L’ancien défenseur vedette des Sénateurs, Erik Karlsson, a marqué un but controversé mercredi soir pour donner la victoire aux Sharks.

Un petit coup de... main?

CHRONIQUE / Ailleurs, on parle du plus récent exemple dans une crise globale de l’arbitrage. Quatre officiels se partageaient le travail, sur la glace, à Saint-Louis. Personne n’a vu Timo Meier effectuer une passe avec la main en zone d’attaque.

Moi, quand j’ai vu Erik Karlsson marquer son but en or, mercredi soir, j’ai tout de suite pensé à Pierre Dorion.

Dorion qui doit suivre la Finale de l’Association Ouest avec un grand intérêt.

Dorion qui a passé les 12 derniers mois à éteindre des feux et à travailler dans un contexte pas toujours évident.

Dorion qui pourrait enfin commencer à récolter le fruit de ses efforts. Qui pourrait récolter encore davantage s’il reçoit un petit coup de main des Sharks de San Jose.

En présidant la vente de feu de 2018-19, Dorion a fait le plein de choix au repêchage.

Si on fait le bilan, provisoire, on constate que les Sénateurs d’Ottawa disposent de 11 choix dans les deux premières rondes des trois prochains encans.

Ce n’est pas fini.

Les Blue Jackets de Columbus leur céderont un autre choix de premier tour, si jamais ils réussissent à remettre Matt Duchene sous contrat d’ici le 1er juillet.

Les Sharks pourraient aussi leur devoir un choix de plus.

C’est complexe.

Ce choix est conditionnel au retour d’Erik Karlsson, dans le nord de la Californie, la saison prochaine.

Si les Sharks s’inclinent en grande finale, pour ensuite remettre Karlsson sous contrat, ils céderont un choix de deuxième ronde à Ottawa.

Si les Sharks gagnent la coupe avant de prolonger le contrat du 65, ça deviendra un choix de première ronde.

La dernière fois qu’on m’a parlé de Karlsson, on m’a dit de ne pas espérer de miracle. On m’a dit qu’il n’a pas eu le coup de foudre pour San Jose, malgré ses charmes évidents. Il se trouvait un peu loin, sur la côte du Pacifique.

Ça fait quand même quelques mois, déjà.

Le temps passe. Les opinions changent.

Dans le sport, c’est bien connu, la victoire a souvent ce magnifique effet rassembleur.

Karlsson a marqué ses deux premiers buts en 2019, mercredi.

Ces buts ont permis aux Sharks de s’approcher à deux parties du trophée Clarence-Campbell et du championnat de leur Association.

J’écoutais Karlsson faire le fanfaron, en accordant ses entrevues d’après-match. Il a clairement l’air de savourer le moment.

Il paraît que le directeur général des Sharks, Doug Wilson, n’a pas dit son dernier mot. Il n’a pas eu trop de succès dans ses négociations avec son défenseur d’élite, jusqu’à présent.

Ça ne l’empêchera pas de reprendre son bâton de pèlerin, une fois la saison terminée, pour cogner une fois de plus à la porte du bureau de ses agents...

Il pourrait alors avoir un gros, nouvel argument de vente à présenter.

Une bague de champion de la coupe Stanley toute neuve, dans sa boîte, ça doit faire un sérieux effet.

Évidemment, la côte ouest sera tout aussi loin.

La distance, c’est relatif. Surtout quand on a la chance de passer les huit prochaines années entouré d’amis. Des amis avec qui on vient de remporter un championnat...

D’un ancien capitaine des Sénateurs à l’autre...

Jason Spezza s’est confié au collègue Pierre LeBrun, récemment. Dans le texte qui a été publié dans L’Athlétique, on peut apprendre deux ou trois trucs intéressants.

Premièrement, ses jours à Dallas sont comptés. Le directeur général des Stars, Jim Nill, lui a fait comprendre qu’il n’y avait plus de place pour lui au sein de sa formation.

Deuxièmement, il n’est pas prêt pour la retraite. Même s’il vient de connaître deux saisons consécutives de moins de 30 points, il se croit toujours capable de rendre de fiers services à une formation de la LNH.

Troisièmement, il ne serait pas fâché de revenir à Ottawa.

«J’ai conservé de bons liens avec les dirigeants de l’organisation. La porte n’est jamais complètement fermée», a-t-il dit.

Pourquoi pas?

Spezza sera toujours associé aux années les plus glorieuses des Sénateurs. À défaut de remplir le filet adverse, il pourra toujours enseigner les rudiments du métier aux jeunes. Il pourra également insuffler un peu de fierté au sein de l’organisation.

S’il n’est pas trop exigeant dans ses demandes salariales, bien entendu.