L’avenir est incertain pour Jacques Martin à Pittsburgh. Pourrait-il se retrouver à Buffalo... ou à Ottawa la saison prochaine ?

Quel avenir pour Jacques Martin?

CHRONIQUE - EN SÉRIES / L’élimination rapide des Penguins de Pittsburgh, en première ronde des séries, pourrait faire le bonheur de quelques équipes en reconstruction.

Les Sabres de Buffalo et les Sénateurs d’Ottawa, notamment.

Les Penguins ont remporté la coupe Stanley à deux occasions, en 2016 ainsi qu’en 2017, en misant sur un solide groupe à la direction des opérations hockey.

L’entraîneur-chef Mike Sullivan a fait de l’excellent boulot derrière le banc, mais il n’était pas seul. Il ne rate d’ailleurs jamais une occasion de vanter les nombreuses qualités de son bras droit, Jacques Martin.

La vaste expérience de l’homme de hockey franco-ontarien lui a permis de remplir différentes missions avec brio.

Habitué aux feux de la rampe, Martin ne s’est jamais plaint de se retrouver dans l’ombre. Ça lui a permis de gagner deux grosses bagues, en plus d’organiser deux grandes fêtes pour ses proches, dans la région rurale de Saint-Pascal-Baylon.

Son succès pourrait quand même lui ouvrir des portes.

À Buffalo, les Sabres ont besoin d’un nouvel entraîneur-chef, qui pourra donner une certaine direction à un groupe jeune et prometteur. Martin a l’avantage de bien connaître le directeur général Jason Botterill. Les deux hommes ont travaillé ensemble, à Pittsburgh.

Martin connaît peut-être moins bien l’équipe de direction actuelle des Sénateurs. Il est cependant associé aux jours les plus glorieux de la franchise. Les deux postes qui sont présentement à pourvoir – celui de président des opérations hockey comme celui d’entraîneur-chef – pourraient lui convenir.

Martin n’est pas le seul membre de l’organisation des Penguins qui fait face à un avenir incertain.

La presse locale n’a pas perdu de temps. Dans les heures qui ont suivi la quatrième défaite contre les Islanders de New York, on a déjà commencé à parler d’un grand ménage printanier et estival.

Les Penguins pourraient utiliser la saison morte 2019 pour procéder à un remaniement. Quelques joueurs qui commandent de gros salaires pourraient être disponibles, sur le marché des transactions.

Le quotidien Post-Gazette a identifié trois individus. Il y a d’abord Patric Hornqvist, le vétéran ailier qui a connu une fin de saison décevante. Il y a ensuite Olli Maatta, défenseur qui n’a jamais complètement répondu aux attentes. Phil Kessel complète le trio.

À 31 ans, l’ailier américain vient de compléter la deuxième saison la plus productive de sa carrière.

Il touche toutefois un salaire annuel de près de 7 millions $ US. Et on dit que le directeur général Jim Rutherford écoute attentivement les offres, alors...

« Ne me posez pas de questions difficiles comme celle-là. On verra bien ce qui va m’arriver cet été », a déclaré Kessel, à chaud, après le match, ultime, mardi soir.

L’ancien choix de première ronde a déjà changé d’organisation deux fois. À travers toutes les rumeurs, il a toujours joué à merveille le rôle du grand ado insouciant.

« Je ne me suis soucié de toutes ces histoires », répète-t-il.

« Ça fait quand même deux années consécutives que notre saison se termine mal. Des changements sont inévitables. On verra. »

Des critiques pour Letang

On dit que Kessel pourrait être sacrifié dans une transaction qui pourrait avoir pour but d’améliorer la brigade défensive des Penguins.

Le défenseur numéro un de l’équipe, Kristopher Letang, n’est certainement pas épargné par les critiques, au lendemain de l’élimination.

On reconnaît qu’il a connu une très bonne saison régulière. On lui reproche toutefois quatre matches difficiles, en série. L’attaque massive des Pens a marqué un seul but en 11 tentatives.

Quand l’attaque massive connaît des ratés, le quart-arrière est plus souvent qu’autrement montré du doigt.

Letang a également commis des gaffes coûteuses, en défensive. Il a été indirectement responsable du premier but des Islanders, dans le match décisif.

Kris Letang retourne au banc des Penguins après avoir assisté à un but des Islanders.

« Vous voulez me parler du premier but ? Cette série est terminée », a-t-il grogné quand les journalistes se sont rassemblés devant son casier.

Décidément, l’été sera long à Pittsburgh...

Lehner de glace... ou presque

Hornqvist a cherché à s’en prendre physiquement à Robin Lehner, à mi-chemin en deuxième période. Il était temps, s’extasiait le commentateur de Hockey Night in Canada, Garry Galley. Lehner a réussi à conserver son calme. Les Penguins ont tout intérêt à lui faire perdre les pédales !

Lehner s’est défendu, sans perdre le nord. Il a continué son petit bonhomme de chemin. Il présente, au terme de la première ronde, un taux d’efficacité de 95,6 %.

Il promet aux partisans des Islanders qu’il saura garder la tête froide, si jamais les prochains adversaires des Islanders le ciblent.

« J’ai fait bien attention de ne pas franchir la ligne. Il n’est pas question, pour moi, de jeter les gants au beau milieu d’un match. »

Lehner n’est quand même pas ressorti de cette histoire blanc comme neige. Il a donné un bon coup de hache dans les côtes de son compatriote Hornqvist.

Robin Lehner et Patric Hornqvist se sont échangé quelques politesses lors du quatrième match entre les Islanders et les Penguins.

« J’essaierai d’être un peu plus discipliné la prochaine fois », a confié Lehner au quotidien Newsday, avant de lancer un message à ses futurs adversaires.

« Quand on m’attaque, comme ça, ça me réveille. Ça me met le feu au derrière. Ça me rend meilleur. »

L’heure d’Aaron Dell ?

Pendant ce temps, dans l’Association Ouest, une autre puissance de la LNH fait face à l’élimination. Les Sharks de San Jose viennent de se faire malmener, trois fois plutôt qu’une, par les Golden Knights de Vegas. Les Sharks ont encaissé 16 buts dans ces trois parties.

Le moment serait-il venu pour Martin Jones de passer le flambeau à son partenaire Aaron Dell ?

Le gardien des Sharks, Aaron Dell

« Jones doit être meilleur. Nos deux gardiens doivent être meilleurs », a déclaré Peter DeBoer au San Jose Mercury News.

L’entraîneur-chef comprend qu’un changement de gardien serait hautement risqué. Dell n’a pas joué du hockey de séries, vraiment, depuis 2013. Cette année-là, il a remporté le championnat de la défunte Central Hockey League.

« Nous avons été blanchis dans le dernier match. Pour gagner, il faut marquer des buts », dit DeBoer.