultats de l’an dernier n’ont pas suffi à lui valoir un montant récurrent de la part de la fédération canadienne de taekwondo. Il s’en sort en donnant des cours au club de Sainte-Foy et au programme sport-études de l’école des Compagnons-de-Cartier.

«Disons que j’ai mangé mes bas... Je remercie mon coach et sa bonne carte de crédit», laisse-t-il tomber, sourire en coin.

Enjeu autre

Pour Potvin, 31 ans, l’enjeu est autre. Après avoir raté sa qualification pour Rio entre autres à cause d’une blessure au genou, pour laquelle il a ensuite dû être opéré, le vétéran a depuis pris sa retraite... à deux reprises!

«La deuxième fois, mon entraîneur au club de Beauport, Paul Germain, m’a dit de ne pas faire d’annonce officielle tout de suite... Il avait raison. Ça me manquait trop! Je viens de revenir à la compétition, en septembre», explique celui qui a pris le deuxième rang de l’Omnium de Paris, en novembre, malgré sa récente sortie de retraite et qu’il ait monté de catégorie.


« Être là [aux JO] comme partenaire d’entraînement, c’était déjà super. Mais j’imagine être là comme athlète à part entière, ça doit être incroyable! »
Marc-André Bergeron

Potvin, 6’ 3”, combat chez les moins de 80 kg (176 lb), tandis que son copain Bergeron évolue chez les plus de 80 kg, à environ 95 kg. Deux catégories de poids olympiques. Potvin évoluait dans le passé à 74 kg (163 lb) et descendait à 68 kg (150 lb) pour tenter sa chance olympique.

La fin de la guerre au poids constitue un premier soulagement pour lui, alors que ses investissements dans l’immobilier l’aident en plus à traverser les mois plus secs au plan monétaire.

Il n’aura pas la vie facile, devant les siens, jeudi. Il livrera un minimum de cinq combats et peut-être jusqu’à huit ou même neuf dans un format de tournoi à double élimination. Il aura entre autres à ses trousses les Christopher Iliesco et Cédric Junior Ndzouli, aussi de Québec. La tâche s’annonce plus aisée pour Bergeron chez les poids lourds. À surveiller aussi l’étoile locale montante Hervan Nkogho (-68 kg).

L’action commence à 8h30, les seniors prenant le tapis vers 10h. Les finales sont prévues en fin de journée, autour de 19h.

Après Québec, ce sera la République dominicaine pour la qualification générale des Jeux panaméricains, ce qui ne devrait pas causer de problème. Puis les Panams comme tels, fin juillet, au Pérou. Un tournoi payant en vue du classement et l’ultime qualification olympique du printemps 2020.

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TROIS JOURS D'ACTION

Pendant trois jours, du 10 au 12 janvier, 480 adeptes de taekwondo olympique (WT) de partout au Canada sont réunis au Centre des congrès de Québec. 

Cette compétition compte comme sélections canadiennes pour les Jeux panaméricains chez les seniors et de championnats canadiens pour les participants d’âges juniors et cadets. La majorité des concurrents se produiront en combat ou kyorugi, l’épreuve présentée aux Jeux olympiques, tandis qu’une centaine d’autres effectueront plutôt des formes ou poomsae, chorégraphie individuelle de simulation de combat s’apparentant au kata du karaté. 

ll s’agit de la plus importante compétition de taekwondo à se tenir à Québec depuis plusieurs années. Les championnats du monde de taekwondo ITF se sont tenus à Québec en 2007, mais il s’agit là d’une autre version de ce sport, celle-là pas olympique.