Noel Hoefenmayer essaie d’attirer l’attention d’un autre club de la LNH depuis que les Coyotes de l’Arizona l’ont libéré.

Monsieur Octobre

CHRONIQUE / Noel Hoefenmayer était vraiment fâché.

La séance d’entraînement des 67’s d’Ottawa avait officiellement pris fin, quelques minutes auparavant. Il traînait sur la patinoire de la Place TD pour travailler sur son lancer frappé.

Il venait de casser un bâton. C’est pour ça qu’il était de mauvaise humeur.

Il a ramassé les deux morceaux et il les a lancés à bout de bras.

Je regardais ça de loin. J’ai tout de suite pensé qu’on avait simplement affaire à un autre athlète un peu trop superstitieux. Le quart-arrière de 20 ans a connu un départ du tonnerre. Seize points en neuf parties, en octobre. Assez de points pour lui valoir le titre de défenseur du mois dans la LHOntario.

Les sportifs sont des gens routiniers. Souvent, ils finissent par s’attacher aux objets avec lesquels ils connaissent du succès.

« Je ne suis pas vraiment superstitieux », m’a expliqué Hoefenmayer.

« Je suis fâché parce que j’en suis rendu à mon dernier bâton. Si je brise celui-là, je suis foutu ! »

« Je ne sais pas trop ce qui se passe, mais je passe à travers mes bâtons à un rythme fou, cette année. J’espère que mon dernier bâton va tenir le coup jusqu’à la prochaine visite de notre fournisseur. Sinon, je serai obligé d’en emprunter un à Bahler, ou quelque chose du genre... »

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Bahler, c’est Kevin Bahl. Un ami. Un coéquipier de longue date. Ça fait quatre ans, déjà, qu’ils jouent ensemble.

Ils auraient pu continuer à jouer ensemble pendant plusieurs années, mais ça n’arrivera pas.

C’est un peu compliqué.

C’est aussi le petit détail qui rend Hoefenmayer aussi intéressant, cet automne.

Hoefenmayer a été repêché en quatrième ronde par les Coyotes de l’Arizona, en 2017. Bahl a été choisi par la même organisation, mais en deuxième ronde, un an plus tard.

L’hiver dernier, les Coyotes avaient un problème. Ils s’approchaient, dangereusement, de la limite des 50 contrats qui est imposée aux organisations de la LNH.

Leurs dirigeants sont arrivés à la conclusion qu’ils ne pourraient pas embaucher leurs deux espoirs d’Ottawa. Ils ont fini par accorder un contrat à Bahl, géant de six pieds et sept pouces et 240 livres.

Ils ont décidé de laisser filer Hoefenmayer. Même s’il venait de connaître une saison de rêve, durant laquelle il avait produit à un rythme d’un point par match. Même si les défenseurs capables d’alimenter l’attaque sont au goût du jour.

En plus, Hoefenmayer avait conclu la saison avec un différentiel de plus 45, durant une campagne où il était plus souvent qu’autrement confronté aux attaquants d’élite adverses.

Il avait été capable de maintenir la cadence pendant les séries.

Dans la vie comme au hockey, certaines choses sont dures à comprendre...

« Le hockey, c’est une business, réagit Hoefenmayer, quand on lui demande ce qu’il a retenu de toute cette histoire. J’aurais adoré signer un contrat avec les Coyotes. J’ai passé deux belles années en tant qu’espoir, au sein de leur organisation. Ça ne s’est pas produit. Je dois me concentrer sur les 67’s, maintenant. »

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Noel Hoefenmayer va se concentrer sur les 67’s. Mais pas exclusivement sur les 67’s.

« Cette année, ça passe ou ça casse pour moi », a-t-il déclaré, bien candidement, au début de notre conversation.

Quand les Coyotes l’ont libéré, les Hurricanes l’ont invité à leur camp d’entraînement. Ils ont choisi, au terme de cet exercice, de ne pas lui accorder de contrat.

Il dispose de cinq ou six mois, maintenant, pour convaincre un autre club de miser sur lui.

Des gens qui s’y connaissent m’ont fait comprendre que le Hoefenmayer de la saison dernière n’était pas un espoir sans faille. Il parvenait à produire, certes. Sauf que pour alimenter les attaquants, il aimait ralentir le jeu.

Le hockey est le sport le plus rapide de la planète. La LNH, nous rappelle-t-on souvent, est plus vite que jamais.

Les défenseurs à caractère offensif ont la cote. Surtout ceux qui sont capables de faire les choses rapidement.

Il paraît que Hoefenmayer a fait les efforts nécessaires durant l’été. Il serait un joueur transformé, maintenant.

Il dit qu’il mettra toutes les chances de son bord si les 67’s remportent un championnat.

« Je crois sincèrement que de bonnes choses arrivent aux joueurs qui font partie d’équipes championnes. »