Philippe Myers est en train de se tailler une place avec les Flyers de Philadelphie.

Deux Acadiens à Philly

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / ​​​​​Il pourrait s’agir d’une grande première, dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey. A-t-on déjà vu, auparavant, deux patineurs acadiens au sein de la même formation ?

Ça se passe à Philadelphie, cet automne.

Et les deux Acadiens des Flyers font vraiment honneur à leur province d’origine.

On sait depuis longtemps ce que vaut Sean Couturier. Le centre qui a grandi à Bathurst vient de connaître deux saisons consécutives de plus de 30 buts.

Philippe Myers, de Moncton, n’a pas le même statut.

Mais il est en train de rapidement gagner sa place au soleil.

«C’est un bon kid, disait Couturier, la semaine passée, lors de son passage à Ottawa. Dans le coin d’où on vient, il n’y a pas tant de ressources pour se développer. C’est le fun de voir un jeune comme ça, qui a travaillé fort, qui a fait autant de sacrifices pour se rendre jusqu’ici.»

À 22 ans, Myers s’attendait à faire le grand saut au début du mois d’octobre. Il avait passé presque deux saisons au grand complet dans les mineures. Il se sentait prêt à relever un nouveau défi.

Il a été obligé de prendre son mal en patience, encore une fois. À la conclusion du camp d’entraînement, on l’a renvoyé – encore – chez les Phantoms de Lehigh Valley.

Heureusement pour lui, ce séjour n’a pas été de trop longue durée. Un peu moins de trois semaines. Le temps pour lui de jouer six parties.

Il a été rappelé par le grand club au tout début du mois de novembre. Depuis, il n’a qu’une chose en tête.

«L’année passée, j’ai eu une vingtaine de games. En ce moment, j’espère rester ici pour le restant de l’année. C’est ça, mon but. Je vais travailler le plus fort que je peux pour que ça se produise.»

Myers a trouvé une façon de se distinguer très rapidement. Il a marqué trois buts en trois parties, entre le 7 et le 10 novembre.

Trois buts plutôt importants, parce que les Flyers ont remporté ces trois matches par des scores identiques de 3-2. Trois victoires obtenues en prolongation.

«J’essaie d’avoir une mentalité où je lance plus souvent au net», commente-t-il.

Le jeune homme est forcément capable de lancer. Il a déjà connu une saison de 17 buts dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Sinon, Myers essaie de «garder les choses simples».

«J’essaie de ne pas trop me compliquer la vie. Je suis croyant que si tu gardes les choses simples, tout va bien aller. C’est un peu ce qui se produit, en ce moment. J’essaie juste de bien jouer défensivement. L’offensive arrive toute seule. Je garde les choses simples.»

Myers devra continuer à faire ses preuves, un match à la fois. Et éviter les faux pas. L’entraîneur-chef Alain Vigneault l’a d’ailleurs retiré de sa formation, ce week-end, dans un match contre les Islanders de New York.

Quand le grand droitier aura la chance de reprendre sa place, on voudra d’abord qu’il se concentre sur le travail d’un défenseur de troisième duo.

À six pieds et cinq pouces, il en a certainement le gabarit.

Quand il est à son meilleur, il parvient à jouer de façon robuste, dans son territoire, tout en évitant le banc des pénalités.

«C’est un gars qui est fort, physiquement, naturellement. Il a un très bon coup de patin, aussi. Ça l’aide. Il utilise bien sa grandeur, sa portée, son bâton pour avoir une bonne approche au porteur. Il est dur à battre. Son bon coup de patin lui permet de compenser quand il commet des erreurs. C’est assez impressionnant, pour un gars de son âge», explique Sean Couturier.

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L'entraîneur-chef des Panthers de la Floride, Joel Quenneville

UNE 900E VICTOIRE POUR QUENNEVILLE

Un entraîneur qui gagne 900 matches dans la Ligue nationale doit forcément développer quelques trucs, au fil des ans.

Joel Quenneville est devenu, samedi, le deuxième entraîneur de l’histoire de la LNH à atteindre ce plateau. Les Panthers de la Floride lui ont fait ce cadeau quand ils ont vaincu les Rangers de New York.

Quenneville parlait du travail accompli pour se rendre jusque-là avec les journalistes. Parfois, dit-il, les entraîneurs n’y sont pour rien du tout.

Il a cité, en exemple, sa 899e victoire. Mardi dernier, à Boston, les Panthers tiraient de l’arrière par quatre buts après deux périodes. Ils ont réussi à remonter la pente pour finalement l’emporter 5-4, en tirs de barrage.

Il n’y a pas eu de discours enflammé, au deuxième entracte, pour secouer les troupes.

« J’ai l’habitude de me rendre dans le vestiaire, pour m’adresser aux joueurs, au début de chaque période. Je ne l’ai pas fait, cette fois. Les joueurs ont pris les choses en main. »

Quenneville aura besoin de ses joueurs s’il veut rejoindre Scotty Bowman au premier rang de l’histoire. Il lui manque 344 victoires.