Chris Neil et Chris Phillips – que l’on voit ici en 2005 – ont joué ensemble à Ottawa pendant près de 15 ans, à l’époque où les Sénateurs faisaient partie de l’élite de la Ligue nationale.

Chris et Chris

CHRONIQUE / D’anciens détenteurs de billets de saison des Sénateurs ont reçu une surprise, par la poste, la semaine dernière. Une lettre, signée par deux anciens joueurs, Chris Phillips et Chris Neil. Une lettre dans laquelle on les invite à revenir au Centre Canadian Tire, en renouvelant leur engagement auprès de l’organisation.

La chronique qui suit portera sur Phillips et sur Neil. Sur le rôle que les anciens pourraient jouer dans la relance.

Mais d’abord, un petit mot sur la lettre, en tant que tel.

Phillips et Neil se font, en quelque sorte, vendeurs d’espoir. Ils affirment que les choses progressent, sur la patinoire. Ils s’appuient sur la récente mise sous contrat, pour six ans, du jeune centre Colin White.

Nous en avons déjà parlé. White n’est pas un mauvais joueur. Mais White est surtout obligé de donner les premières années de sa carrière à l’organisation qui l’a repêché. La convention collective le veut ainsi. Il a signé un pacte de six ans avec les Sénateurs, entre autres, parce qu’il n’avait pas vraiment le choix.

Dans le reste de la lettre, Phillips et Neil parlent de l’importance de soutenir les 800 personnes qui gagnent leur vie, à temps complet ou partiel, au CCT.

Ils nous rappellent que les Sénateurs jouent un rôle important dans le développement économique de la région d’Ottawa-Gatineau. Ils nous parlent du rôle de leader qu’exerce la Fondation des Sénateurs dans de nombreux projets sociaux et communautaires.

Ça ressemble au plaidoyer d’un club sportif qui a perdu contact avec sa ressource la plus importante : ses partisans. Qui comprend aujourd’hui leur importance. Et qui cherche désespérément à regagner leur confiance.

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Bon. Parlons des messagers, maintenant.

Je vous l’ai dit, deux ou trois fois, déjà. Les Sénateurs ont parfois du mal à faire passer leurs messages parce que leurs porte-paroles ne sont pas très efficaces.

D’abord, on vous rappelle qu’on parle de la seule organisation de toute la LNH qui n’a pas de président. Le poste est vacant depuis le départ de Tom Anselmi, en février 2018.

Nicolas Ruszkowski est allé au bâton à quelques occasions quand il occupait le poste de « chef de l’exploitation », mais il a également quitté le navire et il n’a pas été remplacé.

Pierre Dorion n’est pas toujours à l’aise quand vient le temps de parler en public. Il devient souvent maladroit quand il se sent attaqué.

Eugene Melnyk est 20 fois pire.

Donc, dans ce contexte unique, l’idée de faire appel aux anciens joueurs m’apparaît intéressante.

Je me demande d’ailleurs pourquoi on n’a pas fait appel à eux plus tôt.

Au cours des deux dernières années de misère, c’est surtout le sentiment de fierté des partisans qu’on a écorché.

On leur répète sur à peu près toutes les tribunes que leur équipe constitue la risée de toute la LNH.

C’est le genre de truc qui, à la longue, vous enlèvera l’envie de vous rendre à Kanata.

Or, Phillips et Neil nous ramènent aux débuts des années 2000. La période la plus faste dans la jeune histoire des Sénateurs.

À ce moment-là, les Sénateurs ont fait exactement ce qu’ils cherchent à faire, en ce moment. Partis de rien, ils ont lentement gravi les échelons. À défaut d’avoir les moyens de rivaliser avec les géants, en misant sur des jeunes de talent, ils ont réussi à former une équipe qui a fait partie de l’élite pendant une bonne dizaine d’années.

Les partisans n’avaient pas peur de s’afficher, au début des années 2000.

Personne ne riait des Sénateurs, au début des années 2000.

Vraiment, l’idée de placer les deux Chris en vitrine a du bon.

Les Sénateurs ne devraient d’ailleurs pas se limiter à eux. Les joueurs qui ont fait la belle époque ont presque tous accroché leurs patins. Mike Fisher, Wade Redden, Antoine Vermette ont tous porté le maillot avec fierté. Ils seraient sans doute heureux de nous le dire, si on leur en donnait l’occasion.

Chris Phillips et Chris Neil ont l’avantage de ne jamais se trouver bien loin. Ils vivent à Ottawa.

Ils ne sont pas seuls. Leur capitaine Daniel Alfredsson aussi. Et, pour des raisons qui n’ont jamais été clairement expliquées, il se tient loin de l’équipe.

Les anciens détenteurs de billets de saison auraient quand même le droit de poser la question. Si le plus grand joueur des Sénateurs boude le CCT, pourquoi devrait-on y retourner ?