Patrice Bergeron a su trouver les mots pour fouetter ses coéquipiers. Sur la photo, David Pastrnak déjoue Jordan Binnington.

Quand Patrice parle...

CHRONIQUE - EN SÉRIES #25 / Que disait-on, juste avant de quitter pour le week-end ?

Ah, oui. On disait que Bruce Cassidy a mal réagi après le match numéro cinq de la finale.

Se mettre à vomir sur les arbitres, pour une erreur commise alors qu’il restait presque 10 minutes à jouer en troisième période...

Jouer à la victime, alors qu’il reste – potentiellement – deux matches à jouer en finale...

Ce n’était pas brillant. Ce n’était pas un bon message à envoyer aux joueurs, dans une situation aussi critique.

On disait aussi que Patrice Bergeron, lui, avait bien réagi.

Il avait bien réagi parce qu’il n’avait justement presque rien dit. Il avait calmement encaissé le coup. Parfois, dans le monde du sport, les clichés sont nécessaires.

« Il ne sert à rien de gaspiller de l’énergie dans des dossiers que nous ne pouvons pas contrôler », avait-il simplement indiqué.

C’est ça qui est ça, Patrice.

Trois jours plus tard, les Bruins ont bien répondu. Ils ont réussi à prendre le match numéro six, à l’étranger. Ils ont forcé la tenue d’un match ultime, qui lui, sera présenté dans leur forteresse.

Qu’apprend-on, maintenant ?

Quand le moment fut choisi, Bergeron a pris la parole. Quelques minutes avant le début du match sans lendemain, il s’est levé dans le vestiaire pour transmettre quelques directives à ses coéquipiers.

On ne saura peut-être jamais ce qu’il a dit.

« On va garder ça entre nous, mais c’était exactement ce que nous avions besoin d’entendre », a indiqué le jeune défenseur Charlie McAvoy.

« C’était le type de discours qui vous donne le goût de défoncer les portes », a renchéri l’ailier Jake DeBrusk.

DeBrusk a obtenu une mention d’aide sur le but de la victoire. En 13 minutes de jeu, il a décoché quatre lancers vers le filet de Jordan Binnington. Et il a bloqué deux tirs des Blues.

McAvoy a été le joueur le plus utilisé par Cassidy. Il a passé plus de 25 minutes sur la patinoire. Les officiels mineurs ont inscrit cinq mises en échec à sa fiche.

C’est assez clair. Le discours leur a mis le feu au derrière.

Il ne faudra pas trop compter sur Bergeron pour nous livrer de grands secrets, non plus.

Après le match, quand il s’est pointé devant les journalistes, il avait repris son allure habituelle. Les sourcils froncés, le regard sévère, il répondait aux questions de façon parfaitement sobre.

« De quoi avez-vous parlé, avant le match ?

— Nous avons parlé de l’importance de partir du bon pied. Nous avons parlé de l’importance de ne pas se laisser emporter par la tempête.

— C’est une victoire d’équipe ?

— Nous avons fait ce qui nous a permis de connaître du succès, tout au long de la saison. Nous avons bien protégé la rondelle. Nous avons bien joué, défensivement. Nous avons joué intelligemment. Nous avons profité de nos chances. »

— Votre expérience vous a-t-elle servi ?

— Absolument. Il faut savoir s’appuyer sur notre expérience, dans des situations comme celle-ci. »

Pas besoin d’en dire davantage. Il reste un quatrième match à gagner.

Le prochain capitaine des Bruins semble avoir la situation sous contrôle.

Un peu d’espoir

Intéressant papier dans le cahier des sports du St. Louis Post-Dispatch, lundi matin.

Le chroniqueur Ben Frederickson tente de remonter le moral d’une ville au grand complet. Il nous rappelle que les Blues, malgré toutes les belles qualités, ont certainement pris l’habitude de se compliquer la vie. Quand on leur laisse un petit coussin, ils en profitent. Le sentiment d’urgence les habite uniquement lorsque ça devient absolument nécessaire.

Il nous rappelle que les Blues ont le meilleur taux de réussite de toute la LNH, sur les patinoires adverses, depuis le début des séries. Ils ont remporté 75 % de leurs matches à l’étranger, ce printemps.

Tout cela est sans doute véridique.

Les Blues auront certainement besoin de puiser dans leurs réserves, parce que l’histoire joue désormais contre eux. La finale de la coupe Stanley s’est rendue à la limite 16 fois. Le club à domicile l’a emporté à 12 occasions.

Pam a-t-elle parlé trop vite ?

Pendant une décennie, les comédiens Jenna Fischer et John Krasinski ont formé le couple favori des Américains, au petit écran.

Au plus fort de sa popularité, leur comédie de situation, The Office, réunissait plus de 11 millions de téléspectateurs chaque semaine.

Les deux anciens collègues vivent aujourd’hui une belle rivalité.

Fischer est originaire de Saint-Louis. Krasinski vient de Boston. Ils aiment tous les deux le hockey. Alors...

La partisane des Blues a peut-être péché par excès de confiance et d’enthousiasme, quand son équipe menait 3-2.« On dirait bien que Pam va rentrer à la maison avec Stanley », a-t-elle écrit sur Internet.

Il aurait fallu lui parler des dangers des célébrations hâtives.

C’est pas fini tant que c’est pas fini. Ou quelque chose du genre.

Parfois, dans le sport, les clichés sont nécessaires. Et fort utiles.

Bonne retraite, Monsieur Glenn !

Les Blues n’ont pas été capables de compléter le travail à la maison. C’est bien dommage pour les dizaines de milliers de partisans qui s’étaient réunis au centre-ville pour suivre le match ensemble, sur des écrans géants. Les images aériennes qu’on voyait à la télévision étaient saisissantes.

C’est dommage pour un partisan qui se trouvait à l’intérieur du Enterprise Center, en particulier.

Pendant presque 20 ans, Charles Glenn a chanté les hymnes nationaux avant les matches des Blues. Ce personnage – littéralement – plus grand que nature ne comptait que des admirateurs à travers la ligue.

À 64 ans, il doit tirer sa révérence pour des raisons de santé. Il a chanté pour la dernière fois avant le match de dimanche.

Nos collègues de CBC ont bien fait de l’inviter à saluer le public canadien, dans l’ouverture de leur reportage.

M. Glenn a pu se réchauffer les cordes vocales en chantant quelques mesures du Ô Canada dans le micro du journaliste Scott Oake.