Phillippe Aumont  pourrait venir s'exercer en lançant quelques balles dans certains parcs de Gatineau, après la crise du coronavirus.

Dans un parc près de chez vous...

CHRONIQUE / Dans un avenir pas trop lointain, un spectacle assez peu commun pourrait se produire, dans certains parcs municipaux de Gatineau.

Phillippe Aumont, un lanceur qui cogne à la porte des ligues majeures, pourrait aller s’exercer en lançant quelques balles rapides à 90 miles à l’heure.

Ça ne risque pas de se produire dans les prochains jours.

Aumont vient tout juste de rentrer de la Floride. Il a quitté le camp d’entraînement des Blue Jays de Toronto, avec la bénédiction des dirigeants de l’organisation.

Puisqu’il a séjourné dans un pays étranger, il compte s’imposer une période d’isolement de 14 jours.

On n’est jamais trop prudent.

Aumont pourra sortir de sa tanière au début du mois d’avril. Ça va coïncider avec le retour des beaux jours.

Personne ne sait vraiment quand les équipes de baseball professionnelles pourront reprendre leurs activités.

« Je vérifie mes courriels. Je consulte les pages des ligues majeures et de l’Association des joueurs dans les réseaux sociaux. J’essaie de m’informer comme tout le monde », me disait Aumont, cette semaine, quand je l’ai contacté pour prendre des nouvelles.

C’est dans ce bout de la conversation que, de manière pas trop sérieuse, je lui ai parlé de la possibilité de reprendre l’entraînement dans les rues ou dans les parcs de son quartier.

Il lui suffirait de se dénicher un bon receveur d’entraînement, capable de capter ses balles de feu.

On compte 18,5 mètres entre le monticule du lanceur et le marbre, sur un terrain de baseball réglementaire.

Ça respecte parfaitement les normes de distanciation sociale...

« Tu ris, mais je le fais tout le temps », m’a-t-il répondu.

« Je lance partout, tout le temps. Des fois, quand je vais souper chez un de mes chums, on sort les mittes et on se lance la balle dans la rue. Ça m’arrive aussi, parfois, d’aller m’amuser au parc Sanscartier. »

Encore une fois, il suffit de dénicher un receveur.

Aumont est convaincu que ce ne sera pas un problème.

« Mon bon chum Stéphane, qui sera garçon d’honneur à mon mariage. Il est capable. Il me dit que je n’ai qu’à lui trouver un équipement de receveur. Il est prêt à m’aider, n’importe quand. »

En attendant le retour du beau temps, Aumont compte s’entraîner à huis clos.

Quand l’envie lui prend de se défouler, il lance quelques balles dans le filet qui est installé, dans un coin de son sous-sol.

Pour un gars qui ne sait pas où il passera les prochains mois, Aumont n’a pas l’air trop nerveux.

Comme tout le monde, il suit la vague.

« Nous sommes dans une période où nous ne pouvons rien faire. »

Les joueurs qui ont choisi de rester au camp des Jays sont, pour la plupart, des jeunes célibataires. « Ils préfèrent rester dans leurs appartements que retourner chez leurs parents. »

Aumont est rentré, entre autres, pour être auprès des siens. Sa conjointe Frédérique se trouve à Gatineau. Leur bébé aussi.

Le lanceur de Gatineau n’est pas trop stressé, non plus, parce qu’il sait qu’il existe une vie après le baseball. Son été passé loin des terrains, en 2016, lui a permis de comprendre certaines choses.

Il lui reste sans doute quelques beaux étés à passer sous le soleil. Quand la vie reprendra son cours normal, il aura peut-être même la chance de lancer au Rogers Centre. On verra bien.

En attendant, Aumont se soucie davantage du mariage, dont on parlait un peu plus haut. Pour l’instant, la cérémonie est prévue pour le mois de novembre.

« On pensait qu’on était safe... Il faudra peut-être modifier nos plans. »