Alex Beaucage n’a rien perdu de son efficacité cette saison.

Ces joueurs qui déjouent les calculs…

CHRONIQUE / Il y en a toujours, des joueurs qui déjouent les calculs. Particulièrement dans le junior, alors qu’une année de maturité supplémentaire peut faire une grosse différence.

Voici cinq joueurs qui ont fait grimper leur cote ces derniers mois. Et qui ont, par le fait même, dopé les résultats de leur équipe!

Alex Beaucage, Huskies de Rouyn-Noranda

C’est une chose de se régaler dans un pique-nique, c’est une autre de l’organiser! Il y avait des doutes sur la capacité de ce jeune homme d’être le leader offensif d’une équipe, après avoir fait des ravages l’an dernier aux côtés de coéquipiers talentueux et matures.

Beaucage a effacé tous ces doutes, avec brio.

21 buts en 29 matchs, c’est le deuxième plus haut total dans la LHJMQ. À noter aussi, son différentiel de +15, le meilleur de son équipe. Ceux qui le voient uniquement comme un marqueur unidimensionnel sont déroutés!

Lors de son magasinage l’an dernier, Mario Pouliot avait ciblé le Trifluvien comme un intouchable. L’entraîneur-chef et directeur-gérant des Huskies doit se féliciter chaque semaine d’avoir réussi à le garder. Beaucage est une pièce essentielle des succès actuels des Huskies, installés au sommet de la division Ouest.

Xavier Bourgault, Cataractes de Shawinigan

Tous les recruteurs vont vous dire que le mois de naissance doit être pris en considération lors de l’évaluation d’un adolescent. Bourgault a célébré ses 17 ans à la fin octobre, ce qui en fait un des plus jeunes de sa cuvée. Dans le jargon du hockey, c’est un late, donc éligible à la séance de sélection de la LNH uniquement en 2021. C’est très rare qu’un late arrive à se démarquer avant les Fêtes de sa deuxième saison dans la LHJMQ. Bourgault, lui, a pris son envol il y a un mois déjà. Il a amassé un point dans huit de ses neuf derniers matchs. Il est devenu une menace constante en zone ennemie pour l’adversaire. Il flirte maintenant avec une moyenne d’un point par match. Bourgault est sorti de sa coquille, Charles Beaudoin est en train de l’imiter. Avec Mavrik Bourque et Vasily Ponomarev, voilà un quatuor de 17 ans qui sera bien difficile à freiner l’an prochain! En ce moment, c’est déjà compliqué et la poussée victorieuse des Cataractes le prouve.

Antoine Coulombe, Cataractes de shawinigan

Un gardien de 17 ans qui prend le rôle d’un gardien numéro un avec autorité, ça ne court pas les rues. C’est pourtant le défi relevé par Coulombe depuis le début de la saison, même s’il est appuyé par une défensive qui n’est pas très expérimentée.

Coulombe était devenu l’an passé le gardien de 16 ans le plus utilisé de l’histoire des Cataractes. Son brio depuis septembre laisse croire que les records de Mathieu Chouinard et Julien Ellis seront menacés au cours des prochaines années!

Samuel Hlavaj, Phoenix de Sherbrooke

Le Phoenix cherchait depuis des mois un portier en mesure de prendre les guides de l’équipe cette saison. Jocelyn Thibault s’est tourné vers le repêchage européen pour enrôler Samuel Hlavaj et tout le monde avait hâte de voir si ce dernier allait répondre aux attentes.

C’est encore mieux que ça! Hlavaj se promène à travers la ligue avec la meilleure moyenne de buts accordés, et le meilleur pourcentage d’efficacité. Bien sûr, il défend la cage d’une excellente équipe. Mais ça n’enlève rien à son brio. Co-meneur pour les blanchissages avec son coéquipier Thomas Sigouin (2), voilà un duo qui rappelle celui des Huskies l’an dernier (Samuel Harvey- Zachary Émond), champions de la Coupe Memorial. Bon, le Phoenix n’a pas de Noah Dobson dans le champ arrière mais il reste une période de transactions à Jocelyn Thibault pour finaliser son alignement. Étant donné le début de saison impérial de son club, il faut s’attendre à le voir agressif!

Isaac Belliveau, Océanic de Rimouski

Le repêchage de 2019 a été faste, avec tous ces joueurs qui ont participé à la conquête de la médaille d’or par Équipe Québec aux Jeux du Canada. Il y a aussi un paquet de bons défenseurs dans le circuit Courteau. Isaac Belliveau coiffe pourtant ces deux plateaux en ce moment! Ce jeune arrière de 17 ans est le premier marqueur chez les recrues de la ligue, meilleur marqueur aussi parmi tous les défenseurs.

Belliveau est la preuve de la théorie avancée dans cette page par Dominic Ricard la semaine dernière, à savoir qu’un adolescent ne perd pas son temps dans le midget AAA à 16 ans. Belliveau a aidé son club à gagner l’an dernier, dans un rôle de premier plan chez les Cantonniers de Magog. Il reproduit en ce moment à Rimouski ce qu’il a vécu l’an dernier.

Keefe a bien failli diriger les Cataractes...

Alors que le renvoi de Mike Babcock a déclenché une tempête dans la LNH, son successeur Sheldon Keefe se débrouille pas trop mal merci avec les Maple Leafs.

L’équipe torontoise a quand même fait preuve d’audace il y a deux semaines en pariant sur Keefe, qui a nagé dans la controverse dans sa jeunesse. À l’époque où le politically correct est hyper important, cette décision est étonnante, même si Keefe a connu du succès partout où il est passé comme pilote.

Il a d’ailleurs bien failli diriger les Cataractes, au lendemain du printemps mémorial de 2012. 

Rappelez-vous, cette saison remplie de hauts et de bas avaient provoqué de gros tiraillements internes au sein de l’organisation. Le président Réal Breton et quelques autres actionnaires avaient quitté l’équipe dans les semaines qui ont suivu la conquête du premier championnat de la concession. 

Éric Veilleux, dont le contrat s’était terminé pendant le tournoi, en avait lui aussi profité pour éviter la lourde reconstruction qui s’en venait, préférant une offre du Drakkar.


Sheldon Keefe

Martin Mondou avait évidemment reçu des dizaines de candidatures pour le remplacer. Dans le lot, celle de Keefe l’avait intrigué puisqu’il avait beaucoup de succès dans le junior A ontarien. Quelques discussions plus tard, il était convaincu que Keefe était le meilleur candidat pour diriger sa nouvelle cuvée. Si ça ne s’est jamais matérialisé, c’est parce que Keefe était unilingue anglophone. «Il était très intéressé à venir chez nous, il était même prêt à apprendre le français. Nous avions beaucoup d’atomes crochus. Mais bon, quand nous avons parlé du dossier autour de la table des actionnaires, ça ne passait pas. Et je comprenais très bien pourquoi. Alors nous avons continué nos recherches.»

Faut dire que le Québec venait à peine de se remettre du court règne de Randy Cunneyworth à la barre du Canadien. Un entraîneur unilingue anglophone à la barre du Canadien, ce fut considéré comme de l’hérésie. Imaginez maintenant dans une ville de la Mauricie...

Le malheurs des uns font le bonheur des autres. Ce sont les Greyhounds de Sault-Sainte-Marie qui lui ont finalement donné sa première chance dans le junior majeur. Leur directeur-gérant à l’époque était un certain Kyle Dubas, qui est de nouveau réuni avec Keefe chez les Maple Leafs. Ce duo sera très intéressant à épier au cours des prochaines années.