Simon Kean et Mladen Millas ont fin un brin de causette la semaine passée à Las Vegas

L’été américain de Simon Kean

Tant qu’à soigner une blessure à un coude en plein été, aussi bien en profiter pour réaliser un vieux rêve.

Depuis plus d’un mois, Simon Kean arpente les routes des États-Unis à bord de son nouveau VUS. New York, Memphis, Nashville, Las Vegas ont notamment été visitées par le Grizzly, qui voyage en solo.

«Pas le choix, aucun de mes amis ne pouvait se libérer pendant autant de semaines. Or j’avais ça dans la tête depuis un bout de temps, alors j’ai décidé de partir seul», sourit le boxeur professionnel poids lourd, qui dit ne pas souffrir de solitude. «Je vois tellement de belles choses. Je fais de belles rencontres un peu partout. J’ai trippé solide à Memphis en arrêtant dans un parc jouer au basket-ball en pleine canicule…»

À Vegas, Kean est aussi tombé face à face avec Mladen Miljas, qu’il supplie depuis des mois de se mesurer à lui. L’Ontarien a tellement fait la sourde oreille à sa cour que l’équipe de Kean a demandé – et obtenu – qu’il soit dépouillé de son titre canadien au début de l’été!

«Sans blague, c’était vraiment une coïncidence. J’ai beau être en vacances, j’aime aller dans le gym pareil et ce n’était pas le premier que je visitais en chemin. Je n’allais pas rater ça à Vegas, il y a tellement de bons poids lourds qui s’entraînent ici. Mais bon, c’est sûr que lorsque j’ai vu Miljas, mon attention s’est portée sur lui.»

Simon Kean a adoré participer à un match de basket-ball improvisé à Memphis

Kean a initié une discussion. Il voulait savoir pourquoi le clan Miljas n’a même pas voulu connaître les détails financiers de la dernière offre de Camille Estephan. «Il a été franc. Il m’a dit qu’il n’avait pas peur de moi, comme il savait que je n’avais pas peur de lui. Mais à son avis, il a trop peu de combats à son actif avant de s’engager dans une bagarre du genre», confie Kean, qui lui a quand même offert une petite séance de sparring, juste entre les deux, tant qu’à être à la même adresse. «Il a refusé de mettre les gants avec moi. Mais bon, il n’était qu’à quelques jours d’un combat, je comprends sa décision.»

En fait, ce petit sparring amical aurait certainement été plus difficile que le combat de vendredi soir dernier. Miljas n’a eu besoin que d’un petit round pour liquider Aaron Chavers (8-9-1), un type qui a perdu ses six derniers combats. Ironiquement, ce Chavers était probablement le meilleur boxeur que Miljas a croisé depuis sa victoire face à Dillon Carman en championnat canadien en décembre 2017. Avant lui, la fiche combinée de ses trois derniers rivaux était de 44-71…

La Californie est maintenant au menu de Kean, où il souhaite cette fois provoquer le même genre de rencontre avec le Français Toni Yoka, champion olympique de 2016 qu’il avait vaincu aux Jeux de Londres quatre ans plus tôt. «Contrairement à Miljas, lui si je le rencontre ce ne sera pas un hasard. Je sais où il s’entraîne et je vais passer dans ce coin-là, alors pourquoi ne pas prendre une chance et m’y arrêter? Il m’a défié sur les réseaux sociaux il y a quelques mois, ce serait cool comme moment!»

D’une façon ou d’une autre, ces vacances tirent à sa fin. Kean doit rentrer à Trois-Rivières d’ici la fin du mois où il passera sous le bistouri pour éliminer des fragments d’os dans son coude gauche qui l’embêtent depuis un bon moment déjà. «Les fragments se promènent. Parfois, ça ne me dérange pas trop, parfois c’est douloureux. Ça ne donne rien de traîner ça, on va régler ça une fois pour toutes. Une fois opéré, j’aurai besoin seulement d’une convalescence de trois semaines avant de reprendre le vrai boulot au gymnase.»

Victorieux face à Dillon Carman à Shawinigan en juin, Kean (17-1, 16 K.-O) ne demande pas mieux que de revenir dans son château fort quelque part au cours de l’automne. Il laisse à son entourage le soin de dénicher son prochain adversaire, mais son souhait, c’est de se battre en championnat canadien. «Ce serait malade de faire ça à Shawinigan, dans notre cour. Je n’ai pas parlé à mon équipe sur le plan à adopter pour les prochains mois, ça va se faire à mon retour. Je suis prêt pour n’importe quoi. Mais si j’avais le choix, on règlerait le championnat canadien dès l’automne, à Shawinigan.»

Pariez que les dernières lignes vont sonner comme de la musique aux oreilles de Roger Lavergne, qui ne cache pas en coulisses son désir de ramener la boxe au domicile des Cataractes d’ici la fin de 2019…

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Le Canadien est-il dans le coup?

Dans un entretien avec le journaliste Andre Zadarnowski, le nouveau commissaire de la East Coast League, Ryan Crelin, a confié que son circuit s’intéresse au marché de Trois-Rivières après avoir rencontré Marc-André Bergeron, choisi par la Ville pour meubler ce nouveau Colisée en chantier depuis quelques mois déjà.

Remarquez, ce n’est pas une grande surprise. La East Coast League n’est pas tellement reconnue pour sa stabilité, alors la possibilité de mettre la main sur un nouveau marché doté d’un building flambant neuf est certainement attrayante pour Crelin.

Dans l’article disponible sur le site www.habseyesontheprize.com, Crelin reconnaît du même souffle que le scénario idéal est que le Canadien s’implique dans le dossier pour créer un deuxième club-école à proximité.

Comprenez que c’est aussi le scénario idéal pour Trois-Rivières. Il y aura des investisseurs locaux, certains ont déjà levé la main. Mais sans un partenariat avec le Canadien, l’aventure de la East Coast League serait vouée à l’échec.

Ce n’est pas le hockey le plus sexy, vous savez. Beaucoup de mouvement de personnel, avec les meilleurs rappelés dans la Ligue américaine au moindre effet domino. Si le Canadien est là, sa force d’attraction pourra attirer commanditaires et fans… et Geoff Molson a les poches profondes pour aider à éponger d’éventuels déficits.

Sans affiliation du genre, les gens vont faire des comparaisons assez rapidement avec la LNAH, et ce ne sera pour complimenter le calibre de jeu!