Les Blue Jackets de Columbus ont battu le Lightning de Tampa Bay 3-1, dimanche, et ne sont plus qu’à une victoire d’un balayage.

Différent au printemps

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Le Lightning de Tampa Bay connaît ça, l’adversité. « Nous y avons fait face tout au long de la saison », insiste leur entraîneur-chef, Jon Cooper, depuis quelques jours.

Il faut le croire sur parole.

Il faut le croire sur parole parce que les éléments de preuve ne sont pas trop nombreux.

Le Lightning n’a pas vraiment eu besoin de chercher des grandes solutions, en saison régulière, pour se sortir d’une longue séquence perdante qui s’éternisait.

L’équipe de Cooper a connu deux séquences de deux revers consécutifs, en 2018-19. That’s it.

Et encore. La deuxième séquence de deux revers a été enregistrée au tout début du mois de février. Elle a d’abord été battue en tirs de barrage par les Golden Knights de Vegas. Deux jours plus tard, elle s’est inclinée en prolongation devant les Blues de Saint-Louis.

Le Lightning n’a pas non plus connu de problèmes avec les blessures. L’attaque dévastatrice a été propulsée par un groupe en parfaite santé.

Dans le groupe des neuf meilleurs attaquants, seul Ondrej Palat a eu des problèmes de santé majeurs, qui l’ont contraint à l’inactivité pendant 18 parties. Si on additionne, les huit autres membres du groupe ont raté, au grand total, 14 rencontres.

On se demande bien à quel moment, et à quel endroit, les champions de la saison régulière ont bien pu trouver un peu d’adversité.

La machine à espresso portative a peut-être brisé juste avant le départ pour un long séjour à l’étranger, en décembre.

Ou quelque chose du genre.

Certaines réponses offertes par les joueurs, avant et après le match numéro trois, nous laissent croire que certains joueurs commencent à comprendre qu’il existe un monde de différences entre le hockey de la saison régulière et celui des séries.

Le jeune Mikhail Sergachev s’est plaint à voix haute du caractère robuste de la série. Ses propos ont été relayés dans les pages du Tampa Bay Times.

« Vous connaissez tous très bien Tortorella. Il vise nos meilleurs joueurs. Il veut que nos meilleurs joueurs se fassent frapper. C’est son approche, je pense. Des joueurs qui ont joué pour lui dans le passé m’en ont parlé. Les joueurs les plus robustes des Blue Jackets s’en prennent à Victor Hedman parce qu’il est notre meilleur défenseur », a résumé l’ancien espoir du Canadien de Montréal.

Le capitaine Steven Stamkos avait l’air déboussolé, dans le vestiaire, quand son équipe a perdu le match numéro trois de sa série contre les Blue Jackets de Columbus.

« Nous n’avons pas obtenu une seule supériorité numérique dans cette partie. C’est étonnant », a-t-il déclaré.

« Cela dit... Il faut croire qu’une supériorité numérique, ça se mérite », a-t-il ajouté, très rapidement.

On dira ce qu’on voudra au sujet du hockey qui se réinvente, qui se redéfinit, qui se modernise.

Quand vient le temps de gagner des championnats, il faut être prêt à donner – et surtout, à encaisser – des coups.

Vlasic mal en point ?

Il faut donner et encaisser, mais il y a bien des limites à ne pas franchir. Les Sharks de San Jose pourraient se retrouver dans l’eau chaude, si jamais Joe Thornton écope d’une suspension.

L’équipe la plus expérimentée de l’ouest doit déjà se débrouiller sans son plus fiable défenseur. Marc-Édouard Vlasic a raté la seconde moitié du match numéro deux de la série contre les Golden Knights de Vegas. Il n’a même pas enfilé son uniforme pour le match numéro trois.

« Nous avons été privés de joueurs de talent tout au long de la saison. Nous avons gagné en leur absence tout au long de la saison. Ça ne va pas changer en séries », tranche leur entraîneur, Peter DeBoer.

Vlasic a raté une dizaine de matches parce qu’il était blessé, en janvier. Les Sharks ont surtout ressenti son absence vers la fin. Dans les quatre derniers matches, ils ont encaissé 24 buts.

Laine cherche sa constance

L’an dernier, Patrik Laine a marqué cinq buts en 17 matches éliminatoires. Cette année, après trois parties, il en a déjà marqué trois.

Les marqueurs naturels dans la LNH ont cette curieuse tendance à fonctionner par séquences.

Paul Maurice, l’homme qui accompagne Laine depuis ses débuts dans la LNH, est convaincu que sa belle séquence peut se poursuivre longtemps.

« Tous les buts en séries sont importants, n’est-ce pas ? Il faut quand même reconnaître que des trucs intéressants se sont produits, chez Patty, dans les deux derniers mois. Il est un véritable attaquant en puissance de la LNH. Le dernier but qu’il a marqué nous offre un parfait exemple. À quatre contre quatre, il complète sa mise en échec et sort avec la rondelle. Il se repositionne et se parvient à se faire oublier. Très intelligent. »