Depuis 2016, le Camp des recrues RBC est un rendez-vous pan-canadien qui met en contact des athlètes avec des sports méconnus pour eux, dans lesquels ils ont toutefois les capacités d’exceller. Pour augmenter les chances d’un mariage réussi, ils subissent divers tests physiques qui permettent aux représentants de 14 fédération sportives de recruter les perles rares.

Sueur et espoir au Camp des recrues RBC

Des cris, des grognements et de la sueur. Des efforts. Mais par-dessus tout, de l’espoir. Soixante-cinq athlètes de 14 à 25 ans ont participé au troisième Camp des recrues RBC, samedi matin.

Depuis 2016, ce rendez-vous pan-canadien met en contact des athlètes avec des sports méconnus pour eux, dans lesquels ils ont toutefois les capacités d’exceller. Pour augmenter les chances d’un mariage réussi, ils subissent divers tests physiques qui permettent aux représentants de 14 fédération sportives de recruter les perles rares.

Au cours des deux premières années, 363 athlètes dans tout le Canada ont été «identifiés» comme ayant un potentiel hors du commun. Certains ont carrément changé de sports; d’autres ont reçu une aide financière tout en poursuivant dans la même veine.

Samedi, dans un gymnase du Centre Wilbrod-Bherer, les participants ont reçu les encouragements de Marc-Antoine Gagnon et Lewis Irving, deux athlètes de l’équipe canadienne aux derniers Jeux olympiques. Pendant que le premier dirigeait la circulation comme un véritable membre de l’organisation, crayon et presse-papier à la main, le deuxième était installé au départ du sprint pour encourager les coureurs. Il y a même eu un «effet Lewis» : plusieurs participants amélioraient leur temps lorsque le bosseur criait au départ.

«Si ça peut les aider, c’est bon! Je trippe avec eux», a rigolé Irving, impressionné par des performances vues samedi.

Selon lui, ce genre d’événement permet à certains jeunes de persévérer dans le sport, à un âge où il devient souvent difficile de le faire. «Une fois que la vie sociale grossit — les sorties avec les amis, la première auto — ça vient avec une baisse d’intérêt pour l’entraînement. Un truc comme ça les motive, fait qu’ils vont peut-être passer cette petite bosse-là», affirme l’athlète de 22 ans.

Selon Gagnon, cette activité permet aussi de mettre en relief l’importance de toucher à plusieurs activités. «On commence à réaliser que faire toujours le même sport, douze mois par année, n’est peut-être pas la façon optimale de développer un athlète. C’est peut-être mieux de faire plusieurs sports différents, développer des aptitudes différentes», suggère-t-il.

Plusieurs entraîneurs étaient sur place, samedi, dont l’olympienne Mylanie Barré, toujours impliquée chez Canoë Kayak Canada. «C’est quelque chose que j’aurais aimé faire dans mon temps», souligne l’ex-kayakiste de 38 ans, septième en K2 500 mètres aux JO d’Athènes, avec Caroline Brunet. «C’est super pertinent. Je ne suis pas sûre que j’aurais changé de sport. […] Mais ça donne une chance aux athlètes de découvrir quelque chose de nouveau qu’ils ignoraient sur eux-mêmes», ajoute celle qui a déjà pensé faire le saut en aviron.

Le camp régional tenu à Québec samedi est l’un des six organisés dans la province. Sur les quelque 500 athlètes qui se pointeront aux différents rendez-vous, les organisateurs vont réunir les 100 plus prometteurs lors de la grande finale provinciale, le 14 juillet à Montréal. Le même manège se déroule dans d’autres provinces canadiennes.

En février, les cinq «gagnants» des camps de 2017 ont fait le voyage comme observateurs aux Jeux olympiques de PyeongChang, a raconté Gagnon. «Je pense qu’ils ont eu la piqûre pour les Jeux. Quand on leur parlait, ils étaient tous émerveillés. Tu voyais que ça leur tentait tous d’y retourner, mais cette fois-ci comme athlète.»

Test de force pour cette participante.

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AU PIED DU PODIUM OLYMPIQUE... DEUX FOIS DE SUITE

Aux Jeux olympiques, la quatrième position a souvent un goût amer. Imaginez la décrocher deux fois de suite…

Le bosseur Marc-Antoine Gagnon n’aura jamais de médaille olympique au cou, même s’il a réalisé deux performances exceptionnelles, à Sotchi en 2014 et à PyeongChang, en février dernier. Chaque fois, trois hommes ont toutefois été meilleurs que lui, selon les juges.

«Sur le coup, j’étais vraiment déçu», a raconté Gagnon, samedi, parlant de sa quatrième place en Corée. «Quand ça venait d’arriver et que j’ai vu ma famille et ma blonde, j’ai commencé à pleurer. Je trouvais ça difficile que ça arrive une deuxième fois de suite.»

Car il avait aussi terminé quatrième à Sotchi, quatre ans plus tôt. Cette fois-là, par contre, «j’étais super content de ma quatrième place parce que c’était mes premiers Jeux, je ne savais pas trop à quoi m’attendre».

Gagnon a conclu sa carrière le 18 mars, terminant septième de sa dernière Coupe du monde. Depuis, il a pu prendre un peu de recul et savourer la grandeur de son exploit.

«Je réalise que deux fois quatrième aux Olympiques, c’est quand même exceptionnel. Je suis fier de moi… Mais idéalement, j’aurais aimé finir une position de mieux!» lance-t-il en riant.

Tout nouveau, tout beau, cette retraite. Il s’attend toutefois à un petit choc dans quelques mois, lorsque Mikaël Kingsbury et les autres bosseurs recommenceront les compétitions. «Ça va sans doute être un peu plus difficile quand je vais regarder mes chums sur l’ordinateur à la maison. Mais j’ai accompli ce que je voulais. C’est un bon moment pour arrêter, je n’ai pas de regrets», conclut l’ex-athlète de 27 ans, qui compte terminer son diplôme en économie d’ici deux ans.