La coupe Stanley est arrivée à Saint-Louis tôt jeudi matin. Les partisans étaient présents en grand nombre pour accueillir les Blues, qui ont battu les Bruins de Boston 4-1 lors du septième match de la grande finale.

Seize raisons

CHRONIQUE - EN SÉRIES #26 / On dit souvent que la coupe Stanley est le trophée le plus difficile à remporter. Avant de le soulever, il faut d’abord gagner 16 matches, dans une période d’environ huit semaines, en pratiquant un des sports les plus rapides et les plus violents sur la planète.

L’histoire des Blues de Saint-Louis, qui s’est écrite sous nos yeux, est particulièrement riche. Quand les acteurs de cette formation raconteront leur histoire, ils nous raconteront des dizaines d’anecdotes. Ces histoires nous aideront à comprendre pourquoi 2019 est devenue leur année.

En attendant, alors qu’on met un terme à cette série de chroniques, on peut facilement en identifier 16.

1. Un chef rassembleur

Craig Berube n’est pas un des plus grands tacticiens de la Ligue nationale de hockey. Il est un ancien dur à cuire qui a passé 3149 minutes de sa vie à user les bancs de pénalités.

À leur époque, les hommes forts ont protégé leurs coéquipiers. Dans plusieurs cas, ils ont aussi été les bouffons qui ont égayé les vestiaires.

Quand il a hérité du titre d’entraîneur-chef intérimaire, à la fin du mois de novembre, il s’est attaqué à changer la culture du groupe.

« J’ai juste placé les succès de l’équipe au centre de tout », a-t-il résumé, tout simplement, mercredi soir, quand il s’est présenté sur le podium avec sa casquette de champion sur la tête.

2. Une merveille masquée

C’est la pire position au hockey. Les gardiens qui ne jouissent pas d’une solide réputation, à leur arrivée dans les rangs professionnels, ont beaucoup de mal à obtenir une opportunité.

C’est aussi la meilleure position au hockey. Ceux qui finissent par obtenir une chance n’ont qu’à stopper la rondelle. Tout – le succès comme les échecs – passe par eux.

« Jordan Binnington jouait bien à San Antonio, en début de saison. Il jouait bien à Providence, aussi, l’an dernier », a rappelé Berube, mercredi.

Les Blues l’avaient prêté à l’organisation des Bruins, parce qu’il n’y avait pas de place pour lui au sein de leur propre club-école.

« Nous lui avons donné sa chance et il a remporté son premier match. Le reste de l’histoire s’est écrite toute seule », a complété Berube.

3. Profondeur en défensive

On dira ce qu’on voudra au sujet de l’attaque. Les championnats se gagnent encore et toujours en défensive. À la ligne bleue, la profondeur des Blues est dure à battre. Carl Gunnarsson, un fiable vétéran de 10 saisons, a été obligé de marquer un but en or pour assurer sa place dans la formation en finale. Michael Del Zotto, un autre joueur d’expérience, n’a même pas eu la chance de disputer un seul match durant les séries.

4. Deux généraux

À quelques heures du match ultime, Berube a clairement affiché ses couleurs. Alex Pietrangelo et Colton Parayko passeront l’essentiel de la rencontre sur la patinoire, a-t-il annoncé.

Parayko a finalement joué 27 minutes et 37 secondes. Il a bloqué cinq tirs.

En un peu moins de 26 minutes, Pietrangelo en a bloqué quatre. Il a inscrit deux gros points.

5. Bo

Quand il a soulevé la coupe, le capitaine Pietrangelo s’est empressé de la remettre à Jay Bouwmeester.

On ne comparera pas le vétéran défenseur à Raymond Bourque, ni à Dave Andreychuck. Cela dit, à 35 ans, avec 1184 matches et quelques blessures sérieuses derrière la cravate, le temps commençait à presser, pour lui.

6. Les visages de Ryan O’Reilly

Ryan O’Reilly, dans la salle des conférences de presse, avec le trophée Conn-Smythe : « Je regarde les noms qui sont gravés. Je crois bien que j’ai incarné chacun d’entre eux quand j’étais enfant, en jouant dans la cour. » Parions que dans les ruelles de l’Amérique du Nord, cet été, plusieurs enfants incarneront... Ryan O’Reilly.

7. L’endurance

Les Blues sont devenus la première équipe championne à jouer six matches ou plus dans les quatre rondes des séries. Ils ont fait preuve d’endurance.

8. comme à la maison

Fiche des Blues, en séries, au Enterprise Center : 6-7. Fiche à l’étranger : 10-3. C’est important, l’avantage de la glace ?

9. chauvinisme

Un trophée plus important ici ? Ce serait chauvin de le prétendre. On peut quand même souligner que les Blues misent sur 20 Canadiens. Un sommet dans la LNH.

10. chauvinisme (bis)

Le bulldozer de Montmagny, Samuel Blais, a terminé au premier rang, au sein de son équipe, avec une moyenne de 4,7 mises en échec complétées par rencontre.

11. Laila, la brave

« C’est la conclusion de la meilleure histoire qui ne sera jamais racontée, dans l’histoire du hockey », a déclaré la petite Laila Anderson, 11 ans, sur la patinoire du TD Garden. Réalise-t-elle à quel point elle fut une source d’inspiration pour ses idoles ?

12. Gloria

Affreuse chanson de ralliement !

13. Mandi, Michael, etc.

Jaden Schwartz a dédié la victoire à sa sœur, Mandi, victime du cancer. Zach Sanford a joué pour son père, Michael, décédé subitement en septembre.

14. la foule

Des milliers de fans ont suivi le dernier match sous une pluie battante, au centre-ville de Saint-Louis.

15. Le temps

Après 50 ans, leur tour était venu.

16. La chance

Les champions en ont besoin.