Lance Stroll a complété 27 tours avant d'endommager son bolide lors des premiers essais au Grand Prix de Monaco, jeudi.

Stroll termine les essais libres dans une barrière à Monaco

Ce que Lance Stroll redoutait tant s'est produit. Sa journée de travail sur le circuit de Monte-Carlo a pris fin abruptement après qu'il soit entré en collision avec une barrière de sécurité, à mi-chemin de la deuxième séance d'essais libres jeudi au Grand Prix de F1 de Monaco.
Stroll a poussé un peu trop et perdu la maîtrise de sa voiture Williams à l'entrée du virage Massenet, près du casino. Le Québécois de 18 ans a endommagé la suspension avant du côté droit et provoqué l'interruption temporaire de la séance.
«J'ai simplement perdu l'arrière de la voiture. Je poussais pour mieux comprendre les limites et malheureusement j'ai échappé la voiture. Mais ce n'est pas à cause des pneus, car nous avons été en mesure d'effectuer plusieurs tours lancés sans aucun problème. Malgré tout, je crois que ç'a été une bonne journée, parce que je n'ai pas manqué trop de temps en piste», a expliqué le pilote recrue, qui a effectué 27 tours, la plupart en pneus ultra-tendres.
Lowe positif
Le directeur technique de Williams, Paddy Lowe, a lui aussi dressé un portait plutôt positif de la journée de Stroll. «C'était la première fois que Lance était en piste à Monaco, et il a fait du très bon boulot pour bâtir sa confiance et améliorer ses temps. En milieu de séance, il signait même des temps très semblables à ceux de Felipe [Massa].»
Stroll n'a toutefois pu s'empêcher d'admettre que certains secteurs du circuit lui donnaient encore beaucoup de fil à retordre, dont un en particulier. «Les virages numéros 8 et 9. Ça me frustre vraiment, parce qu'à chaque fois que je cours sur ce circuit à la PlayStation, c'est ce secteur-là que je suis incapable de négocier correctement», a-t-il évoqué, provoquant les rires des journalistes. «Et dans la réalité, c'est la même affaire. J'en déduis que le jeu vidéo est assez près de la réalité.»
Mercredi, il avait noté que la clé pour lui cette fin de semaine consistait à effectuer le plus de tours possible afin de se familiariser avec le circuit, sur lequel il n'a jamais couru.  Il pourra toutefois se consoler, puisque ses mécaniciens auront une journée pour réparer les dégâts sur la voiture, vendredi, avant de la retourner en piste pour la troisième séance d'essais libres samedi matin. 
«Ce n'est pas facile pour nous avec la voiture ici, parce que nous avons peu d'appuis aérodynamiques. Notre voiture est plus performante dans les lignes droites, et ici elles sont très rares, donc on va voir. Mais je suis satisfait, parce que maintenant je sais jusqu'où je peux pousser avant de commettre une erreur.»
L'exemple de Verstappen
La journée avait pourtant bien commencé pour le pilote de Mont-Tremblant, qui avait réalisé le 16e meilleur temps lors de la première séance d'essais, à plus de deux secondes du meneur provisoire (Lewis Hamilton) et à un peu moins d'une seconde de Massa (11e).
Stroll n'est pas la première recrue à mordre la poussière sur ce circuit urbain de 3,4 km. Max Verstappen tentera dimanche de terminer le Grand Prix de Monaco pour la première fois de sa carrière, après avoir été contraint à l'abandon alors qu'il pilotait pour Toro Rosso en 2015 et pour Red Bull la saison dernière.
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Un retour amusant pour le gentleman retraité
Cette semaine, Jenson Button remplace Fernando Alonso au volant d'une McLaren-Honda car ce dernier a décidé de prendre part aux 500 milles d'Indianapolis, dimanche.
Jenson Button, de retour pour une pige chez McLaren-Honda, a été jeudi la principale attraction du GP de Monaco, qui pourtant n'en manque pas.
Retiré des circuits en fin de saison dernière pour se consacrer à sa passion du triathlon, le champion du monde 2009 (avec Brawn GP) remplace cette fin de semaine Fernando Alonso. Frustré par un mauvais début de saison, son écurie est la seule à n'avoir encore inscrit aucun point, l'Espagnol fait l'impasse sur le prestigieux rendez-vous monégasque pour voir si l'herbe est plus verte aux 500 milles d'Indianapolis. Button, qui n'avait pas encore fait la connaissance des monoplaces 2017, plus imposantes et plus rapides, a signé le 14e temps du matin et le 12e de l'après-midi.
«C'est étrange au début, mais on s'habitue. La vitesse est très amusante. La chose la plus bizarre est peut-être quand tu laisses passer une voiture. Tu vois sa taille, elle est gigantesque et tu te sens très mal à l'aise! Ça a été très naturel de remonter dans la voiture», a ajouté le gentleman de la F1, âgé de 37 ans. «Je freine encore trop tôt et je me positionne mal, donc il y a des choses à améliorer, mais ça viendra. Si on améliore ça d'ici samedi avec plus de confiance, ça devrait aller. Avec un jour de repos et du temps avec les ingénieurs, j'espère pouvoir m'améliorer.
«Piloter une F1 ne m'a pas manqué», a toutefois assuré le Britannique, qui vient de se qualifier pour le Championnat du monde Ironman 70.3. «Mais quand tu es dans la voiture, tu apprécies vraiment le moment. Elle me va très bien, comme un gant. [...] Je n'ai pas encore pensé à la place à laquelle je pouvais finir dimanche. Je veux continuer à m'amuser et à m'améliorer», a poursuivi le vainqueur à Monaco, en 2009, qui prendra le départ de sa 306e course en F1. Seuls Michael Schumacher (307) et Rubens Barrichello (323) le devancent.  AFP