Les Olympiques de Gatineau, dirigés par l’entraîneur-chef Éric Landry, ont remporté neuf de leurs 10 derniers matches.

Un congé qui a tout changé

CHRONIQUE / Éric Landry a fêté ses 45 ans dans un autocar. Sur l’autoroute 20. Sur le long chemin qui sépare Gatineau et Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

En fait, ce n’est pas tout à fait exact.

Lundi, jour de son anniversaire, Landry a eu le temps de souper en famille. Les Olympiques ont quitté le Centre Guertin en direction des provinces de l’Atlantique aux environs de 23 heures.

Tous les joueurs ont eu la chance de lui souhaiter bonne fête.

Je l’ai fait à mon tour, mardi, quand l’équipe a enfin atteint sa destination.

Je lui ai demandé ce qu’on pouvait lui souhaiter de mieux, à l’aube de cette nouvelle année.

« Gagner des games », a-t-il répondu sans hésitation.

« Tout est toujours relatif à cela. »

C’était le deuxième objet de mon appel.

Les Olympiques viennent de gagner neuf de leurs 10 dernières parties.

Cette séquence est encore plus remarquable quand on se souvient de l’autre séquence, celle de 12 revers consécutifs, survenue entre le 14 novembre et le 14 décembre.

Avant les Fêtes, tout le monde voulait savoir ce qui pouvait se passer chez les Olympiques.

Depuis le début de la nouvelle année, tout le monde se pose la même question.

Pour des raisons différentes.

J’ai posé la question, directement, à l’entraîneur-chef.

Il m’a répondu que la pause, dans le calendrier, a fait toute la différence.

Pour vrai.

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Les Olympiques ont fait relâche pendant très exactement deux semaines, entre le 14 et le 28 décembre. Leurs dirigeants en ont profité pour compléter le ménage. Le président et le directeur général ont démissionné. Il faut croire que les actionnaires qui ont choisi de rester ont grand ouvert toutes les portes et toutes les fenêtres de Guertin, histoire de purifier l’air.

« Le changement de discours, après Noël, a fait une différence. Avec Marc Saumier, avec Norm, la communication est très différente », dit-il, en pesant ses mots.

Jusque là, Landry pesait ses mots.

Mais il s’est ouvert assez rapidement.

En gros, il m’a fait comprendre qu’il fallait sortir au plus vite les joueurs de l’Outaouais. Il fallait leur permettre d’échapper à l’environnement néfaste dans lequel ils ont baigné trop longtemps.

Ils devaient se changer les idées. C’était vital.

« Ils sont revenus avec une tête beaucoup plus claire », me jure Landry.

« Ce n’était pas facile, pour eux, la situation dans laquelle on se trouvait. Les médias parlaient de nos problèmes chaque jour. Les joueurs de la LNH ont parfois du mal à composer avec cette pression. Nos joueurs à nous, ils ont entre 16 et 20 ans ! »

« On leur en demande beaucoup, à nos gars. On s’attend à ce qu’ils réagissent comme des pros. Ils sont dans les rangs juniors pour apprendre à se comporter comme des pros ! »

Je dois reconnaître que tout ça m’avait échappé. Quand on couvrait chaque jour la crise qui secouait les Olympiques, je pensais constamment aux conséquences que nos articles pouvaient avoir sur l’avenir, à très long terme, du club junior majeur de l’Outaouais.

Je n’ai pas pensé une seule fois aux conséquences que toute cette histoire pouvait avoir sur les joueurs de l’édition actuelle.

Landry insiste. Les joueurs sont au cœur de tout.

« Je n’avais pas de contrôle sur ce qui allait se passer pendant les deux semaines de pause, mais je me disais que les petites blessures auraient le temps de guérir. J’espérais aussi que les parents sauraient dire les bonnes choses. Passer du temps avec les parents, ça fait du bien. Moi, dans les années où je jouais au hockey, ma mère et mon père étaient deux personnes très importantes. Ils trouvaient toujours des façons de m’appuyer. »

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J’aurais voulu parler à Landry de la façon dont il a lui-même vécu la crise. Il aurait bien pu perdre son job, lui aussi.

On aura sans doute la chance d’y revenir, plus tard.

À 45 ans, l’entraîneur-chef a l’air plein d’énergie, porté par un enthousiasme que nous n’avons pas vu souvent.

« Depuis qu’on a recommencé, après Noël, les joueurs se concentrent sur tous les petits détails. Ça paraît dans les yeux des gars. Ils sont fiers et ils veulent en donner plus. »

« Il n’y a rien de plus agréable que d’enseigner des choses et de voir que ça fonctionne. »