Bika encaisse un direct de Stevenson.

Stevenson conserve sa ceinture: passons à Kovalev

La prochaine étape dans la carrière d'Adonis Stevenson s'appelle Sergey Kovalev. «Je suis rendu là!» a lancé le champion du monde mi-lourd du WBC, samedi, après avoir défendu sa ceinture devant 4729 spectateurs au Colisée de Québec.
Quelques millions d'amateurs de plus ont vu le Québécois d'adoption prendre la mesure de Sakio Bika par décision unanime, au terme de 12 rounds de bonne boxe télédiffusée sur la chaîne américaine CBS. Les juges ont donné raison à Stevenson aux pointages de 115-111, 116-110 et 115-110.
Pour cette dernière manifestation du noble art dans le vétuste aréna du quartier Limoilou, Stevenson n'a pas lésiné sur les efforts pour clore en point d'exclamation 65 ans d'histoire. Mais le vieux routier Bika s'avère un encaisseur hors pair. L'Australien né au Cameroun n'a jamais été mis hors de combat en 42 bagarres et 15 ans de carrière pro.
«Je l'ai envoyé deux fois au plancher [aux 6e et 9e rounds], mais il ne s'est jamais découragé. Il est quand même endurant. Et j'avais dit que je voulais le knocker, mais aussi que j'étais prêt pour faire 12 rounds. Je savais que j'étais en contrôle durant pas mal tout le combat», analyse celui qui défendait son titre pour une cinquième fois, la troisième à Québec.
Durant sa conférence de presse d'après-combat, accompagné par sa mère, le champion de 37 ans cachait quand même trois points de suture sous sa casquette. Une première en carrière pour lui, héritée d'un coup de tête involontaire de Bika au 12e.
«Plus dur» que prévu
Entraîneur du puissant gaucher, Javon Hill admet que Bika s'est avéré «encore plus dur que ce à quoi [il s'attendait]». Le promoteur Yvon Michel en rajoute : «Bika avait un meilleur pedigree que tous les autres adversaires d'Adonis, à part Chad Dawson, mais Dawson était parti tellement vite [76 secondes]... On peut donc dire sans se tromper que Bika était la meilleure opposition de la carrière d'Adonis.»
Andrzej Fonfara avait aussi fait 12 rounds avec Stevenson, en mai dernier, mais le champion s'était blessé dès le deuxième round à la main gauche, celle d'où sort son fameux coup de poing Superman.
«C'est moi qui ferme le Colisée, il me manque juste la clé! blague Stevenson. Ça va rester dans les annales. Même quand je ne boxerai plus ou que je serai mort, ce sera toujours là.»
Son prochain combat pourrait avoir lieu à quelques pas de là, dans le nouvel amphithéâtre de Québec, qui sera inauguré en septembre prochain. Un des lieux possibles pour le combat d'unification de quatre ceintures mondiales chez les 175 lb entre Stevenson (WBC) et Kovalev (WBA, WBO et IBF).
Mais d'autres scénarios sont possibles. Comme un choc aussi tôt que juin ou juillet au Centre Bell de Montréal. Ou un affrontement plus tard à l'automne, advenant que Kovalev défende sa couronne IBF contre Nadjib Mohammedi d'ici l'été.
Dans ce cas, la prochaine prestation pugilistique de Stevenson aurait lieu dans son pays natal, Haïti, contre un rival moins dangereux que Kovalev ou même Bika.
On en saura davantage le 17 avril avec l'appel d'offres pour les droits de Stevenson-Kovalev. Mais même si Michel et son groupe GYM obtiennent les droits, ils ajoutent ceci : «on n'est pas stupides. Si le MGM Grand nous offre 5 millions $ pour avoir le combat, on va y aller». Au-delà des dollars de Las Vegas, le taux de change s'avère très favorable aux billets verts américains.
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«Il a prouvé qu'il est un champion»
Après avoir encaissé une septième défaite en carrière, troisième combat de suite sans victoire pour lui, Sakio Bika rendait crédit à son rival. «Il a vraiment gagné, il a prouvé qu'il est un champion. Oui, c'est un champion. Il a mérité la victoire», a-t-il dit à propos du deuxième à l'envoyer au tapis dans sa carrière. Mais de là à ranger Stevenson aux côtés de géants comme Joe Calzaghe (2006) et Andre Ward (2010), contre qui il s'est aussi incliné, pas trop vite. «Je suis le premier adversaire vraiment dur qu'il a eu à affronter. Peut-être dans le futur, s'il continue à gagner, il sera parmi les meilleurs, mais pour l'instant, il a encore beaucoup à travailler.» Après avoir prouvé qu'il faut plus qu'un prétendant gonflé de courage pour offrir un bon combat de championnat du monde, Bika pourrait redescendre dans sa catégorie de poids naturelle, 168 lb au lieu de 175. «Je suis à l'aise dans les deux catégories et ça dépendra de mon gérant. Mais chez les mi-lourds, il y a juste deux grosses têtes [Stevenson et Kovalev], tandis qu'il y a plus de bons boxeurs chez les super-moyens.»