Habitué aux feux de la rampe, Adonis Stevenson a décidé de faire les choses autrement cette fois, lui qui a éloigné certains membres de sa garde rapprochée pour se préparer à affronter Oleksandr Gvozdyk au Centre Vidéotron le 1er décembre.

Stevenson se prépare discrètement à affronter Gvozdyk

MONTRÉAL — Adonis Stevenson et son entraîneur Javon «Sugar» Hill ont décidé de revoir leur plan de match en vue de l’affrontement du champion des mi-lourds WBC face à son aspirant obligatoire, Oleksandr Gvozdyk.

À un peu moins de deux semaines du choc du 1er décembre, au Centre Vidéotron de Québec, les deux hommes ont fait le point au gymnase montréalais du champion. Habitué d’être constamment sous les feux de la rampe, Stevenson a plutôt choisi de faire les choses plus simplement pour ce camp d’entraînement, éloignant même quelques membres de sa garde rapprochée afin que son entraîneur et lui puissent s’isoler, se recentrer.

«Nous avons connu un très bon camp d’entraînement, bien différent de ce à quoi Adonis est habitué», a admis Hill. «Nous avons fait les choses en privé, nous nous sommes isolés en quelque sorte. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. C’est quelque chose que mon oncle Emanuel [Stewart, l’ex-entraîneur de Stevenson] faisait avec ses boxeurs. Il trouvait essentiel qu’un boxeur et son entraîneur passent du temps ensemble, afin d’apprendre à se connaître et que la chimie soit parfaite le soir du combat.»

«Il y a des aspects de l’entraînement que nous avons changés», a pour sa part expliqué Stevenson (29-1-1, 24 K.-O.). «J’ai beaucoup travaillé au point de vue technique. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble. J’ai fait le vide autour de moi, ce qui fait que j’étais très concentré sur mon camp d’entraînement.

«Nous avons aussi visionné des vidéos de Gvozdyk. Mais après quelques combats, on trouvait ça trop endormant, alors nous avons arrêté», a-t-il dit en riant. «Nous savions déjà à quoi nous en tenir avec lui.»

Adversaire coriace

C’est d’ailleurs un coriace adversaire qu’affrontera Stevenson en Gvozdyk (15-0, 12 K.-O.). Le médaillé de bronze des Jeux olympiques de Londres n’a peut-être pas l’expérience du champion en combats de championnats du monde, mais il a tout un bagage chez les amateurs. Trois fois champion national d’Ukraine, il a terminé dans le top 8 aux Mondiaux de 2011, avant de participer aux Séries mondiales de boxe entre 2011 et 2013, où il a compilé une fiche de 9-0.

«Gvozdyk est un trop bon adversaire pour ne pas le prendre au sérieux», a souligné avec justesse Stevenson. Celui qui tentera d’effectuer une 10e défense de titre a également noté qu’il doit toujours être au sommet de sa forme, peu importe l’adversaire.

«Je suis toujours préparé, car lorsqu’on boxe contre moi, les gars sont motivés au maximum. Lorsque je monterai dans le ring, je serai gonflé à bloc. Peu importe ce qu’il va faire, dès qu’il va commettre une erreur, avec ma rapidité, je vais le faire payer. Je suis un bon contre-attaquant, alors je n’ai pas besoin de forcer les choses, je sais que ça va arriver.»

C’est sur cette mise en scène que Hill a mis l’accent à l’entraînement. Il souhaite voir son protégé préparer ses K.-O. davantage.

«Je veux voir plus de jabs, plus de préparations, pas seulement qu’il vise le K.-O. Je veux qu’il prépare ce K.-O. avec des combinaisons, qu’il passe du corps à la tête et vice-versa. L’une des choses que nous avons travaillées, c’est d’être plus incisif au niveau technique. Je veux en faire un boxeur plus rapide, plus puissant des deux mains, pas seulement de la gauche. Nous avons hâte de pouvoir montrer ces nouveaux aspects le 1er décembre.»

+

FAIRE MIEUX QU'EN MAI

Un peu comme avant son affrontement face à Badou Jack, un décevant verdict nul, plusieurs estiment que l’Ukrainien Oleksandr Gvozdyk est un meilleur boxeur qu’Adonis Stevenson. Mais le champion s’en sert comme motivation. «Il y a tellement de choses qui se disent. Mais je viens d’un bon endroit, le Kronk Gym, avec Suger et Emanuel, et j’ai Tiger Paul [il dirige le gymnase montréalais où Stevenson s’entraîne] dans mon coin. Ce sera donc très difficile pour un boxeur de me déclasser. Je connais bien mon métier.»

Stevenson est toutefois conscient qu’il devra livrer le 1er décembre une meilleure performance qu’en mai dernier, alors qu’il était affaibli par un virus. «Je ne veux pas m’en servir comme une excuse, mais avec le virus qui m’a affaibli, ça ne s’est pas passé comme je voulais. On disait pourtant que Badou Jack allait offrir une boxe supérieure à la mienne et qu’il était un meilleur boxeur. Ce n’est pas ça qui s’est passé du tout. Il a été vraiment surpris : il a trouvé qu’il n’y avait pas juste la gauche qui pouvait causer beaucoup de dégâts.»