N’étant plus entraîneur de tennis à temps plein, Stéphane Bonneau rêve toujours de se voir offrir la possibilité de développer de jeunes espoirs.

Stéphane Bonneau: plus d’une corde à sa raquette

«Il faut générer des actions pour provoquer des choses. Il faut bouger, s’activer, toujours avoir des projets et s’investir pour les réaliser. Si on le fait, le reste va suivre. En autant que l’on reste authentique et honnête avec soi-même.»

Faisant partie de la crème des joueurs de tennis au Canada dans les années 80, Stéphane Bonneau a dû changer le plan de match de sa vie à quelques reprises depuis qu’il a renoncé à la compétition internationale en 1988. Et aujourd’hui, il compte plusieurs cordes à sa raquette. D’abord entraîneur, il est devenu peintre en bâtiment lorsqu’il a dû réorienter sa carrière. Son intérêt pour la musique l’a ensuite mené dans les sphères de la production de spectacles et la gérance. 

«J’ai dû refaire ma vie deux ou trois fois. Ça m’a permis de développer d’autres talents, de devenir polyvalent et de me prouver que j’étais capable de faire autre chose que du tennis. Après avoir obtenu ma certification de peintre en bâtiment, j’ai fondé ma compagnie. Certains de mes déplacements pour le tennis m’ont permis de réaliser des contrats en Floride, au Mississippi, à Toronto, où j’ai repeint le condo du vp de Bombardier, et à Magog où j’ai fait la maison de la famille Desmarais. Mes contacts en musique m’ont aussi permis de travailler dans des manoirs et de refaire des pièces d’un château de Dublin.

«Quant à ma carrière dans le monde de la musique, elle est venue naturellement. J’avais le rêve et de monter des shows et de faire de la gérance. Je me suis d’abord occupé d’un groupe que j’aimais beaucoup et que je désirais faire connaître. J’ai ensuite géré des groupes à Montréal, puis j’ai travaillé pour une compagnie de disques à Dublin, où j’ai aussi été gérant.»

Succès précoces

Originaire de Chicoutimi, Bonneau était un adolescent quand il a commencé à s’entraîner au défunt club TenniSport dans la Vieille Capitale. Vers l’âge de 15 ans, il s’est expatrié en Floride à l’école de tennis d’Harry Hopman qui avait notamment travaillé avec Rod Laver. Il est ensuite revenu à Québec pour terminer ses études secondaires avant de suivre l’élite provinciale à Montréal.

Le jeune joueur a connu la gloire à 17 ans quand il a battu Réjean Genois, alors 87e au monde, aux championnats canadiens. Un exploit qu’il a répété l’année suivante. Il fut ensuite champion canadien à deux reprises. Son fait d’armes est survenu aux Internationaux de Montréal en 1985 quand il a coup sur coup battu au parc Jarry Tomas Smid et Jakob Hlacek, respectivement 17et 35e au monde. Il a aussi pris part à trois tournois du Grand Chelem et grimpé jusqu’au 107e rang du classement mondial. En 2013, il a été élu au Temple de la renommée de la Coupe Rogers.

Le Saguenéen n’avait que 26 ans quand il a mis fin à sa carrière internationale. N’ayant plus les moyens de se payer un entraîneur à temps plein ni de voyager et vivant une petite déprime, il a choisi d’accrocher sa raquette. «J’ai encore le sentiment de ne pas avoir fini ce que j’avais commencé. Ma plus grande déception, c’est de ne pas avoir grimpé dans le top 100. Je sens que j’aurais pu le faire. Je suis déçu, mais pas au point de déprimer. Et je suis quand même fier de ce que j’ai fait.»

C’est sur les scènes nationale et provinciale que Bonneau a ensuite joué. Parallèlement, il a été entraîneur. Au club Avantage pendant un an où il s’est occupé de Mélanie Bernard et de Marc-André Tardif, puis à son école de tennis au club Côte-de-Liesse à Montréal où il développait les jeunes de la relève. 

Sa passion pour la compétition s’étant émoussée chez les vétérans où il n’avait pas de compétition, il a arrêté de jouer. Il a ensuite dû composer avec la fermeture de son école et puis du club de L’Île-des-Sœurs où il était allé travailler avec Louis Cayer. Il a alors accroché sa raquette pendant huit ans.

«J’étais un peu fatigué. Et je ne me voyais pas comme pro dans un club à m’occuper d’adultes qui ne jouaient au tennis que pour s’amuser. Ce que je voulais, c’était donner un rêve à un jeune, l’influencer pour toute sa vie et le monter au niveau international. Ça toujours été mon but dans le coaching ça le demeure encore aujourd’hui.»

Réalisant encore des contrats de peinture, Bonneau met aussi beaucoup d’énergie sur sa carrière de promoteur (Pouring Rain Management). Il organise deux fois par mois des spectacles dans un café de L’Île-des-Sœurs. Et comme son amour pour le tennis est toujours aussi grand, il a décidé d’organiser un concert-bénéfice pour venir en aide à Aleksandra Wozniak qui aura lieu le 22 juin à Verdun.

«Ce que je fais pour Aleksandra, c’est une belle manière de mélanger le tennis et la musique. Ça me semble un beau filon.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q Plus grande fierté

R Mes enfants. Christiana et Lucas, deux personnes très attachantes, très aimantes et très intelligentes. Ils m’apportent beaucoup et ils m’appuient dans tout ce que je fais. Nous sommes très attachés les uns aux autres. Pour moi, c’est une grande chance de les avoir.

Q Plus grande qualité

R C’était de suivre mon plan de match, de demeurer concentré et d’avoir la fougue et l’énergie pour le faire.

Q Dans 10 ans

Je ne sais pas vraiment où est-ce que je vais être rendu ou ce que je vais faire, mais je suis intelligent, j’ai confiance en moi et je fonce. Je sais cependant que je vais être heureux dans ce que je vais faire. Et je vais continuer à m’impliquer dans toutes sortes de projets afin d’aider les autres.

Q Rêve

Devenir au niveau de la production de spectacles un genre de Donald K Donald ou de coacher un joueur ou une joueuse de tennis du Québec ou du Canada sur le circuit international.

Q Idoles de jeunesse

R Quand j’étais jeune, avec l’allure que j’avais, on peut s’apercevoir que j’aimais Bjorn Borg. J’ai aussi aimé Mats Wilander, John McEnroe. Aujourd’hui, j’aime Roger Federer chez les hommes et Simona Halep et Elina Svitolina chez les femmes.