Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le centre Robert-Guertin
Le centre Robert-Guertin

Les Olympiques ne méritaient pas ça

CHRONIQUE / On va tous s’entendre, avant de commencer. Il est impératif qu’on soit tous d’accord avec la prochaine affirmation, avant de poursuivre la discussion.

Il y a des choses plus importantes que le hockey, dans la vie.

Voilà, c’est dit.

Il y a des choses plus importantes que le hockey. C’est vrai en tout temps. C’est encore plus vrai en temps de pandémie.

Durant cette année où tout le monde tente d’avancer dans un climat anxiogène, il est important de s’occuper des gens les plus vulnérables.

Le CISSS de l’Outaouais a le mandat de se préparer pour les durs mois d’hiver, dans un monde où tout est imprévisible.

Ce n’est pas simple.

J’étais parfaitement d’accord avec Norm MacMillan, quand je lui ai brièvement parlé, vendredi après-midi.

«Il ne sert à rien de se fâcher et de crier», a-t-il déclaré.

Le Gouverneur des Olympiques ne veut pas jeter inutilement de l’huile sur le feu.

Je comprends aussi parfaitement cette autre déclaration de M. MacMillan. Vers la toute fin de notre conversation, il m’a rappelé que «Robert-Guertin, c’est les Olympiques. C’est comme ça depuis 47 ans.»

«Un peu de respect, ce serait le fun», a-t-il conclu.

Norm MacMillan

Si M. MacMillan dit vrai, les Olympiques ont appris vendredi matin qu’ils perdaient leur domicile.

C’est un peu tard.

C’est même très tard.

Le CISSSO a pris le temps de considérer une quinzaine de sites, un peu partout sur son territoire, pour accueillir les personnes en situation d’itinérance. On présume que cette tâche est assez considérable. Ça prend un certain temps.

Le CISSSO devait savoir qu’en demeurant à Guertin, il signait l’ordre d’éviction d’une entreprise régionale qui existe depuis près de 50 ans. La moindre des politesses aurait été d’en aviser ses propriétaires, à l’avance, pour lui donner une meilleure chance d’encaisser le coup.

Le terme «respect» prend ici tout son sens.

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Les Olympiques sont en train de sortir d’une des années les plus tumultueuses de l’histoire de l’organisation.

Les actionnaires qui ont survécu à la tempête l’ont fait en réaffirmant leur désir de faire vivre, et grandir, le seul club sportif majeur qui représente l’Outaouais sur la scène nationale.

La partie est loin d’être gagnée. Les Olympiques ont encore beaucoup de travail à faire pour regagner leurs lettres de noblesse. Mais les gens qui sont à la tête de l’organisation sont compétents. Et leurs motivations sont bonnes.

La décision de changer la vocation de Guertin pour la prochaine année a, pour eux, l’effet d’un coup de bâton dans les jambes.

Un coup qu’ils n’ont jamais vu venir, qu’ils n’ont même pas eu la chance de parer.

Ils ne méritaient certainement pas ça.


« Robert-Guertin, c’est les Olympiques. C’est comme ça depuis 47 ans. »
Norm MacMillan

***

Il y a des choses plus importantes que le hockey, dans la vie. Il ne faut pas abandonner les gens les plus à risque de notre société. Maintenant, plus que jamais, il faut agir avec solidarité et compassion.

On est tous d’accord là-dessus.

Dans son communiqué, le CISSSO nous dit qu’aucun «des 14 autres sites analysés ne répondait aussi bien aux critères quant aux besoins de cette population déjà fragilisée».

On les croit sur parole.

Ça nous donne quand même le goût de leur poser une autre question. Parmi les 14 autres sites considérés, aurait-on pu en identifier au moins un autre qui aurait pu répondre aux besoins de la clientèle?

Norm MacMillan le dit: Guertin est le domicile des Olympiques depuis 47 ans.

Il y a eu de bonnes et de moins bonnes années.

Les bonnes années ont été plus nombreuses que les mauvaises.

La saison 2020-21 devait être la dernière.

Ça devait être une belle occasion de célébrer cet endroit où les gens se sont réunis, pendant un demi-siècle, pour célébrer quelques-unes des plus belles victoires sportives de l’Outaouais.

L’organisation des Olympiques était en train de nous planifier une belle grande fête.

Il est important de s’organiser des moments de réjouissance, en ces temps maussades. C’est bon pour le moral. C’est bon pour la santé mentale de tout le monde.

Il y a des choses plus importantes que le hockey, dans la vie. C’est tout le temps vrai. C’est encore plus vrai, maintenant. 

Ça ne veut pas dire que le hockey n’est pas important.