Même si Luis Suarez a inscrit 51 buts en 99 matchs avec l'équipe nationale uruguayenne, il est davantage reconnu pour son mauvais caractère et... ses suspensions pour morsure.

Suarez toujours en quête de rédemption

NIJNI NOVGOROD — La main sur la ligne face au Ghana en 2010, la morsure sur Chiellini en 2014... C’est la face sombre de Luis Suarez qui a surgi lors des deux dernières Coupes du monde. Mais pour fêter dignement sa 100e sélection mercredi (11h) contre l’Arabie saoudite, l’attaquant uruguayen voudra rappeler que ce qu’il fait le mieux, c’est marquer.

Suarez n’a pas vraiment le profil du héros simplement positif. Buteur prolifique d’un côté, il est aussi truqueur, caractériel, et passe avec la même facilité du paradis à l’enfer, dans une quête perpétuelle de rédemption.

Dans ce Mondial russe, ce n’est pour l’instant qu’une entrée en matière ratée que l’attaquant barcelonais doit se faire pardonner. «Pourquoi est-ce que Suarez a mal joué? Je n’en sais rien. Mais c’est arrivé aux plus grands, à Pelé, à Maradona et aux autres, de ne pas jouer à leur niveau. Ça n’est pas un péché», a commenté son sélectionneur, Oscar Tabarez, après lavictoire de 1-0 contre l’Égypte, vendredi.

Car au fil de 99 sélections, Suarez a marqué pas moins de 51 buts. De la tête, de volée, en force, en finesse, il marque partout, tout le temps. Et mercredi à Rostov, l’Arabie saoudite et sa faible défense, mise en pièces par la Russie en ouverture (5-0), pourrait avoir plus de mal que celle des «Pharaons» à résister au duo Cavani-Suarez.

Cinq buts oubliés

Le «Pistolero», lui, veut fêter sa 100e sélection avec un nouveau but en Coupe du monde, après les trois de 2010 et les deux de 2014. Ces cinq buts ont été un peu oubliés. Car en Afrique du Sud et au Brésil, ce ne sont pas les talents d’attaquant de Suarez qui sont restés dans les mémoires.

En 2010, en quart de finale face au Ghana, à la dernière minute de la prolongation, il avait arrêté de la main un ballon qui filait dans les buts de son équipe et avait été expulsé. Sur le chemin des vestiaires, il avait eu le temps de voir la frappe d’Asamoah Gyan frapper la barre et de célébrer l’évènement comme un but vainqueur, divisant immédiatement les fans de foot du monde entier : Suarez héros patriotique ou tricheur indéfendable?

La question a été en quelque sorte tranchée quatre ans plus tard au Brésil avec une nouvelle expulsion après une morsure à l’épaule de l’Italien Giorgio Chiellini. Il s’agissait alors de sa troisième suspension pour morsure et l’incident avait consolidé sa réputation de mauvais garçon.

Verdict : neuf matchs de suspension avec l’Uruguay, quatre mois sans football, y compris en club, et les critiques de tout l’univers du football. Mais Suarez s’est reconstruit à Barcelone, en coéquipier parfait de Lionel Messi, et a continué à empiler les buts avec la Celeste.

«Ça lui a servi de leçon pour acquérir plus de maturité, pas seulement dans le football, mais aussi dans d’autres parties de sa vie, comme dans sa vie familiale», avait d’ailleurs raconté Tabarez à la veille du premier match de l’Uruguay. «Il a le bon état d’esprit pour cette Coupe du monde et il est à la hauteur de mes attentes. En plus d’être un grand joueur, il est très malin, très intelligent et on va beaucoup s’appuyer sur lui», avait poursuivi le sélectionneur de 71 ans.

Il ne manque que le 52e but.