Sylvain St-Laurent
Les partisans ont parlé! Ils ont argumenté, ils ont débattu, ils ont voté. Ensemble, ils ont déterminé que Luc Robitaille est le plus grand joueur de l’histoire des Olympiques.
Les partisans ont parlé! Ils ont argumenté, ils ont débattu, ils ont voté. Ensemble, ils ont déterminé que Luc Robitaille est le plus grand joueur de l’histoire des Olympiques.

Le Mont Rushmore des Olympiques

CHRONIQUE / Les partisans ont parlé! Ils ont argumenté, ils ont débattu, ils ont voté. Ensemble, ils ont déterminé que Luc Robitaille est le plus grand joueur de l’histoire des Olympiques.

Ça s’est passé sur Facebook. À la base, c’était juste un jeu. Des employés de l’équipe cherchaient un petit quelque chose pour occuper l’esprit des gens, pendant quelques minutes, en période de confinement.

Ils ont identifié 64 des meilleurs joueurs de l’histoire de l’équipe. Ils ont assemblé un tableau éliminatoire digne de March Madness. Chaque jour, des compétiteurs subissaient l’élimination.

Lundi, jour de grande finale, Robitaille a été couronné. Un peu plus de 1300 personnes se sont exprimées. Environ 53 % des gens l’ont préféré à l’autre finaliste, Claude Giroux.

On ne sait pas trop ce que l’organisation des Olympiques retiendra de toute cette campagne. Elle oubliera peut-être rapidement. Au départ, on vous rappelle qu’ils ont organisé tout ça pour notre bon divertissement.

Les milliers de vote qui ont été enregistrés possèdent quand même une certaine valeur. La clientèle a clairement identifié ses favoris. Sans rien demander en retour.

On récapitule. Robitaille a remporté l’or. Giroux a remporté l’argent. Martin Ménard et Maxime Talbot ont complété le carré d’as.

Voilà donc les quatre visages qu’on retrouverait sur le Mont Rushmore du Vieux-Hull.

Une semaine déterminante s’amorce. Le repêchage - virtuel - de la Ligue de hockey junior majeur du Québec est à nos portes. Les Olympiques détiennent trois des quatre premières sélections.

Cette semaine va culminer vendredi soir, dans la grande salle de réunion d’un hôtel situé non loin du secteur de la Cité. À quelques centaines de mètres du nouvel amphithéâtre, on va sélectionner les joueurs qui devront redonner au club ses lettres de noblesse.

Luc Robitaille

Cette semaine, tout le monde a le droit d’envisager l’avenir avec optimisme.

Dans ce contexte, les résultats du concours Facebook pourraient être utiles.

À l’automne 2021, lors du grand déménagement, les Olympiques feraient mieux de ne pas trop regarder en arrière.

Entre la «tradition» qu’il faut «maintenir» et «l’avenir» qui est à «bâtir», disons que la priorité sera évidente.

L’organisation aura la tâche de renouveler sa clientèle, et ce sera tout un défi.

Les gens qui ont le hockey junior à coeur en sont parfaitement conscients.

«On n’aura pas deux chances de réussir ce déménagement», m’a-t-on déjà dit.

Pour bien réussir cette transition, il sera préférable de vivre dans le présent, sans perdre de vue le futur proche.

Le riche passé? Il faudrait lui garder un tout petit coin. Un petit endroit sacré que les plus vieux pourraient visiter, à l’occasion, pour se souvenir. Un petit coin où les plus jeunes - ceux qui sont un peu curieux - pourraient s’aventurer.

Le Canadien de Montréal a choisi quatre «légendes» pour animer sa Place du Centenaire. Des statues de Howie Morenz, Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur ont été érigées dans cet espace public, à l’extérieur du Centre Bell.

De façon similaire, on pourrait utiliser quatre piliers pour raconter l’histoire de l’équipe junior la plus titrée dans l’histoire du Québec.

Chacun incarne un pan important de l’histoire du club.

Robitaille nous rappelle que Hull a servi de pépinière à la LNH. Il a lui-même récolté près de 1400 points en carrière.

Ménard est un gars de la place. À défaut de connaître une très longue carrière chez les pros, il a soulevé la Coupe Memorial sur la patinoire où il a passé une bonne partie de son enfance.

Talbot, c’est l’homme des grandes occasions. Celui qui a gagné deux fois le titre de joueur par excellence dans les séries de la LHJMQ, avant de marquer deux buts dans le match numéro 7 de la finale de la coupe Stanley.

Giroux, c’est le dernier tour de passe-passe de Charles Henry. Une superstar en émergence trouvée dans la province voisine. Un autre gros coup de filet en Ontario.

Ces quatre grands joueurs ont joué à des époques différentes. Ils ne se sont jamais croisés, dans le vestiaire du Centre Guertin.

Ils ont aussi tous remporté des championnats. On a fait le décompte. Ensemble, ils ont participé à six des sept conquêtes de la Coupe du Président.

Robitaille a gagné la première, celle de 1986. Ménard a triomphé deux fois, en 1995 ainsi qu’en 1997. Idem pour Talbot, en 2003 et en 2004. Giroux a été l’architecte de la dernière conquête, en 2008.

Il manque juste celle de 1988.