Robin Lehner n’a pas complètement changé. Il a vieilli, il a mûri.

Ces fichus tirs de barrage...

CHRONIQUE - À TRAVERS LA LNH / Robin Lehner n’a pas complètement changé. Il a vieilli, il a mûri. Il a trouvé l’aide dont il avait besoin pour vaincre ses démons. Il a quand même gardé le feu intérieur. Il est un féroce compétiteur. Il est toujours prêt à se chamailler.

Dimanche, le gardien suédois de 28 ans s’est branché sur Twitter pour s’en prendre à ses détracteurs.

Lehner venait de subir un autre échec dans une séance de tirs de barrage.

Samedi soir, à Dallas, il a été brillant. Il a stoppé 40 lancers durant les 65 minutes de jeu. Il a stoppé cinq rondelles durant la toujours très dangereuse période de prolongation à trois contre trois.

Mais il n’a pas été capable d’aller chercher un deuxième point pour les Blackhawks de Chicago, durant le concours d’habiletés individuelles.

On devine que les commentaires – surtout ceux des reporters, analystes et columnists – l’ont mis en rogne.

« J’aimerais que tous les experts des médias me donnent une nouvelle stratégie pour les tirs de barrage. Je suis à l’écoute », a-t-il lancé, au début d’une enfilade de micromessages.

« Les tirs de barrage, ce n’est pas du hockey. J’ai donc un peu l’impression que je dois me familiariser avec ce nouveau sport. J’espère sincèrement qu’un expert saura m’aider, parce que mes entraîneurs n’ont pas réussi à me donner les bons outils, jusqu’à présent. »

On devine que les difficultés de Lehner ne sont pas nouvelles. Il s’est même permis de solliciter l’opinion des amateurs de hockey de Buffalo. Il a été le gardien de but titulaire des Sabres durant trois pénibles saisons.

Les gazouillis de Lehner ont déclenché une belle petite conversation. En l’espace de quelques heures, il a reçu environ 800 réponses.

« Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me répondre. Je ne manquerai pas de souligner vos contributions, si jamais je trouve le moyen de gagner », a-t-il conclu, sur un ton un peu plus léger.

Le problème n’en demeure pas moins sérieux.

Les Blackhawks ont entrepris la semaine au sixième rang dans la section Centrale. Ils se trouvaient quand même à deux petits points d’une place en séries.

Ils ont participé à trois séances de tirs au but, jusqu’ici. Chaque fois, ils se sont inclinés. On peut donc penser que les trois points qu’ils ont perdus, dans le contexte, pourraient faire une grosse différence à la fin de l’année.

Ce ne serait pas la première fois que ça se produit.

En 2015, par exemple, les Bruins de Boston et les Kings de Los Angeles ont raté les séries de justesse. Dans l’Est, il manquait tout juste deux points à la bande à Patrice Bergeron. Dans l’Ouest, l’équipe d’Anze Kopitar a raté sa qualification par quatre points.

Dans les mois d’hiver, les Bruins avaient présenté une fiche de 4-10 en tirs de barrage. Les Kings avaient subi huit défaites en 10 tentatives.

En 2014-15, Tuukka Rask a pourtant complété la saison parmi les 12 meilleurs gardiens de la LNH au chapitre du taux d’efficacité. Jonathan Quick a pris le septième rang avec ses 36 victoires et la sixième place avec ses six blanchissages.

Cinq ans plus tard, c’est un peu la même chose. Les Blackhawks ne peuvent pas vraiment se plaindre du rendement de Lehner, depuis le jour où ils l’ont mis sous contrat. Le type a quand même conservé un taux d’efficacité de 93,8 % dans les deux premiers mois de la saison régulière.

« Je n’arrive pas à comprendre ce qui est si difficile, durant les tirs de barrage. Pourtant, durant les matches, je réussis plein d’arrêts lorsque les joueurs arrivent en échappée. Les joueurs arrivent à une vitesse différente. J’ai déjà essayé tout plein de choses. C’est ça qui est ça », a déclaré Lehner au Chicago Tribune au terme de sa plus récente défaite.

Après Babcock, Laviolette ?

Le petit monde de la LNH recommence à peine à respirer, six jours après le congédiement de Mike Babcock. L’entraîneur-chef de l’équipe olympique canadienne qui perd son poste, à la tête d’un club légendaire...

Il fallait s’attendre à ce que tout le monde en parle pendant quelques jours.

On peut maintenant se demander si d’autres entraîneurs ne sont pas en danger de suivre Babcock, au bureau de chômage.

Peter Laviolette serait-il en danger ?

Babcock a perdu ses six derniers matches à la barre des Maple Leafs.

À Toronto, les attentes étaient fortes, en tout début de saison.

À Nashville, les Predators se retrouvent dans une situation similaire. Ils ont réussi à mettre un terme à une séquence de six revers consécutifs, samedi soir. Ils ont gagné seulement 10 de leurs 22 premières parties. Cela nous semble un brin insuffisant, pour une franchise qui a pris part à la finale de la coupe Stanley en 2017.

« Je n’ai ressenti aucune pression de la direction jusqu’à maintenant », a indiqué Laviolette dans une entrevue avec le quotidien Tennessean, ce week-end.

Une chance pour Zadina

Il semble y avoir beaucoup de pression sur les épaules de Jesperi Kotkaniemi, ces jours-ci, à Montréal. Le moment serait peut-être bien choisi pour se rappeler que le jeune homme n’a pas encore 20 ans. Trois joueurs issus du repêchage de 2018 – Rasmus Dahlin, Andrei Svechnikov et Brady Tkachuk – connaissent un certain succès dans la LNH. Tous les autres sont en mode apprentissage.

Filip Zadina, l’ailier qui a été repêché au sixième rang, continue son apprentissage dans la Ligue américaine, même s’il appartient à la pire formation de toute la LNH.

Les Red Wings de Détroit viennent de le rappeler pour la première fois de la saison. Au terme de son premier match, l’entraîneur-chef Jeff Blashill semblait bien embêté de commenter sa performance.

« Zadina a quand même bien joué. Il n’avait pas l’air perdu, sur la glace. En première période, il a bien paru. Par la suite, comme tous les autres, il n’a pas généré grand-chose... »

Longue disette

Un ancien espoir de premier plan, Valeri Nichushkin, peut respirer un peu mieux. Il a mis fin, ce week-end, à une longue disette de 91 parties sans marquer.

« La pire période de toute ma vie », a indiqué, après coup, celui qui tente de relancer sa carrière au Colorado.