Dans sa mini-tournée médiatique de la semaine, Eugene Melnyk a parlé des partisans des Sénateurs et il n’était pas complètement à côté de la track.

Les éternels satisfaits

CHRONIQUE / Dans les 15 derniers mois, j’ai souvent utilisé cet espace pour critiquer Eugene Melnyk. J’ai souligné les moments où il manquait de cohérence. J’ai critiqué ses méthodes de travail, son attitude. J’ai même déjà fait état d’un manque de jugement.

Pas cette fois.

Dans sa mini-tournée médiatique de la semaine, le propriétaire des Sénateurs a parlé des partisans et il n’était pas complètement à côté de la track.

Soyons clairs. Il est à côté de la track. Mais pas complètement.

«Nos vrais partisans savent que nous faisons de notre mieux», a-t-il déclaré sur les ondes de la station radiophonique torontoise, 590 The Fan.

Les partisans dont il parlait existent, sans aucun doute.

On fait grand cas des sièges vides, au Centre Canadian Tire. On parle rarement de ceux qui sont occupés.

Il reste seulement cinq matches à jouer, à Kanata, cette saison. Les Sénateurs ont attiré, en moyenne, 14 435 personnes dans les 36 premiers.

Ça fait 14 435 braves qui sont prêts à braver le froid et la circulation pour encourager un club de dernière position. Ces «éternels satisfaits» sont prêts à payer le prix toujours trop élevé du stationnement, en dépit de toutes les nouvelles négatives qui se sont accumulées au fil du temps.

J’ai passé la saison à les observer et à me poser des questions à leur sujet, depuis la galerie de la presse. J’ai fini par conclure que le soutien de ces gens sont des irréductibles qui vont continuer de soutenir l’équipe, peu importe les circonstances.

Ils jouent un rôle crucial, dans le sens où ils envoient un message fort au commissaire de la LNH, Gary Bettman. Ottawa demeure, en cette période trouble, un marché de hockey important dans lequel il vaut la peine d’investir. Qu’il ne faut surtout pas laisser tomber.

M. Melnyk a parfaitement le droit de citer ces partisans en exemple. En plus de les observer, depuis la galerie de la presse, je leur tend l’oreille. Soir après soir, la foule a l’occasion de s’organiser pour scander des slogans contre la direction de l’équipe. Sauf erreur, ça ne s’est jamais encore produit.

M. Melnyk peut se compter chanceux de pouvoir toujours compter sur ces gens, mais il devrait quand même se garder une gêne. Je vous disais, en début de chronique, qu’il fait quand même fausse route. Avec sa maladresse légendaire devant les micros, il a choisi de les qualifier de «vrais» partisans.

Les autres, ceux qui sont déçus, fâchés, frustrés, ne sont pas moins «vrais». Ils continuent d’exister. Les arguments qu’ils soulèvent sont souvent légitimes. Leur passion, surtout, est palpable.

M. Melnyk a souvent raté de belles occasions de se réparer les pots cassés et de rétablir les ponts. Au strict minimum, cette semaine, il aurait pu profiter de son retour sur les ondes radiophoniques pour ne pas aggraver la situation.

C’est raté. Encore une fois.

En début de chronique, en fait, je vous disais que M. Melnyk était à côté de la track.

Vers la fin de son passage sur les ondes de la radio parlée d’Ottawa, 580 CFRA, il s’en est pris aux représentants des médias d’Ottawa-Gatineau. Sans le nommer, il a ciblé un collègue, en particulier.

Je connais et côtoie Ian Mendes depuis presque 20 ans. Nous avons passé des années à suivre les Sénateurs, ensemble, aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Je ne crois pas avoir déjà croisé un journaliste plus travaillant que lui.

Pour lui reprocher de manquer de professionnalisme, il faut être sérieusement déconnecté. J’ai dit qu’il est à côté de la track. J’aurais pu dire qu’il est carrément sur une autre planète.

La plus belle image de la semaine pour les Sénateurs: ce jeune partisan qui s’est pointé dans les gradins du Saddeldome, à Calgary, avec un écriteau dans les mains. Le gamin voulait danser le floss avec son joueur favori, Brady Tkachuk.

Durant la période d’échauffement, Tkachuk a pris le temps de danser avec le gamin. Il lui a ensuite remis une rondelle en souvenir.

La deuxième plus belle image pour les Sénateurs: Thomas Chabot qui traverse le pays pour effectuer un retour au jeu hâtif. Personne ne pourra remettre en doute sa force de caractère.

À travers toutes les tempêtes de la dernière année, les Sénateurs auront quand même eu le bonheur de tomber sur quelques jeunes hommes de qualité.