Jonathan Deschamps (troisième à partir de la gauche) connaît une ascension rapide en tant que juge de lignes chez les pros. Il est entouré de Mike Sullivan, Daniel Kelly et François Dessureault.

Jonathan Deschamps: à la bonne place, au bon moment

Passer directement des rangs universitaires canadiens à la Ligue américaine de hockey, ça relève de l’exploit. Maintenant, imaginez si, en cours de route, le joueur remplace son bâton et ses gants… par un sifflet!

Voilà l’invraisemblable histoire de Jonathan Deschamps, retombé en amour avec le sport qu’il a adopté il y a une quinzaine d’années.

À sa deuxième saison avec les Patriotes la saison dernière, l’ex-Cataracte sentait que la flamme vacillait. Il était mûr pour un nouveau défi. Il a décidé d’essayer l’arbitrage et le coup de foudre a été instantané.

Coup de foudre mutuel puisqu’il cogne déjà à la porte de la LNH!

Comment un gars qui n’avait jamais arbitré peut-il se retrouver aussi près de la meilleure ligue au monde en si peu de temps? Le timing.

Une nouvelle mode

Oui, Jonathan Deschamps était à la bonne place, au bon moment. La LNH a fait un virage récemment, elle accorde beaucoup de valeur aux aspirants officiels qui ont déjà fait carrière comme hockeyeur. Deschamps, avec son parcours junior et universitaire, cadre pile dans le nouveau moule. Son gabarit l’avantage également, de même que son coup de patin.

Autre atout, c’est un fier Trifluvien, tout comme Michel Cormier Jr, vétéran juge de lignes dans la LNH. Ce dernier l’a pris sous son aile, lui a refilé les trucs du métier et lui a ouvert les portes du Combine de la LNH à Buffalo il y a quelques mois. «Je suis très reconnaissant envers Michel. Il m’a beaucoup aidé. J’ai adoré mon expérience au Combine. On jouait des matchs, puis on arbitrait d’autres matchs par la suite. Il y avait aussi des tests physiques, des cours théoriques…»

Cet événement l’a propulsé à un tournoi des recrues de la LNH en septembre. Imaginez, huit mois plus tôt, il faisait ses débuts à La Tuque dans le pee-wee B! «C’est sûr que lorsque j’y pense, c’est un peu fou. C’est exigeant comme métier. Plus que je le croyais. Ta concentration doit être au maximum.»

À ce tournoi des recrues, il a côtoyé quelques-uns de ses anciens coéquipiers chez les Cataractes. «J’étais sur la glace avec Brandon Gignac, Samuel Asselin et Pascal Aquin. Ce fut de beaux moments. Et j’étais content de mon rendement. Ça s’est bien passé.»

Assez, en tout cas, pour décrocher une vingtaine de matchs dans la Ligue américaine en 2019-20! «Entre ces matchs, je vais faire du collégial et du midget AAA au Québec. C’est un mélange très intéressant, je ne peux certainement pas me plaindre», sourit Deschamps, qui a donc délaissé son rôle de défenseur pour se consacrer entièrement à sa nouvelle carrière. «De toute façon, je sentais que j’avais fait le tour de ce côté-là. J’ai vécu de belles expériences au fil des années, mais je n’avais plus le même entrain en me présentant à l’aréna. J’ai retrouvé ce plaisir-là dans l’arbitrage.»

Il y a une dizaine de jours, à Laval, il a fait ses débuts dans la Ligue américaine. «Mes proches étaient là, Michel Cormier s’est déplacé pour l’occasion lui aussi. «Ça m’a touché. Je n’étais pas nerveux, j’étais fier d’être sur la glace. Quand j’ai sauté sur la patinoire, c’était cool. C’est comme si j’accédais un peu à mon rêve de jouer pro, mais d’une autre manière. Les gars, dans la Ligue américaine, ils sont forts. C’est du gros calibre de jeu. Tu dois être parfait sur chaque mise en jeu, tu veux prendre la bonne décision à tout coup.»

La semaine prochaine, c’est un match à Winnipeg, avec son ami Guillaume Labonté, qui est à son agenda. «C’est l’fun de vivre ça avec lui, un premier voyage sur la route. J’ai tant de choses à apprendre. Ça va vite, mais c’est tellement stimulant!» De La Tuque à Winnipeg en l’espace de huit mois, voilà un itinéraire inusité pour un jeune homme qui cogne désormais à la porte de la LNH…