Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
À Ottawa, on a l’impression que les partisans des Sénateurs attendent avec impatience le dévoilement des nouveaux uniformes depuis à peu près six mois.
À Ottawa, on a l’impression que les partisans des Sénateurs attendent avec impatience le dévoilement des nouveaux uniformes depuis à peu près six mois.

L’été au village

CHRONIQUE / Et puis, ces nouveaux chandails?

Vous les aimez? Ils sont comme vous les imaginiez?

À Ottawa, on a l’impression que les partisans des Sénateurs attendent avec impatience le dévoilement des nouveaux uniformes depuis à peu près six mois.

C’est à la fois triste et rigolo.

C’est rigolo parce qu’il n’y a pas eu d’annonce officielle, encore. On sait que ça s’en vient. On est pas mal certains qu’à compter de l’an prochain, l’équipe reviendra à son look rétro des années 1990.

Ottawa, c’est une petite grande ville. Un gros village. Presque tous les villageois connaissent, de près ou de loin, une personne qui travaille au Centre Canadian Tire.

Dans le village, il y a des histoires, comme celle-là, qui font leur bout de chemin, sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Quand le président des opérations commerciales Anthony LeBlanc a reconnu - du bout des lèvres - qu’une refonte de l’image de marque des Sénateurs était en cours, tout le monde savait.

C’est triste, en même temps, quand on s’attarde aux commentaires des gens qui attendent impatiemment ce rebranding.

«S’il-vous-plaît, donnez-nous un petit quelque chose.»

Je ne sais plus combien de fois j’ai lu - ou entendu - cette phrase.

Les fans - les vrais, ceux qui continuent d’aimer inconditionnellement - ont besoin de positif.

Donnez-nous un petit quelque chose, comme dans «donnez-nous une raison de dépenser notre argent dans votre boutique de souvenirs».

Donnez-nous un petit quelque chose, comme dans «donnez-nous une raison d’être fiers de notre équipe sportive des ligues majeures».

C’est triste qu’on en soit rendus là.

Je vous parle de chandails, ce matin, quand je pourrais vous parler du deuxième secret le moins bien gardé au village.

Ce n’est même plus un secret, en fait. Mark Borowiecki s’en va.

Je vous en ai parlé pour une première fois dans ma chronique, le 25 août. Les collègues anglophones ont emboîté le pas une semaine plus tard.

Le bruit courait depuis un certain temps, déjà, au village.

Ce n’est plus une rumeur. La semaine dernière, Borowiecki et son agent ont confirmé. Les négociations avec les Sénateurs ont été rompues. Ils vont tenter leur chance au marché des joueurs autonomes, cet automne, quand ce sera possible.

Cette nouvelle n’a rien de drôle.

C’est juste triste.

Je pourrais consacrer le reste de cette chronique à vous expliquer pourquoi le départ du Borocop fera mal. À plusieurs niveaux.

Je ne ferais que recycler de vieux arguments, présentés dans de vieilles chroniques au cours des deux ou trois dernières années.

Je vous dirais des choses que vous savez déjà.

Il y a juste un truc qui vient de me frapper. Borowiecki est un des derniers survivants de l’équipe qui s’est inclinée en Finale d’Association, contre les Penguins de Pittsburgh, en 2017.

Quand il sera parti, en fait, il ne restera plus que deux vétérans de cette solide formation: Craig Anderson et Bobby Ryan.

En 2017, les Sénateurs étaient exactement ce qu’ils devraient être. Un beau petit club construit avec des dirigeants créatifs, capables de compétitionner sans dépenser autant que les clubs des gros marchés.

Borowiecki s’en va, Anderson devrait logiquement le suivre.

Il restera Ryan. Et on va se le dire. Si son contrat n’était pas aussi généreux, il aurait sans doute pris le bord, lui aussi.

On ne connaît quand même pas tous les secrets du village.

Les informateurs de TSN nous en ont quand même appris une bonne, vers la fin de la semaine dernière. Les entraîneurs des Sénateurs ont été obligés de s’adresser aux dirigeants de la LNH afin d’être rémunérés au même titre que leurs homologues des 30 autres formations.

On savait que les salaires avaient été amputés, durant la pandémie. On nous avait dit que c’était la norme. La plupart des équipes ont demandé à leurs employeurs de faire leur part.

On ne se doutait pas, toutefois, que les entraîneurs d’Ottawa devaient se serrer la ceinture davantage que les autres.

Les chèques de paie avaient été amputés de 50 % chez les Sénateurs.

Ailleurs, dans la ligue, les baisses de salaire étaient généralement de 20 %.

C’est terrible.

On a embauché D.J. Smith l’an dernier. On l’a présenté comme celui qui saura relancer l’équipe en dirigeant les jeunes. On a ensuite laissé Smith recruter des adjoints pour l’épauler dans sa mission.

On veut que Smith représente l’organisation avec classe et fierté. Et on le traite comme ça.

Je pose la même question aux gens qui m’entourent, de façon périodique, depuis environ trois ans.

Il est où, exactement, le fond du baril?

Les réponses que j’obtiens me laisse croire que personne ne le sait, exactement.